Plus de 50 000 fidèles en procession au Monténégro (Podgorica)

15 février 2020  par Sonja Đokić Petrel

Plus de 50 000 fidèles en procession au Monténégro (Podgorica)

Le 9 février, après un office d’intercession en la cathédrale de la Résurrection du Christ, le métropolite Amphiloque du Monténégro et du Littoral, avec les évêques Jean de Caracas et d’Amérique (Église orthodoxe russe hors frontières), Marc de Bregalnica et locum tenens de Bitola (Archevêché d’Ohrid), Mère Anastasia, higoumène du monastère de Devič, se sont rendus en procession dans les rues de Podgorica, avec le clergé, les enfants et plus de 50 000 fidèles.

L’omophore et la Croix du saint Basile d’Ostrog étaient portés dans la procession. Après le retour de la procession devant la cathédrale, Mgr Amphiloque s’est adressé au peuple fidèle, déclarant que la bonne nouvelle du Christ ressuscité se poursuivait sans interruption pendant deux mille ans, ce dont témoignent cette cathédrale ainsi que les processions au Monténégro : « Un grand don de Dieu sont les processions qui durent ici depuis 1700 ans déjà, depuis l’époque du grand empereur Constantin, quand, après le maudit empereur Dioclétien, il accorda la liberté à l’Église de Dieu et rendit les temples et les domaines à l’Église, aux communautés religieuses, aux prêtres, aux évêques de cette époque. Depuis, sa loi est devenue un modèle pour toute la législation européenne jusqu’à nos jours », a déclaré le métropolite du Monténégro et du Littoral.

Malheureusement, dit-il, ce n’est qu’au Monténégro, où l’Église du Christ est présente depuis le IVe siècle, que ceux qui ne croient pas au Christ et à sa résurrection pensent pouvoir Le tuer de la même manière que Ponce Pilate L’avait jugé par intérêt, et par là ils réitèrent la loi de l’empereur maudit Dioclétien. Le métropolite a aussi souligné que ce n’était pas bon pour le Monténégro de saint Jean-Vladimir, qui avait donné sa vie pour empêcher la guerre fratricide. Le métropolite Amphiloque a exprimé l’espoir que les autorités au pouvoir reviendraient à la raison et abrogeraient la loi sur la liberté de religion, qui est une honte pour eux-mêmes et pour l’État.

« C’est surtout une honte pour le Monténégro, ce dont témoigne toute l’Europe. Nous recevons le soutien de Berlin, de Paris, de New York, de Londres, non seulement des représentants de l’Église orthodoxe avec, à sa tête, le Patriarche serbe et celui de Constantinople, mais aussi du Pape et de nos frères musulmans », a déclaré le métropolite du Monténégro. Il a ajouté que le gouvernement et les autorités du Monténégro, adoptant les lois iniques, n’hésitaient pas à appeler Hashim Thaçi, « que même l’honorable peuple albanais considère comme un criminel honteux. »

« Hashim Thaçi n’est pas un représentant de cet honorable peuple, mais des criminels du Kosovo qui ont détruit le Kosovo et la Métochie avec l’aide des criminels internationaux, qui ont démoli 150 églises avec les bombardiers occidentaux. Lui aussi, il menace de s’emparer du Patriarcat de Peć et du monastère de Dečani, de saisir les églises de Dieu, de la même manière que ceux qui sont au pouvoir au Monténégro menacent de s’emparer des sanctuaires de Dieu. Pour les donner à qui ? », a demandé Mgr Amphiloque, alors que retentissaient les voix des dizaines de milliers de manifestants : « Nous ne céderons pas nos sanctuaires ! »

Le métropolite a ajouté que personne ne s’emparera des sanctuaires, parce qu’ils y ont été construits, « mais il y a Celui qui les a gardés à travers les siècles et qui les gardera jusqu’à la fin du monde et des temps. »

L’évêque Marc de Bregalnica de l’archevêché orthodoxe d’Ohrid, à son tour, a déclaré que de telles lois avaient été imposées aux fidèles de Macédoine du Nord, il y a vingt ans. « Et nous sommes toujours confrontés au fait que des non-croyants veulent déterminer le destin de l’Église. Cela me fait vraiment plaisir de voir combien de personnes se sont réunies à cette procession. C’est une résurrection spirituelle », a déclaré Mgr Marc. Dieu ne laissera pas périr ce qui a été construit dans l’Église de Dieu pendant des siècles. « Dieu bénit un tel exploit et ne permettra pas aux incroyants de s’occuper des questions ecclésiastiques », a déclaré l’évêque de Bregalnica.

L’archimandrite Danilo Ljubotina de Peroj (métropole de Zagreb et de Ljubljana) a déclaré qu’eux aussi n’avaient pas cédé leurs sanctuaires, qu’ils n’avaient pas trahi leur identité, leur langue, leurs ancêtres, ni l’histoire que ceux-ci leur avaient transmis. « Il n’y a pas d’argent terrestre qui puisse acheter notre conscience, nos sanctuaires, notre nom, notre prénom, notre langue, notre culture et tout ce qui est notre passé, car c’est notre signe distinctif. Le monde nous reconnaît par la vaillance, la bonne parole, l’amour envers tous » a-t-il dit. Il a ajouté que ce qui se passait au Monténégro était un miracle. « Nous avons vu d’autres manifestations dans de grandes villes, mais personne n’était aussi calme que vous. Vous avez fait preuve de paix, de patience et de sagesse », a déclaré l’archimandrite Danilo Ljubotina.

Source 

Traduction : Orthodoxie.com

Communiqué du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe relatif au Monténégro

Communiqué du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe et des hiérarques ayant juridiction sur le Monténégro
Saint Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe

Alors qu’il s’apprêtait à célébrer la radieuse fête de la Nativité du Christ, le Saint Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe, sous la présidence de Sa Sainteté la patriarche serbe Irénée, a tenu une session à la Résidence patriarcale de Belgrade, le 4 janvier 2020, avec la participation des hiérarques qui ont leur juridiction au Monténégro: Son Excellence le métropolite Amphiloque du Monténégro et leurs Grâces les évêques: Joannice de Budimlje-Nikšić, Mgr Athanase de Mileseva et Mgr Dimitri de Zahum-Herzégovine. Ont également assisté à la session leurs vicaires, les évêques Stephane de Remesiana et Methode de Dioclaea.

La raison immédiate de cette prolongation de la session du Synode était l’adoption d’une loi anticonstitutionnelle et contraire à la civilisation sur la liberté de religion ou de conviction et le statut juridique des communautés religieuses, qui serait plus correctement appelée la loi contre l’Église orthodoxe au Monténégro.

Il est évident que la loi susmentionnée aggrave sans précédent les divisions et les conflits existants dans la société monténégrine. Le Saint Synode des Évêques, à l’issue de cette session prolongée, appelle une fois de plus les autorités de l’État du Monténégro à être conscientes de leur responsabilité envers le passé et l’avenir, et à reconsidérer leur position sur les droits et libertés religieuses de leurs citoyens et de l’Église majoritaire du Monténégro.

L’Église orthodoxe serbe et ses diocèses au Monténégro protégeront, par tous les moyens légaux et juridiques disponibles, les droits, les libertés religieuses et, en même temps, inviteront tous les acteurs concernés à reprendre un dialogue approfondi sur cette question très importante et sensible.

Source: http://www.spc.rs/eng/communique_13

« Monténégro : la loi sur les religions, une nouvelle onde de choc pour l’orthodoxie ? » – entretien avec le professeur Boško Bojović

5 janvier 2020  par Jivko Panev

« Monténégro : la loi sur les religions, une nouvelle onde de choc pour l’orthodoxie ? » – entretien avec le professeur Boško Bojović

Le 27 décembre dernier, le Parlement monténégrin a adopté une nouvelle loi qui prévoit que l’État devienne propriétaire de tous les édifices religieux construits avant 1918. La métropole orthodoxe du Monténégro et du Littorale (Église orthodoxe serbe), la seule juridiction canonique, risque de perdre la propriété de ses 600 églises, 60 monastères et dénonce une « loi de spoliation ». Nous avons demandé à Boško Bojović, professeur associé à l’EHESS, directeur de recherches à l’Institut des études balkaniques de l’Académie serbe des sciences, en retraite et professeur à l’ECPD (Europian Center of Peace and Developement). Boško Bojović de nous donner son analyse de la situation.

Source: Orthodoxie.com

Des dizaines de milliers de Monténégrins ont remplacé les réjouissances du Nouvel An par des processions pour la défense de leur Église

2 janvier 2020  par Jivko Panev

Des dizaines de milliers de Monténégrins ont remplacé les réjouissances du Nouvel An par des processions pour la défense de leur Église

Des dizaines de milliers de Monténégrins, dont de nombreux jeunes, ont remplacé les réjouissances du Jour de l’an par des processions pour la défense de l’Église orthodoxe au Monténégro, menacée par la nouvelle loi votée par le Parlement et signée par le président Milo Djukanović. Après un office d’intercession dans leurs églises, les fidèles ont défilé en procession dans les principales villes du pays. On peut visionner ici les processions à Podgorica :

La procession à Podgorica
La procession à Podgorica

la procession à Budva :

la procession à Pljevlja :

La procession à Budva
La procession à Pljevlja
La procesion à Berane
La procession à Bar
Zablak

Source: Orthodoxie.com

Le patriarche de Serbie a reçu le président serbe Vučić et a évoqué avec lui la situation au Monténégro

2 janvier 2020  par Jivko Panev

Le patriarche de Serbie a reçu le président serbe Vučić et a évoqué avec lui la situation au Monténégro

Le 31 décembre 2019, le patriarche de Serbie Irénée a reçu le président serbe Aleksandar Vučić dans les locaux du Patriarcat à Belgrade. À la rencontre étaient également présents l’évêque de Remesiana Stéphane, Ivica Dacić, ministre des Affaires étrangères, Nikola Selaković secrétaire du président de la République de Serbie, ainsi que le secrétaire particulier du patriarche de Serbie, Dejan Nakić. Après la rencontre, le patriarche et le président se sont adressés aux nombreux représentants des médias. « Malheureusement, là-bas, les Serbes sont confrontés à un assez grand problème. Nous avons discuté [avec le président] et avons examiné la manière de résoudre ces problèmes. Mon opinion personnelle, dont j’ai fait part, est que les choses doivent se calmer », a déclaré le patriarche Irénée. « Nous considérions le Monténégro comme une partie de notre peuple. Nous n’avons rien contre le Monténégro en tant qu’État. Le Monténégro a été indépendant dans le passé et il peut l’être aujourd’hui. Nos relations mutuelles ne doivent pas changer, car nous sommes un seul peuple, mais il y a des gens qui le nient, qui considèrent qu’ils sont un peuple particulier. L’histoire a son jugement sur tout cela et il doit être entendu » a poursuivi le patriarche. Au sujet des relations de l’Église et de l’État en Serbie, celui-ci a déclaré que « l’Église s’occupe de ses affaires, tandis que l’État s’occupe des siennes. Dans notre histoire, l’époque la meilleure a été lorsque prédominait la symphonie entre l’État et l’Église, et c’était lorsque l’État s’occupait de ses affaires, tandis que l’Église s’occupait des siennes. Nous nous efforçons de vivre cela aujourd’hui également », a souligné le primat. « Je suis fort reconnaissant à l’État, à ceux qui le représentent, pour ce qu’ils font pour le bien de l’Église, car ce qui est fait pour le bien de l’Église est fait pour le bien du peuple. Ce qui nous surprend [dans ce qui se passe au Monténégro] c’est que ce n’est pas seulement l’Église profitait des sanctuaires, mais le Monténégro tout entier ». Le patriarche a remercié les représentants de l’État pour leur compréhension des nécessités de l’Église et a souligné qu’il remerciait particulièrement le président Vučić pour l’aide à la construction de la cathédrale Saint-Sava : « Tant l’Église que l’État en bénéficieront. Nous sommes une seule et unique entité ». Le primat a ajouté qu’il avait pleine compréhension pour le bien de l’État et qu’il ne ressentait pas de difficultés particulières, « car nombres d’entre elles sont résolues par l’État ». À la question de savoir ce que feront l’État et l’Église si les autorités de Podgorica se mettent à s’emparer des sanctuaires, le patriarche a répondu qu’il espérait que la raison l’emportera et qu’on n’en arrivera pas à saisir les sanctuaires de l’Église orthodoxe serbe au Monténégro. Au même sujet, le patriarche a ajouté que les autorités monténégrines doivent réfléchir, car elles voient la réaction du peuple : « Le peuple est prêt à défendre ses sanctuaires historiques et je crois que l’on n’en arrivera pas là. Si c’est le cas, j’ignore quelles mauvaises conséquences en découleront. Je prie Dieu pour que malgré tout la raison l’emporte sur les problèmes ». À son tour, le président Vucic a déclaré qu’il n’avait rien à ajouter aux paroles du patriarche. Questionné au sujet du monastère d’Ostrog [le plus grand lieu de pèlerinage au Monténégro, dont les revenus sont importants, ndt] le président a déclaré qu’il espérait que personne n’aurait l’idée de s’en emparer. « Il est important pour nous que la paix soit préservée au Monténégro et que l’on arrive à l’apaisement des tensions, et je suis certain que personne ne pense là-bas qu’il serait bien de s’emparer du monastère d’Ostrog » a souligné le président.

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Traduction: Orthodoxie.com

L’évêque serbe Méthode se remet à l’hôpital de Belgrade des coups que lui ont assenés les policiers monténégrins

1 janvier 2020  par Jivko Panev

L’évêque Méthode (Église orthodoxe serbe) se remet à l’hôpital de Belgrade des coups que lui ont assenés les policiers monténégrins

L’évêque de Dioclée Méthode a été admis, il y a trois jours, à l’hôpital de l’académie militaire de médecine à Belgrade suite aux coups que lui ont assenés les policiers monténégrins dans la nuit du 26 au 27 décembre, alors qu’il se trouvait sur le pont qui surplombe la rivière Tara à Pljevlja, au Monténégro, avec le peuple des fidèles qui protestaient contre la loi discriminatoire sur « la liberté religieuse ». Le lendemain de l’incident, Mgr Méthode a parlé avec un journaliste de Radio Svetigora (station du diocèse du Monténégro de l’Église orthodoxe serbe) et à dit à celui-ci qu’il se sentait bien, et qu’il était seulement contusionné. Or, après un examen médical approfondi, de nombreuses ecchymoses ont été détectées sur tout le corps et des saignements internes étaient à craindre. Étant donné que, selon le personnel médical de l’hôpital, Mgr Méthode a des problèmes chroniques avec les veines, les saignements internes sont très risqués et nécessitent un traitement et une thérapie intensives. Décrivant l’événement, Mgr Méthode a communiqué à Radio Svetigora qu’à un certain moment les policiers ont commencé à pourchasser les gens de telle façon que s’est formée une masse de gens qui étaient pressés de toutes parts. C’est un véritable miracle, a-t-il poursuivi, que personne dans cette foule n’ait été gravement blessé. L’évêque a constaté que lui-même, à un certain moment, a pensé qu’il allait perdre connaissance. Malgré cela, il a déclaré qu’il pardonnait aux policiers et qu’il espérait que la police ne ferait pas dorénavant usage de la force à l’égard de personnes privées de leurs droits et humiliées.

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Traduction: Orthodoxie.com

Recension, le Monastère de Hilandar au Mont Athos par Ljubomir Mihailović

Brouillon auto

Ljubomir Mihailović, « Le monastère de Chilandar (Hilandar) sur la Sainte Montagne », Éditions Metokhia, Paris, 2019, 151 p.
Continuant sa série d’ouvrages consacrés à la présentation des monastères et églises orthodoxes de Serbie, Ljubomir Mihailović nous propose ici un volume sur le plus prestigieux des monastères serbes, celui de Chilandar au Mont-Athos. Fondé et richement doté, au XIIIe siècle, par saint Sava et son père saint Syméon le Myroblite (roi de Serbie devenu moine à l’Athos), il est aussi l’un des plus beaux de la Sainte Montagne.
L’ouvrage porte principalement sur l’évolution historique du monastère au cours des siècles, fortement soutenu par les successeurs des fondateurs: le roi Milutin, le puissant roi Dušan, grand bienfaiteur des Balkans, de la Grèce et du Mont-Athos, le prince Lazare, la famille Brancović, avant que, la Serbie étant sous occupation ottomane, la Russie ne prenne le relai. Comme tous les monastères de l’Athos, Chilandar a connu au XXe siècle une baisse du nombre de ses moines, puis une renaissance dans les années 70 où il a connu un rétablissement de la vie cénobitique. L’incendie du monastère en mars 2004 fut une terrible épreuve dont s’émut le monde entier; les bâtiments ont cependant retrouvé aujourd’hui leur aspect d’origine grâce à un remarquable travail de reconstruction et de restauration.
L’auteur ne se contente pas de suivre l’évolution historique du monastère et de ses dépendances (dont certaines sont très importantes). Il présente aussi le Typikon du monastère, ses icônes prestigieuses (outre plusieurs icônes miraculeuses connues – dont la Mère de Dieu « aux trois mains », ayant appartenu à saint Jean Damascène – le monastère possède l’une des plus belles collections d’icônes anciennes de l’Athos), et plusieurs figures spirituelles anciennes et contemporaines qui ont contribué à son rayonnement spirituel (le moine Mitrophane, le prohigoumène Nikanor, le moine Jovan, le hiéromoine Kirilo, et le charismatique higoumène actuel, l’archimandrite Métodije).
Le livre peut être acquis à l’église Saint-Sava, rue du Simplon, Paris  XVIIIe.

Jean-Claude Larchet.

Communiqué de presse du Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe serbe au Monténégro

Communiqué de presse du Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe serbe au Monténégro

Suite à la promulgation de la loi spoliant les églises et biens ecclésiastiques de l’Église orthodoxe au Monténégro, les membres du Conseil épiscopal de celle-ci ont publié le communiqué de presse suivant 

« Podgorica, le 29 décembre 2019

Le Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe serbe au Monténégro qui, par décision de la sainte Assemblée des hiérarques de l’Église orthodoxe serbe du mois de mai 2006, est constitué des évêques du diocèse métropolitain du Monténégro et du Littoral, du diocèse de Budimlje-Nikšić, du diocèse de Mileševo et de l’évêché de Zahumlje-Herzégovine et du Littoral, s’est réuni à Podgorica les 28 et 29 décembre de l’année du Seigneur 2019. L’évêque de Dioclée Méthode, vicaire du métropolite du Monténégro et du Littoral n’y a pas participé, en raison des violences physiques exercées à son égard par la police sur le pont de Djurdjevića Tara le 26 décembre et à cause desquelles il est retenu à l’hôpital de l’académie militaire de médecine à Belgrade. Les hiérarques réunis lui souhaitent un prompt rétablissement et un retour prochain. À l’issue de l’office d’intercession à la Très sainte Mère de Dieu – célébré lors des malheurs et des épreuves – et qui a eu lieu le samedi 28 décembre en la cathédrale de la Résurrection du Christ à Podgorica, s’est tenue la session du Conseil épiscopal au cours de laquelle les hiérarques ont évoqué la situation nouvellement créée, dans laquelle s’est trouvée la sainte Église orthodoxe de Dieu après l’adoption par le Parlement du Monténégro de la loi anticonstitutionnelle, ouvertement anti-ecclésiale et discriminatoire sur « la liberté religieuse ou confessionnelle et la situation juridique des confessions religieuses ». Les évêques sont convenus que la promulgation d’une telle loi et ce sans dialogue préalable, avec de nombreuses violations procédurales et des incompatibilités avec les normes internationales, est indubitablement dirigée contre l’Église orthodoxe, concrètement contre le Patriarcat de Serbie, étant donnée que les autres Églises et confessions religieuses traditionnelles ont déjà réglé au moyen d’accords les questions litigieuses avec l’État monténégrin, ce qui n’a pas été accordé à l’Église orthodoxe serbe. Cela est confirmé tant par les déclarations des plus hauts fonctionnaires de l’État et des membres du parti au pouvoir, que par les discussions des députés de ce parti au Parlement monténégrin, et particulièrement par le refus des autorités du Monténégro d’accepter toute solution proposée par l’Église. Depuis des jours déjà, nous sommes témoins de la jubilation de tous ceux qui haïssent l’Église orthodoxe et des nationalistes néo-monténégrins acharnés, pour la plupart des athées militants, qui fêtent la victoire sur l’Église du Christ. Ceux-ci oublient l’ancienne vérité de la Sainte Écriture selon laquelle « les portes de l’enfer ne prévaudront pas » contre l’Église de Dieu. Beaucoup de puissants sont venus et sont partis, mais l’Église de Dieu est restée et a survécu. Les hiérarques du Monténégro rejettent toutes les accusations selon lesquelles l’Église de Dieu au Monténégro est un représentant ou un vestige de quelque idéologie impérialiste ou politique. C’est exactement le contraire, car l’adoption de cette loi et la spoliation des biens ecclésiastiques doit servir en quelque sorte à discipliner l’Église afin qu’elle ne soit pas la servante de la matrice idéologico-politique de l’actuel régime monténégrin. La seule « idéologie » de l’Église et son seul ministère à travers les siècles a été et restera l’Évangile de Dieu et le service du Christ notre Dieu, crucifié et ressuscité. Les évêques ont confirmé les conclusions de leur conférence téléphonique du 26 décembre 2019 et ont exprimé leur détermination à s’opposer à cette injustice à laquelle l’Église fait face, par tous les mécanismes juridiques nationaux, mais aussi en s’adressant aux institutions internationales compétentes pour la défense des droits et des libertés de l’homme. Le Conseil épiscopal informe le public qu’il sait que des dispositions très similaires à celles visant la spoliation des biens ecclésiastiques au Monténégro, se trouvent également en instance de procédure devant les organes des autorités de Priština, dont l’intention est d’ôter au diocèse de Ras et Prizren du Patriarcat de Serbie ses droits de propriété sur nos anciens lieux saints et églises au Kosovo et en Métochie. Le Conseil épiscopal et tous les évêques expriment individuellement l’attachement à notre tradition huit fois séculaire et restent jusqu’au bout fidèles à la structure canonique du Patriarcat de Peć / Serbie, rappelant que chacun des diocèses de celui-ci est l’héritier des anciens évêchés qui ont été fondés au XIIIème siècle par S. Sava, le premier archevêques des terres serbes et du littoral. Les évêques appellent le peuple orthodoxe fidèles du Monténégro à ne pas désespérer et à mettre sa confiance en Dieu et Sa puissance. En ces jours précédant Noël, nous devons nous rassembler dans les églises pour prier avec notre dignité et notre détermination chrétiennes, sans céder aux provocations de ceux dont le but est la séparation entre frères, et nous montrons ainsi que le régime monténégrin ne nous a nullement ébranlés ou effrayés dans notre effort déterminé de défendre nos lieux saints et nos droits et libertés religieuses. « Dure est la noix, fruit singulier, tu as cherché à la casser mais tu t’es cassé les dents » [Niegoch]. Toutes les communautés ecclésiales de nos diocèses sont libres d’exprimer dans un esprit de prière, dans un esprit de paix chrétien et de concorde fraternelle, de façon appropriée, leur position contre la menace pesant sur les droits et libertés fondamentales des croyants. Nous exhortons toutes les forces de la police et leurs chefs, tous jusqu’au Président au Premier ministre, à ne pas recourir à la force, utilisée même contre les évêques, qui se rassemblent pacifiquement pour défendre et réaliser leurs droits religieux. Nous leur rappelons qu’à maintes reprises nous leur avons dit publiquement que le mépris envers l’Église orthodoxe, qui se manifeste depuis presque les deux dernières décennies, et qui a été démontré dans le processus de la préparation et de la promulgation de cet acte législatif honteux, peut entraîner de graves conséquences pour la société monténégrine, et aussi qu’elle détruit la paix et l’harmonie fraternelle qui sont le trésor inestimable de toute société contemporaine. La promulgation d’une telle loi ne sert pas l’honneur et n’attire pas la bénédiction, ni sur ceux qui l’ont proposés, ni sur ceux qui l’ont voté et promulgué. Ce faisant, tous ceux qui sont orthodoxes, nous le constatons avec tristesse, se sont eux-mêmes exclus de l’Église orthodoxe, et par voie de conséquence sont excommuniés. Aussi, nous ordonnons à notre pieux clergé, de ne leur administrer « aucun rite ecclésial » selon l’expression de S. Pierre de Cetinje, jusqu’à leur repentir, pour lequel nous prions. Nous appelons les détenteurs du pouvoir de rassembler leurs forces et, dans les plus brefs délais, d’ouvrir un véritable dialogue afin de rectifier ce qui peut l’être, avant que l’application éventuelle de cette loi ne devienne la source de graves divisions de la société avec des conséquences imprévisibles. Seul un accord pourrait être une véritable victoire du Monténégro et de tous les citoyens monténégrins.

AMPHILOQUE, archevêque de Cetinje, métropolite du Monténégro et du Littoral, ATHANASE, évêque de Mileševo, JOANNICE, évêque de Budimlja-Nikšić, DIMITRI, évêque de Zahumlje-Herzégovine et du Littoral, ATHANASE, évêque émérite de Zahumlje-Herzégovine ».

Source

Traduction: Orthodoxie.com