Interview exclusive du patriarche Irénée au quotidien belgradois « Politika » à l’occasion du 800e anniversaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe

10 octobre 2019 par Jivko Panev

Interview exclusive du patriarche Irénée au quotidien belgradois « Politka » à l’occasion du 800e anniversaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe

À l’occasion du grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe, qui fête le huitième centenaire de son autocéphalie, le patriarche de Serbie Irénée a accordé une interview exclusive au quotidien belgradois « Politika ». Le primat de l’Église serbe a évoqué la signification de ce grand événement qui, au cours des semaines suivantes sera marqué par des fêtes au niveau de toute l’Église orthodoxe serbe, mais il a également abordé les questions actuelles auxquelles celle-ci fait face dans sa mission contemporaine, ainsi que le problème ukrainien. « L’obtention de l’autocéphalie pour notre Église constitue réellement un tournant dans notre histoire. Il y a eu dans le passé des événements importants, mais celui que nous célébrons, à côté de la bataille de Kosovo, est assurément le plus grand pour notre identité, pour notre continuité historique et pour la voie du peuple serbe. Ces deux événements, le testament de S. Sava et celui S. Lazare, par lesquels notre peuple a vécu durant des siècles, vit aujourd’hui et vivra encore » a déclaré le patriarche Irénée.

– À l’aune du grand jubilé, huit siècles d’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe, que nous enseigne le passé et quelles leçons devons-nous appliquer à l’avenir ?

– Pendant ces huit siècles, lorsque nous les regardons maintenant, il y eut des hauts et des bas, des victoires et des défaites, de grandes afflictions et de grandes joies, et voici que Dieu nous a donné de dire que, à la gloire de notre intercesseur céleste saint Sava, nous avons gardé sa foi et notre foi chrétienne, orthodoxe, la langue, l’esprit national, la culture et l’état et que, avec cette foi, nous faisons face aujourd’hui également à toutes les difficultés et les épreuves qui inévitablement se produisent dans la vie. Aussi, nous tous, orthodoxes serbes, depuis tous les endroits où il y a des âmes serbes, en République de Serbie et en Bosnie-Herzégovine, dans le fier Monténégro, notre chère Boka [région littorale du Monténégro], en Dalmatie, où nous avons récemment fêté le 4ème centenaire de notre plus ancien séminaire, et ensuite dans tous les Balkans et tous les continents où notre peuple à érigé ses églises, dans lesquelles saint Sava a appelé aussi les autres peuples, voire même les autres races – les Noirs en Afrique, les Indiens d’Amérique du Sud, et les autres connus de Dieu – tous nous devons être fiers et nous réjouir de cet anniversaire grand et grandiose. Depuis ces huit siècles, le peuple serbe et son Église contribuent au patrimoine mondial chrétien, spirituel et culturel. C’est un grand et magnifique anniversaire que nous ne pouvons pleinement concevoir en raison de nos péchés. Gloire à Dieu pour tout ! Aussi, je souhaite aux lecteurs de « POLITIKA » et à tout le peuple serbe un joyeux jubilé et j’appelle à cette occasion tous nos fidèles et les gens de bonne volonté, du 6 au 9 octobre, avec leur Église de Saint Sava, au monastère de Žiča, au Patriarcat de Peć et à Belgrade, à fêter dans la joie le jubilé du huitième centenaire de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe serbe.

– Comment voyez-vous les différentes perceptions de l’Église dans notre société actuelle ? Il y a ceux qui contestent la fidélité de l’Église serbe envers ses anciennes racines huit fois séculaires, et ceux qui la considèrent comme « dépassée » et pensent que tout ce qui concerne l’Église est une chose qui doit demeurer « entre ses quatre murs », tandis que la voix de ces 90% qui se déclarent fidèles de l’Église orthodoxe serbe, ne s’entend presque pas.

– À cette occasion, vous et moi représentons la voix de ces 90, plus exactement 85% de la population de la Serbie qui, lors du dernier recensement ainsi que des précédents, se sont déclarés comme chrétiens orthodoxes. Je serais heureux si, non seulement la majorité, mais aussi les quelques pourcents restant soient satisfaits de notre conversation, de nos positions quant au passé, présent et futur de notre peuple. Car je ne les ressens pas comme des « pourcentages », mais comme des frères et sœurs. Ici vivent nos frères musulmans, protestants et catholiques en Voïvodine, ainsi que nos frères juifs. Ce n’est pas a eux qu’appartiennent les voix fréquentes d’intolérance radicale, voire même la haine envers l’Église de saint Sava. Ils ne considèrent pas que tout ce qui a trait à l’Église, la foi en Dieu, doive se produire entre quatre murs privés. Les voix radicales d’intolérance envers l’Église, voire la haine, sont infimes. Il s’agit de quelques groupes de gens, bien connus de l’Église, rassemblés pour la plupart à Belgrade autour de certains medias et d’organisations financées depuis l’étranger et, je l’espère, non par notre gouvernement. Une partie d’entre eux vit exclusivement de l’argent qu’ils reçoivent d’étrangers mal intentionnés qui savent que l’Église est la détentrice essentielle de l’identité du peuple serbe. Vous avez raison lorsque vous dites que la voix de ceux qui se déclarent comme fidèles ne s’entend pas assez. Il est important que ceux qui se considèrent fidèles, d’autant plus des personnalités remarquables du monde de la science, de la culture, de la politique, témoignent clairement, publiquement de leur foi. Il n’est pas là question d’être fanatique, mais il est nécessaire que par la claire affirmation de leur foi orthodoxe, ils donnent des exemples aux autres, jeunes comme âgés. Rappelons seulement nos amis et frères récemment décédés comme le Dr Jerotić, le compositeur Aleksandar Vujić, l’acteur Nebojša Glogovac, l’architecte Pedja Ristić et de nombreux autres. Ils étaient les porteurs d’un véritable apostolat laïc. Grâce à leur travail professionnel supérieur à la moyenne, mais aussi leur témoignage public, ils ont fait beaucoup pour l’Église et notre peuple. Je crois que le Seigneur leur a donné une place proche de saint Sava, parmi tous nos pieux ancêtres. Mes collaborateurs et les jeunes évêques me disent que, parmi les personnalités publiques, acteurs, musiciens, sportifs, il y en a beaucoup qui soulignent avec fierté leur appartenance à l’Église de saint Sava. Ils sont tous des exemples dignes d’éloges.

– Quelle est la situation de l’Église orthodoxe serbe parmi les autres Églises locales ? Nous avons vu, dans la « crise ukrainienne » qu’il y a eu des rencontres au plus haut niveau tant avec Moscou qu’avec Constantinople.

– La préoccupation et la responsabilité de notre Église envers l’unité de l’Église orthodoxe, sa conciliarité et sa fidélité à la Sainte Tradition et aux canons, nous oblige à faire comprendre clairement aux protagonistes que leurs activités non seulement font du tort à l’Église en Ukraine, mais menacent sérieusement l’unité de l’Église orthodoxe. Et c’est ce que j’ai fait personnellement, tant par écrit, nombre de fois, qu’oralement dans une conversation directe avec le Patriarche de Constantinople. Ce faisant, je dois à nouveau souligner que notre Église n’a pas défini sa position en raison de ses affinités slaves avec l’Église russe, ni en fonction de certains intérêts politiques ou autres similaires, mais en abordant le problème qui a surgi exclusivement du point de vue de l’Église, de la Tradition et des Canons. Si une autre Église locale, russe ou autre, avait agi semblablement, nous aurions agi de même. De nombreux frères hiérarques ont grandi spirituellement en Grèce, sur le fondement de la théologique et de la culture helléniques. Moi-même, je me sens redevable et j’insiste sur la plus profonde reconnaissance envers l’Église Mère et le très saint Trône des patriarches de Constantinople, et avec nos évêques les plus instruits, je partage l’amour envers le peuple, l’Église et la culture grecques. Mais ni à moi, ni à eux, cet amour ne donne le droit – ce qu’au demeurant font aussi certains théologiens et hiérarques grecs – de ne pas pointer des agissements qui sont anti-canoniques et inacceptables. Nous ne renoncerons pas à cela. Les medias ukrainiens ont rapporté que les autorités gouvernementales de ce pays m’avait déclaré « persona non grata ». J’ignore si cela est exact. Je n’ai rien reçu officiellement, mais cela ne diminuera pas mon soutien au métropolite Onuphre et aux pieux Ukrainiens, ni mon souhait et ma prière pour que le schisme en Ukraine soit réellement guéri. Ce que fait le Phanar et les autorités civiles de Kiev, sous l’incitation des forces non orthodoxes ne fera qu’approfondir le schisme.

– Le public serbe s’est intéressé aux relations entre les évêques, bien plus qu’au jubilé. Il y a eu des attaques ouvertes dans les tabloïdes contre certains évêques, des articles sur les désaccords autour de la position concernant la « question ukrainienne », sur  l’engagement d’un évêque à la Faculté de théologie orthodoxe, sur la question de savoir qui doit participer à l’Assemblée des évêques, et qui souhaite devenir le nouveau patriarche… Y a-t-il des raisons d’être préoccupé par la situation dans l’Église serbe ?

– Si l’image que présentent les tabloïdes au sujet de quel segment que ce soit de la société serbe, était fidèle, il y aurait de quoi s’inquiéter ou il serait même tard pour s’inquiéter. Dieu soit loué, il n’en est pas ainsi. Le problème qui, au demeurant, doit inquiéter, n’est pas que les propriétaires ou les rédacteurs des tabloïdes veuillent imposer leur goût et leur sombre mode de vie par l’intermédiaire de leurs journaux au peuple orthodoxe serbe. La question est que certaines personnes qui ont une haute responsabilité spirituelle participent à cela. Sous de telles influences, la presse à scandale crée des affaires dans l’Église, donne son appréciation aux décisions d’Assemblées épiscopales et Synodes et prétendent arbitrer des questions concernant l’éducation ecclésiastique, les questions inter-orthodoxes, canoniques et ecclésiologiques. Nous ne pouvons influer sur les tabloïdes. Nous ne pouvons que lancer des appels et autres choses similaires. Mais il faut que chacun identifie les problèmes dans sa propre maison et les résolve. L’Église doit examiner si elle doit à nouveau prendre des décisions semblables à celles qu’elle a prises les années passées.

– En huit siècles d’une longue histoire les relations entre l’Église et l’État ont considérablement changé. Comment sont-elles aujourd’hui ?

– Il est évident que nous n’avons pas l’illusion de pouvoir revenir aux temps de la « symphonie » comme c’était le cas à Byzance ou dans la Serbie des Némanides. Mais de même, je pense que nous mêmes en tant que personnes qui menons des activités responsables au sein de l’Église et de l’État, devrions prendre des décisions qui soient d’une utilité indubitable pour les citoyens et non pas seulement pour les fidèles, il faut que nous ayons toujours comme exemple le mode de pensée qu’ont eu saint Sava et son frère Étienne le premier couronné. S’inspirer de leur exemple n’est aucunement anachronique, car les circonstances dans lesquelles ils ont vécu et mené le peuple serbe, l’Église serbe et l’État, sont fort semblables aux circonstances actuelles. Par exemple, le conflit et la rivalité entre l’Orient et l’Occident, la division du peuple serbe en plusieurs petits États, etc. Dans ces circonstances, saint Sava et le saint roi Étienne le Premier Couronné ont réglé les problèmes, avant tout, par la confiance et la foi profonde en Dieu, qui leur a donné la force et la sagesse, le talent diplomatique, le pragmatisme, le respect des différents intérêts et la construction de ponts vers l’Orient et l’Occident, mais avec une détermination durable pour l’Orient, c’est-à-dire pour l’Orthodoxie. Cette détermination et l’habileté inspirée par Dieu pour diriger les affaires de l’État et de l’Église qui furent les leurs, ont fait progresser la Serbie du point de vue religieux, culturel et économique. C’est ainsi que nous nous souvenons de l’époque des saints Némanides comme de l’âge d’or de l’histoire serbe. Naturellement, la Serbie est aujourd’hui un État séculier. La constitution définit la République de Serbie comme un État séculier dans lequel les Églises et communautés religieuses sont séparées de l’État. Le principe d’une séparation coopérante et d’une collaboration est approprié pour notre époque. Chacun fait son travail, et lorsque cela est nécessaire, les parties s’entraident. L’héritage des décennies passées, alors que l’athéisme était la doctrine de l’État et que l’Église se trouvait en marge de la société, et, dans nombres de domaines, bannie de la vie publique, n’est toujours pas encore surmonté. Je ne peux accepter la position selon laquelle l’Église n’a pas le droit de se prononcer sur les questions les plus importantes, ce qui est avancé par certains aujourd’hui. L’Église ne peut l’accepter. S’il n’y avait pas eu l’Église de saint Sava, il n’y aurait pas non plus notre peuple aujourd’hui. D’autres gens et peuples, et non les Serbes orthodoxes, peupleraient aujourd’hui ces lieux magnifiques. Aussi, l’Église continue, lorsqu’elle le considère nécessaire, particulièrement lorsqu’il s’agit de questions vitales et de l’identité du peuple, de la conscience qu’il a de lui-même, de faire entendre sa voix de façon décisive. Que cela plaise ou non. Par ailleurs, je souligne que les relations de l’Église et de l’État, des organes et des autorités de l’État se trouvent sur une voie ascendante. C’est ce qui est témoigné par le fait que l’État a accepté, entre autres, de commémorer avec l’Église le grand jubilé du huitième centenaire, d’aider notre Église dans les régions menacées, particulièrement au Kosovo et en Métochie. Il en est de même dans notre République serbe de Bosnie. Là aussi, nous avons une bonne collaboration de l’Église et de l’État. C’est ce que témoignent nos évêques et nos prêtres, c’est ce qu’affirme aussi notre peuple. Cela est bon et profitable pour notre peuple, notre État et notre Église. Bien que nous soyons dans l’atmosphère de fête, je devrai mentionner aussi la situation tragique au Monténégro qui, n’est pas moins serbe que le Kosovo et la Métochie, c’est un pays serbe classique. Cette situation est tragique jusqu’à l’absurde. Non seulement parce que le pouvoir [monténégrin] a reconnu le Kosovo et la Métochie en tant qu’État indépendant, mais parce qu’il entretient aussi des relations étroites avec les autorités de Priština, lesquelles étaient à l’origine des détachements d’une armée terroriste. Cetinje affirme encore que la Métochie n’appartient pas à la Serbie, mais au Monténégro. Ainsi, avec des pressions perfides et systématiques, les autorités oppriment le peuple serbe de la République du Monténégro et, dans le même temps, certains milieux mettent en avant des revendications territoriales sur la Serbie.

– L’Église serbe, est-elle, dans une mesure suffisante, présente dans les questions sociales et les tentatives de donner des solutions concrètes et des réponses aux problèmes contemporains : tels que l’exode des jeunes, le faible taux de natalité, la hausse de la violence domestique et autre, comme les défis globaux, tels que le problème de l’utilisation abusive des technologies contemporaines et les atteintes à la vie privée, les expérimentations avec les biotechnologies et la dévastation de l’environnement ?

– Il existe une question plus large que l’engagement social de l’Église serbe, à savoir l’établissement et le maintien de l’équilibre entre l’activité de prière et l’activité sociale. L’Église travaille fort activement dans la résolution de certains des problèmes de la société actuelle. Dans mon diocèse, à Belgrade en tant que mégalopole, l’Église, par l’association caritative religieuse, nourrit chaque jour des milliers de nécessiteux. L’Église dispose de ses propres centres de conseils médicaux, de médecins qui aident gratuitement, il y a ensuite des conseillers en matière psychologique ou conjugale, etc. L’Église soigne beaucoup de jeunes, des centaines d’entre eux, des maladies de dépendance, toxicomanie, alcoolisme… Il existe aussi de nombreux services sociaux de l’Église dans les autres diocèses. Nous n’en faisons pas de la publicité. Des personnes individuelles s’occupent aussi du problème des technologies actuelles, nous avons aussi des prêtres qui sont de véritables experts pour ces questions. Mais ce n’est pas le rôle principal de l’Église. Bien sûr, nous ne négligeons pas, nous nous efforçons d’améliorer l’action sociale. Certains problèmes que vous avez mentionnés se posent, tant au plan local que global, non pas seulement à l’Église serbe, mais à tous les autres facteurs sociaux et ce, de plus en plus vite et de façon de plus en intensive. Les gens attendent à juste titre des réponses. À certaines d’entre elles, comme la dignité de la personne, l’éthique de la naissance, l’opposition à la violence, l’Église répond rapidement et relativement facilement, sur la base des réponses existantes tirées du trésor de sa théologie. Pour ce qui est des autres questions, il convient de réfléchir plus longtemps et avec plus d’attention, car elles se posent aujourd’hui non seulement sous une forme, mais aussi dans leur problématique essentielle qui s’exprime dans la sphère de la théologie, qui n’existaient pas. Je pense que la solution aux problèmes mondiaux menaçants, que beaucoup perçoivent comme apocalyptiques : guerre nucléaire, écologique, climatique, etc, ne peut être trouvée que dans le retour clair et non ambigu aux valeurs fondamentales chrétiennes que la civilisation, au cours des siècles, a oubliés et dont elle a dévié. En aucun cas autrement. Nous, comme ancien peuple chrétien, avons une riche tradition, des exemples lumineux du passé proche et lointain, des saints, des monastères et des lieux de culte vivants, par exemple Chilandar, une véritable et incommensurable richesse qui nous a été donnée : pour la garder et l’utiliser ! Et tout le reste – c’est ce croyaient nos pères et cela n’a jamais été trahi – nous sera donné par le Seigneur Lui-même. Avec cette foi, avec l’aide du Seigneur et de saint Sava, tous les scandales de ce monde deviennent différents, plus solubles, plus insignifiants. Il est absolument inacceptable que nous considérions que nous sommes seuls, effrayés, que nos problèmes sont les plus grands et insolubles. L’Église révèle quotidiennement cette foi à son peuple, comme elle l’a toujours fait, par l’Évangile qu’elle prêche.

– Quel est aujourd’hui la question la plus importante pour l’Église orthodoxe serbe ? Est-ce le destin du Kosovo et de la Métochie ?

– Toute l’expérience de l’Église du Christ nous enseigne qu’aucune question, aucun problème, voire même un problème aussi important que celui du Kosovo et de la Métochie ne se pose ou peut être résolu durablement de manière particulière. Les problèmes d’un peuple ou d’un État se manifestent territorialement, économiquement, démographiquement etc, mais toujours, je dirai, qu’ils ont au fond un élément spirituel. Et le problème dont nous parlons est difficile, car il contient en lui tous les éléments mentionnés. Tenant compte de tout cela, l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe, lors de sa session de cette année, a procédé à une déclaration spéciale sur le Kosovo et la Métochie, dans laquelle elle a lancé un appel à tous les acteurs politiques pour continuer le dialogue, sans pression ni chantage, dans le contexte de la résolution des questions de défense des droits du peuple, de la liberté de la vie et de l’œuvre de l’Église orthodoxe serbe, de la défense institutionnelle et sécuritaire de nos lieux saints, de la possibilité du retour sans entrave des personnes déplacées et le libre accès à leurs biens de ceux qui en ont été dépossédés illégalement ou dont la propriété a été usurpée. À cette occasion, l’Assemblée épiscopale a soutenu sans réserve tout dialogue responsable qui doit apporter l’état de droit et la réconciliation entre tous les peuples qui vivent sur les espaces du Kosovo et de la Métochie en tant que province méridionale de la Serbie.

Source

Traduction: Orthodoxie.com

« Ce n’est ni Rome, ni Constantinople, mais Jérusalem qui a enfanté toutes les Églises » a déclaré le métropolite Amphiloque

1 août 2019 par Yannick Provost

« Ce n’est ni Rome, ni Constantinople, mais Jérusalem qui a enfanté toutes les Églises » a déclaré le métropolite Amphiloque

Dans une interview à l’agence Tass, le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque (Église de Serbie) s’est exprimé sur la situation des Églises dans les Balkans, et à propos de l’autorité du patriarcat de Constantinople : « Je ne crois pas que le modèle du schisme orthodoxe en Ukraine puisse être répété dans les Balkans ou au Monténégro. Dedeić (le leader de « l’Église orthodoxe monténégrine » schismatique, ndt), a été réduit à l’état laïc par le patriarcat de Constantinople, donc il ne peut en être question. Pour ce qui est de la Macédoine, je ne voudrais pas croire qu’après tous les événements [en Ukraine], le patriarcat de Constantinople déclare la guerre aussi à l’Église orthodoxe serbe. Après l’Ukraine, on peut s’attendre à tout, mais j’espère néanmoins, qu’on n’en arrivera pas là », a-t-il déclaré. Le métropolite a exprimé ses regrets que « ce ne sont pas les plus dignes qui influencent le patriarche de Constantinople, mais un certain groupe de jeunes métropolites, des gens ambitieux, qui par leurs ambitions incitent le patriarche à certains agissements ». « J’ai discuté avec des gens sérieux en Grèce et d’autres encore, je ne veux pas les nommer maintenant, qui sont mécontents d’une telle influence sur le patriarche de Constantinople. C’est un homme âgé et qui s’emploie à renforcer sa primauté. Or, en réalité il la met en danger, il n’y a aucun doute à ce sujet. Il y eut de grands hiérarques sur le trône patriarcal de Constantinople, reconnus universellement, comme saint Jean Chrysostome et saint Grégoire le Théologien, mais il y eut aussi des patriarches qui ont été condamnés pour hérésie, il n’y a pas de hiérarques infaillibles dans l’Église », a souligné le métropolite. Celui-ci a rappelé que le rôle historique particulier du patriarche de Constantinople était dû au rôle de la ville de Constantinople comme capitale impériale : « Depuis 1453, Constantinople a cessé d’être capitale impériale, c’est aujourd’hui la capitale d’un sultan. Cette qualité de capitale impériale a été héritée par l’Empire russe, qui a joué un grand rôle pour toute l’Orthodoxie jusqu’à la mort du Tsar en 1918. Après la chute de Constantinople et le meurtre du Tsar en Russie, ces deux centres ne jouent plus leur rôle d’antan, aussi l’Église doit revenir à cette structure qui existait avant l’empereur Constantin. L’époque constantinienne de l’histoire ecclésiale est terminée. La seule autorité qui peut résoudre toutes les questions orthodoxes, c’est le Concile œcuménique ». Selon le métropolite, le Concile doit être convoqué par le patriarche de Constantinople. « Cependant, s’il continue à se conduire de la sorte, il perdra ce droit aussi. La seule Église qui est véritablement la mère de toutes les Églises orthodoxes est celle de Jérusalem, parce que ce ne sont ni Rome, ni Constantinople, mais Jérusalem qui a enfanté toutes les Églises » a conclu le métropolite Amphiloque. Il a également déclaré que l’Église devrait revenir au système qui existait avant l’empereur Constantin et que toutes les difficultés devraient être résolues par un Concile oecuménique.

Sources : 1 et 2

Traduction: Orthodoxie.com

À bord du Saint Lukas, le train-hôpital qui parcourt la Sibérie

Icône de Saint Lukas vénérée au monastère de Lectoure

En Russie, financé par le gouvernement russe, le train Saint Lukas,
train-hôpital, parcourt la Sibérie et l’Extrême Orient russe afin d’offrir des soins aux personnes vivant dans des villages reculés. En effet, dans ces lieux quasiment coupés du reste du monde en raison de l’éloignement géographique et de l’exode rural, il manque souvent de médecins et d’infrastructures médicales. Pour les villageois, l’arrivée du train médical une fois dans l’année est donc un événement à ne pas manquer.Au sein du convoi, grâce au matériel dont ils disposent, médecins et infirmières effectuent échographies, scanners,
prises de sang, diagnostics… Les visites et les soins sont gratuits.

Le Saint Lukas

Au total, toutes professions confondues, ce sont près de 75 personnes qui sont présentes à bord du train, avec plus d’une vingtaine de spécialités médicales. L’équipage s’arrête plus ou moins longtemps dans les villages. Les médecins voient en moyenne 150 patients par jour. Le train porte le nom de saint Lukas.
En effet, canonisé en l’an 2000 dans l’Église orthodoxe, Mgr Lukas était à la fois évêque et chirurgien, il a survécu à la révolution bolchévique et aux goulags de Staline. Très tourné vers la très sainte Mère de Dieu, il ne manquait pas de l’invoquer avant d’opérer quelqu’un.

La chapelle du train

L’un des wagons a d’ailleurs été transformé en église. Les patients peuvent venir se recueillir entre deux examens dans ce wagon baigné par la lueur des cierges.


Plus qu’un simple train, le Saint Lukas est un véritable lieu de vie. 

Communiqué de presse des Patriarches Jean X d’Antioche et Irénée de Serbie

Communiqué de presse commun des patriarches Jean X d’Antioche et Irénée de Serbie

 ” Ayant en vue l’unité de la foi, agissant selon la tradition et les usages de l’Église, S.S. le patriarche de Serbie Irénée, à la tête de sa délégation ecclésiale, a effectué une visite officielle et pacifique à l’Église orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient. S.B. Jean X, patriarche d’Antioche, avec les hiérarques du synode du Patriarcat d’Antioche, leur a réservé un accueil solennel. La visite de Sa Sainteté était effectuée sur l’invitation que lui avait adressée le patriarche Jean X lors de sa visite en Serbie en octobre dernier. S.S. le patriarche Irénée et sa délégation ont eu l’occasion de faire connaissance de la situation réelle de l’Église d’Antioche en Syrie et au Liban, où les deux parties ont examiné un grand nombre de questions importantes pour les Églises d’Antioche et de Serbie. Les patriarches ont également confirmé nombre de positions avec fermeté : les deux Églises considèrent que les chrétiens constituent une composante fondamentale de la mosaïque orientale dans les sociétés où ils vivent, et que la paix dans la région du Proche-Orient ne peut être fondée ni sur la théorie des minorités, ni sur la logique de la suprématie de la majorité, mais qu’elle doit être atteinte par le croisement et la synergie de tous les efforts dans le cadre de la citoyenneté et d’une vie unique pour tous les groupes religieux et sociaux. Les deux Églises affirment également que la responsabilité repose sur tous, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie, pour l’éradication du terrorisme, tant idéologique qu’armé, et elles se prononcent pour la résolution de la crise de façon pacifique, ce qui devrait préserver la population de l’Orient des souffrances de la guerre telles que le sont les enlèvements, les assassinats, les expulsions et la violence. Les deux Églises appellent également la communauté internationale et tous les gouvernements à examiner véritablement le problème du terrorisme, qui pèse depuis longtemps sur tous les pays et les hommes en Orient, parmi lesquels se trouvent aussi les chrétiens, dont les enfants de l’Église d’Antioche et d’autres, lesquels paient particulièrement cher. Les deux Églises soulignent l’importance de la coopération au sein de l’orthodoxie et appellent au renforcement et à l’activation du dialogue entre toutes les Églises orthodoxes autocéphales, car c’est là le seul moyen de sortie de crise. En outre, elles confirment que l’on doit respecter les limites historiques et géographiques entre les Églises locales et considèrent que l’unité du monde orthodoxe est un héritage précieux que nous a confié le Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et qu’il restera préservé, indépendamment de ce que peuvent amener les crises futures. Les deux Églises soulignent également leur foi dans la bonté de l’homme dans nos pays, ainsi que dans son héritage religieux et civilisationnel qui constituent son identité et son appartenance, et qui ne peut être fragmenté dans les tourbillons du monde contemporain pénétré de l’esprit d’indépendance et d’individualisme, ni dans les tendances au schisme et à l’utilisation de la religion dans le domaine politique. En outre, les deux Églises confirment aussi que l’appartenance à l’Église ni n’abolit, ni, simultanément, s’identifie, avec l’appartenance nationale, fondée sur la spécificité des pays, mais l’appartenance à l’Église pose précisément un fondement à l’appartenance à la nation et à l’État, édifiant en l’homme la culture de la citoyenneté et de la cohabitation avec les autres, en respectant pleinement ses particularités. Les deux Églises attirent également l’attention sur l’enlèvement des deux métropolites d’Alep, Jean Ibrahim et Paul Yazigi, qui dure depuis avril 2013 et ce, jusqu’à aujourd’hui. Les deux Églises condamnent tant cet enlèvement criminel que le silence qui enveloppe cet événement, appelant tous à fournir des efforts pour que les deux métropolites soient libérés et ainsi mettre fin à cette tragédie qui symbolise sur une petite échelle les souffrances de tous ceux qui ont été enlevés, de même les souffrances des hommes d’Orient qui payent le prix des guerres. Les deux Églises appellent également la communauté internationale à sauvegarder les lieux saints du Kosovo et de la Métochie. Les deux Églises prient pour la prospérité du peuple qui appartient à l’Église orthodoxe serbe, pour la paix et la stabilité dans tous les pays et pour la paix en Syrie et la stabilité au Liban, pour l’humanité dans sa globalité qui aspire à la paix du Dieu très saint.”

À Damas, le 7 juin 2019

Patriarcat de Serbie, S.S. le patriarche Irénée ; Patriarcat d’Antioche, S.B. le patriarche Jean X  

Source Site patriarcat serbe

Traduction: Orthodoxie.com

Visite du patriarche de Serbie Irénée en Hongrie

Le patriarche Irénée a effectué, du 24 au 27 mai 2019, une visite pastorale au diocèse de l’Église orthodoxe serbe en Hongrie, accompagné des évêques Irénée de Bačka, Cyrille de Buenos Aires et d’Amérique du Sud, et Hésychios de Mohacs.

30 mai 2019 par Jivko Panev

Visite du patriarche de Serbie Irénée en Hongrie

Accueilli par l’évêque de Budapest Lucien (Église orthodoxe serbe), le patriarche a déclaré à son arrivée qu’il venait visiter les anciens lieux saints serbes et élever des prières avec le peuple pieux. Le 25 mai, le patriarche a visité la basilique Saint-Étienne, où il a été accueilli par l’évêque catholique-romain György Snell, qui a évoqué l’histoire de l’édifice et de son saint patron, le premier roi chrétien de Hongrie. Le même jour, l’ambassadeur de Serbie à Budapest, M. Ivan Todorov a organisé une réception en l’honneur du patriarche et de sa délégation, qui se sont rendus ensuite à Szentendre (Saint-André), le centre historique de la communauté serbe de Hongrie. Le patriarche et sa suite ont reçu, au palais épiscopal, le cardinal Péter Erdő, l’évêque de l’Église évangélique Paul Lackner, le secrétaire d’État hongrois aux Églises Miklós Soltész, le ministre serbe de la culture Vladan Vukosavljević, le ministre serbe de l’éducation nationale Mladen Šarčević et d’autres personnalités. Ensuite, le patriarche a procédé à la bénédiction du nouveau musée du diocèse serbe de Hongrie, situé dans le bâtiment qui abrita la première école de formation des instituteurs serbes. Le musée s’étend sur 1600 m2 et contient 500 objets d’exposition. Le projet de construction et d’adaptation du nouveau musée a été réalisé avec le soutien financier du gouvernement hongrois et du ministère serbe de la culture. À cette occasion, l’évêque orthodoxe serbe de Budapest, Mgr Lucien, a adressé ses vœux de bienvenue au patriarche, ainsi qu’aux représentants des gouvernements hongrois et serbe, ainsi qu’à toutes les personnes présentes. Le patriarche, de son côté, a souligné dans son allocution l’importance de l’amitié entre la Serbie et la Hongrie et a remercié le gouvernement hongrois pour l’aide désintéressée apportée à l’Église orthodoxe serbe en Hongrie. Le 26 mai, en la cathédrale serbe de Szentendre, le patriarche Irénée a célébré la divine Liturgie, assisté des évêques Irénée de Bačka, Cyrille de Buenos Aires et d’Amérique du Sud, et Hésychios de Mohacs. Les chants étaient assurés par les chorales « Saint Étienne de Dečani » de Novi Sad, et « Javor » de Szentendre. À la Liturgie assistaient le vice-premier ministre Semjén Zsolt, et le secrétaire d’État Miklós Soltész. À l’issue de la Liturgie, le patriarche a mentionné dans son allocution que l’amitié entre Serbes et Hongrois doit constituer un exemple pour les autres peuples dans la résolution des problèmes mutuels et montrer comment il faut vivre fraternellement et dans l’amour dans des espaces communs. Le même jour le secrétaire d’État Miklós Soltész a accueilli le patriarche Irénée et sa suite au parlement de Budapest, ainsi que l’ambassadeur de Serbie en Hongrie M. Ivan Todorov, et le député serbe au parlement hongrois M. Ljubomir Aleksov. Le patriarche a encore une fois remercié la Hongrie pout tout ce qu’elle a fait pour l’Église orthodoxe serbe et le peuple serbe en Hongrie.

Le 27 mai, au terme de sa visite, le patriarche a rendu visite à l’école primaire et collège serbe de Budapest Nikola Tesla.

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Traduction: Orthodoxie.com

Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

L’assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe s’est tenue, du 9 au 18 mai 2019, au monastère de Žiča, puis à Belgrade.

Communiqué de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

« La session ordinaire de la sainte Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe de cette année a commencé le 9 mai au monastère de Žiča, qui fut le premier siège de l’Église serbe autocéphale, tandis que nous fêterons cette année le 800èmeanniversaire de cette autocéphalie, la pleine indépendance ecclésiale, un grand don de Dieu et une grande œuvre de saint Sava. Après la sainte liturgie célébrée par les évêques de l’Assemblée et l’invocation du Saint-Esprit en l’église du monastère de Žiča, ont été tenues les premières séances de l’Assemblée au monastère, les 9 et 10 mai, puis celle-ci a poursuivi ses travaux au Palais patriarcal à Belgrade, du 11 mai jusqu’à la clôture de la session de cette année. Tous les évêques diocésains de l’Église orthodoxe serbe ont participé aux travaux, à l’exception de l’évêque d’Europe occidentale, Mgr Luka.

Au début de la première séance de l’Assemblée, S.S. le patriarche a adressé aux évêques présents, selon la pratique établie, une allocution d’ouverture, dans laquelle il a pointé les questions essentielles de la vie et de la mission de l’Église orthodoxe serbe dans le monde contemporain, lequel est rempli, d’une part, de grands défis et épreuves spirituels et, d’autre part, de possibilités ouvertes de travail pour le renouveau spirituel de notre peuple.

Dès le début de ses travaux, l’Assemblée a consacré une attention particulière à la célébration liturgique et à la commémoration d’un grand jubilé, à savoir le huit centième anniversaire de l’obtention du statut autocéphale de notre Église (1219-2019), tant au niveau de toute l’Église au monastère de Žiča et à Belgrade, en octobre, que dans tous ses diocèses. Il convient de mentionner que la commémoration sera poursuivie au cours de toute l’année prochaine 2020. Il est également décidé, la même année, de commémorer liturgiquement et solennellement encore un jubilé important, le centenaire de l’unification des Églises de la région en une seule Église orthodoxe serbe, et le rétablissement de son statut de Patriarcat autocéphale.

Sur l’invitation de l’Assemblée, le Patriarcat a reçu la visite du président de la République de Serbie Aleksandar Vučić et du président de Bosnie et Herzégovine Milorad Dodik. Après la séance, dans salle solennelle du Patriarcat, l’Assemblée a écouté avec l’attention requise les exposés des deux leaders serbes sur la situation et les problèmes de notre peuple en Serbie et en République serbe de Bosnie, mais plus largement, sur les efforts et à la lutte inégale avec les potentats pour la préservation du Kosovo et de la Métochie au sein de la Serbie et sur le soutien, ainsi que sur l’assistance globale de l’État serbe à notre peuple afin qu’il puisse survivre sur la terre serbe la plus sainte, le Kosovo et la Métochie. Parallèlement, il a été question de la coopération fraternelle des organes de l’État, des institutions éducatives et culturelles et de tous les autres détenteurs de responsabilité publique en Serbie et en République de Serbie, pour le bien de notre peuple des deux côtés de la Drina, et pour sa prospérité, en général, où qu’il vive.

Au cours de l’Assemblée a été tenue également la session de l’institution centrale en charge de l’achèvement de l’église-mémorial Saint-Sava à Belgrade, qui a présenté un rapport sur tous les travaux accomplis jusqu’à maintenant, avec l’aide importante de l’État et des dons du peuple pieux, notamment la pose des mosaïques par les artistes russes, et l’annonce de la grande consécration solennelle de l’église l’an prochain.

Comme chaque année, l’Assemblée s’est préoccupée des questions de l’enseignement ecclésiastique, ainsi que de la création des conditions au fonctionnement normal de la Bibliothèque patriarcale, du Musée, et des Archives de l’Église orthodoxe serbe. L’archiprêtre Jovan Milanović est élu nouveau recteur ad interim du Séminaire Saint-Arsène à Sremski Karlovici. Il a également été discuté de la coopération de l’Église avec les organes compétents en Serbie dans le processus de la revitalisation de Sremski Karlovci et la création des conditions propices à son nouveau rôle – en réalité ancien – d’importante « ruche » spirituelle, culturelle et éducative du peuple serbe.

La date de la fête de saint Païssios, patriarche de Peć est changée : au lieu du 2/15 octobre, sa commémoration est fixée au 3/16 octobre sur la base de l’annotation trouvée récemment sur ses saintes reliques.

Il est constaté avec tristesse l’activité de différents schismatiques et membres de sectes.

Ont été entendus et analysés les rapports sur les travaux du Saint-Synode et des évêques diocésains, de même que sur la fondation caritative « Čovekoljublje » et d’autres fondations au service de l’Église orthodoxe serbe pendant la période écoulée.

Un changement des limites de certains diocèses a été opéré. C’est ainsi que le diocèse de Banja Luka a cédé un certain nombre de paroisses au diocèse de Bihać-Petrovac, et du diocèse de Zvornik-Tuzla au diocèse de Dabro-Bosna.

L’Assemblée, à l’unanimité, a conféré l’ordre de Saint Sava du premier degré au Dr Dimitrios (Trakatelis), jusque récemment archevêque d’Amérique dans la juridiction du Patriarcat de Constantinople, pour ses actions caritatives en faveur des diocèses de notre Église en Amérique.

A été également examinée la situation de notre Église dans la région, à savoir dans les États issus de la dissolution de l’ancienne Yougoslavie. Il a été constaté que l’animosité et la discrimination à l’égard de notre Église sont présentes, dans une plus ou moins grande mesure, pratiquement partout – En Croatie, Bosnie et Herzégovine, Macédoine du Nord, et particulièrement au Monténégro, où a été récemment confirmé le projet de loi anti-européen et anti-civilisé sur les Églises et les communautés religieuses. Par ce projet de loi sont discriminés particulièrement et intentionnellement les diocèses du Monténégro et du Littoral, et de Budimlje-Nikšić. Il est même prévu que les saintes églises soient saisies et proclamées propriétés d’État (!). De telles décisions suppriment le droit inaliénable des citoyens à la liberté religieuse et de conscience et constituent une immixtion directe dans les affaires internes de l’Église. Il y a là des tentatives de saisie violente des lieux saints en faveur de « l’Église orthodoxe du Monténégro » [groupuscule schismatique, ndt] qui est inexistante tant selon les canons que dans la réalité. Il y a également la menace de destruction de certains édifices religieux (l’église située sur le Mont Rumija et le baptistère de Prevlaka). Heureusement, partout, tant au Monténégro qu’en Croatie et ailleurs, il y a des particuliers, des communautés et organisations qui militent pour la justice et la liberté de tous. La situation de notre Archevêché autonome d’Ohrid en Macédoine du Nord est difficile. S’il n’y a pas en ce moment de persécutions directes contre l’archevêque Jean, les évêques, les clercs, les moines et fidèles de cette Église, l’épée de Damoclès de nouvelles poursuites judiciaires est suspendue en permanence au-dessus de leurs têtes. Malgré cela, notre Église continue, comme c’était le cas jusqu’à maintenant, de se prononcer pour le dialogue avec l’Église de ce pays qui, depuis des décennies déjà, demeure dans le schisme, et pour la résolution du problème sur une base authentiquement canonique.

L’évêque d’Amérique occidentale Maxime a exprimé ses regrets pour ses déclarations irréfléchies et inappropriées lors d’une interview, selon lesquelles St Sava aurait obtenu l’autocéphalie de l’Église serbe de façon non canonique. Ces propos ont scandalisé beaucoup de personnes. Mgr Maxime a déclaré devant l’Assemblée qu’il acceptait que St Sava ait agi irréprochablement, selon les saints canons, à l’occasion de l’obtention de l’autocéphalie, et a demandé et obtenu le pardon de l’Assemblée.

Relativement à l’attitude du public concernant la vaccination obligatoire des enfants ou à leur encontre, l’Assemblée considère qu’il convient de respecter les motifs scientifiques de la médecine, mais également les craintes des parents.

Le plus grand problème de l’Église orthodoxe aujourd’hui est le schisme ecclésial en Ukraine et l’échec de la tentative du Patriarcat de Constantinople de résoudre ce problème hâtivement, à sa façon, sans dialogue avec l’Église canonique en Ukraine et avec l’Église orthodoxe russe dans son ensemble, et sans consultation panorthodoxe. Aussi, l’Assemblée maintient sa position actuelle : notre Église ne reconnaît pas la structure para-ecclésiale nouvellement établie en Ukraine, ayant à sa tête les citoyens Denisenko et Doumenko, mais elle se trouve en communion liturgique et canonique, uniquement et exclusivement, avec l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, ayant à sa tête Sa Béatitude le métropolite Onuphre, аinsi qu’avec toutes les autres Églises orthodoxes canoniques.

L’Assemblée exprime pour la énième fois sa consternation et son amertume au sujet des intrusions anti-canoniques des évêques et des prêtres de l’Église orthodoxe roumaine dans les diocèses de l’Église orthodoxe serbe en Serbe orientale.

Les relations avec l’Église catholique-romaine et avec les Églises de la Réforme en Serbie, de même qu’avec la Communauté islamique de Serbie sont traditionnellement bonnes et correctes, ce qui, malheureusement, ne peut être dit des relations avec certains cercles de l’Église catholique-romaine en Croatie et de la Communauté islamique en Bosnie et Herzégovine.

Le Saint-Synode, dans sa nouvelle composition, est constitué du métropolite de Dabro-Bosna Chrysostome, et des évêques Irénée de Bačka, Jean de Choumadie et David de Kruševac.

Communiqué rédigé par le porte-parole de l’Église orthodoxe serbe : Mgr Irénée, évêque de Bačka »

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Traduction: Orthodoxie.com

Interview du patriarche de Serbie Irénée au quotidien belgradois « Politika » sur le Kosovo, l’autocéphalie ukrainienne et d’autres sujets

Interview du patriarche de Serbie Irénée au quotidien belgradois « Politika » sur le Kosovo, l’autocéphalie ukrainienne et d’autres sujets
Interview du patriarche de Serbie Irénée au quotidien belgradois « Politika » sur le Kosovo, l’autocéphalie ukrainienne et d’autres sujets.

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Le 27 janvier, alors que l’Église orthodoxe serbe commémore la mémoire de saint Sava de Serbie, le patriarche Irénée a donné l’interview suivante au quotidien belgradois « Politika », dans laquelle il aborde les questions du Kosovo, de la position de l’Église serbe à l’égard de l’autocéphalie ukrainienne et du Patriarcat de Constantinople, des relations avec les catholiques-romains et de la place que doit occuper l’Église dans la société.

– Comment le grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe [800ème anniversaire de son autocéphalie, ndt] sera-t-il commémoré : connaît-on déjà qui, parmi les patriarches orthodoxes, sera présent à la commémoration centrale au début du mois d’octobre ?

– L’importance et le caractère du jubilé conditionnent aussi le mode de sa commémoration. En premier lieu, les huit siècles depuis l’octroi de l’autocéphalie à l’Église serbe seront célébrés de façon chrétienne et dans la prière. En recevant le titre d’archevêque de toute la terre de Serbie et du Littoral, saint Sava a commencé son ministère archipastoral dans la maison du Sauveur, au monastère de Ziča. Dans ce saint lieu qui est notre premier siège ecclésial, les hiérarques serbes, notre sainte assemblée épiscopale, au début du mois d’octobre, se réuniront autour de l’autel de Dieu, afin que ce grand anniversaire soit fêté par la Serbie terrestre et la Serbie céleste, avec à leur tête saint Sava et tous les saints de notre peuple. Nous célébrerons l’office divin ensuite au Patriarcat de Peć, notre siège ancien et historique. Les commémorations ont déjà commencé à notre Faculté de théologie qui, le mois passé, a organisé un symposium scientifique international dédié à l’indépendance et à la contribution huit fois centenaire de l’Église orthodoxe serbe à l’histoire, la théologie et à la culture du peuple serbe. De nombreuses expositions, concerts, séances solennelles, tant dans la capitale que dans les diocèses de l’Église orthodoxe serbe dans le pays et dans la diaspora, sont prévus. Je profite de cette occasion adresser mes vœux à tout le monde serbe à l’occasion de ce merveilleux et grand jubilé, que tout Serbe et toute Serbe doit ressentir comme une fête.

– L’une des questions les plus sérieuses auxquelles est confronté notre État, mais également l’Église orthodoxe serbe, est la question du Kosovo et de la Métochie. La sainte assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe, au début du mois de novembre, a réitéré la position selon laquelle, quel qu’en soit le prix, on ne peut mettre en question la pleine souveraineté et l’intégrité de la Serbie au Kosovo et en Métochie. Entre-temps, des problèmes se sont produits avec l’introduction d’une taxe de 100% sur les produits serbes [vendus au Kosovo, ndt], la déclaration de suppression de la frontière entre l’Albanie et le Kosovo et Métochie. Comment considérez-vous ces toutes récentes pressions sur notre peuple et notre État qui, indubitablement, se renforcent ?

– Le renforcement de ces pressions extérieures doit mener vers une unité plus forte du peuple et de l’État dans la défense des droits souverains et l’intégrité étatique. Cette unité ne devrait pas être détruite par des conflits internes. Les problèmes sociaux et le mécontentement, qui existent dans certaines couches de la société, ne doivent pas déchirer l’âme nationale, en tenant particulièrement compte de la création simultanée d’une armée albanaise, et des empêchements qui sont créés à l’approvisionnement aux institutions serbes, hôpitaux, écoles et autres au Kosovo et en Métochie. J’ai suivi avec grande préoccupation les récentes manifestations dans les rues de Banja Luka. Ceux qui ne souhaitent pas de bien à la République serbe de Bosnie et au peuple serbe, en étaient satisfaits. Je ne vois pas qu’il y ait une utilité pour le peuple dans les incitations à de telles protestations à Belgrade et dans toute la Serbie. Peut-être veut-on le voir ou non, mais tous ces processus sont liés. L’État et les organes de l’État, particulièrement ceux qui par leur haut niveau d’instruction et de connaissances doivent être un modèle pour tous, ont une obligation de s’engager plus dans la création d’une atmosphère démocratique, la paix et la coopération dans la société, pour résoudre les problèmes de toutes les couches de la population. De la même façon que la République serbe de Bosnie a été établie avec les garanties des puissances mondiales, je prie Dieu et j’espère que l’heure viendra lorsque les dirigeants de ces États accepteront le fait que le peuple serbe ne renoncera jamais au Kosovo et à la Métochie, son propre pays, et qu’avec la Russie, notre alliée et protectrice, les dirigeants de notre État et les représentants des Albanais se mettront d’accord sur une solution qui permettra aux deux peuples de continuer à vivre en paix.

– Quels rapports vous parviennent-ils du Kosovo et de la Métochie, de notre clergé et de nos moines, du diocèse de Ras-Prizren ? Quelle est leur vie quotidienne et leur lutte pour préserver nos lieux saints ?

– Chaque fois que je le peux, je séjourne au Kosovo et en Métochie, car le siège de l’Église orthodoxe se trouve au Patriarcat de Peć, et ce monastère est stavropégique, sous la compétence directe du patriarche. J’y entends et vois ce qui se passe avec nos gens, au nord et au sud du fleuve Ibar. La majorité de notre peuple dans les autres parties de la Serbie, comme partout dans le monde où il vit librement, comprend difficilement que dans le peuple et le clergé au Kosovo existe constamment une inquiétude pour le lendemain, pour la sécurité des enfants, des maisons, des lieux saints… Le peuple qui vit là-bas, s’est malheureusement accoutumé à tout cela, car il en est ainsi au Kosovo et en Métochie depuis l’esclavage du temps de la domination ottomane, qui engageait des tribus montagnardes pour assassiner les chrétiens asservis. La tyrannie a continué durant les deux guerres mondiales. Les problèmes ont été dissimulés pendant la domination d’un demi-siècle des communistes yougoslaves. En témoigne le vaste livre du patriarche Paul, de bienheureuse mémoire, sous le titre « Rapports du Kosovo et Métochie crucifié », chronique de la violence continuelle et de la persécution des Serbes au temps de la Yougoslavie titiste. Mais la responsabilité est nôtre, serbe. Nous nous sommes éloignés de Dieu, de l’Église, de la serbité. Nous nous sommes éloignés de nous-mêmes. Pour nous tous, c’était le cas, et il l’est encore aujourd’hui, tout nous était plus important que la serbité et l’orthodoxie. Dieu laisse toujours l’occasion et nous appelle de différentes façons à nous repentir et nous corriger : que nous soyons les seuls à défendre notre peuple et ses lieux saints au Kosovo et en Métochie. Le plus important est que nous ne soyons pas pusillanimes, que nous ne rendions pas à l’avance. En fin de compte, c’est le Seigneur Dieu qui est le maître de l’histoire. Soyons fidèles à Dieu et à l’Église, à saint Sava, au saint tsar Lazare, et Dieu ne nous oubliera pas, ni nous, ni notre Kosovo, ni notre Métochie !

– Le récent octroi du tomos d’autocéphalie à l’Église orthodoxe nouvellement constituée en Ukraine, signé par le patriarche œcuménique Bartholomée, est une grande épreuve pour le monde orthodoxe. L’Église orthodoxe serbe, à nombre de reprises, a déclaré que les décisions prises [par Constantinople] au sujet « de la question ukrainienne » constituent une violation de l’ordre canonique. À quel point le danger est-il réel que la question des structures ecclésiales non-canoniques et non-reconnues, avant tout en Macédoine, et peut-être au Monténégro, soient résolues de la même façon  et quelle est la position de l’Église orthodoxe de Serbie à l’égard de ces structures dans les deux États voisins ?

– Vous avez justement remarqué que notre Église a réagi en temps utile et a mentionné la violation des saints canons. Je ressens le devoir de répéter que nous ne sommes ni contre les Grecs, ni contre les Russes, ni pour les Grecs, ni pour les Russes. L’Église serbe se prononce exclusivement pour le respect des saints canons et de l’ordre séculaire établi par ceux-ci, ce qui signifie simplement que nous sommes pour les uns et pour les autres. Il est également évident que nous sommes pour les Russes et l’Église orthodoxe russe, nos frères et sœurs par le sang, qui nous aident depuis des siècles dans des circonstances difficiles. Mais, de même, nous sommes pour notre Église-mère, le Patriarcat de Constantinople qui nous a donné l’indépendance depuis huit siècles. Depuis lors, comme les autres Églises autocéphales, y compris celle de Constantinople, nous sommes égaux en droits. Le patriarche de notre Église-mère est le premier parmi les égaux. L’Église serbe, et je pense que les autres Églises orthodoxes aussi, n’accepteront pas une sorte de pape orthodoxe. Si elles le faisaient, elles cesseraient d’être orthodoxes. L’Église serbe n’accepte pas, ni n’acceptera la légalisation du schisme en Ukraine comme une situation légale, et elle ne l’acceptera pas sur son territoire canonique dans la mesure où de telles ambitions s’y manifestent. Ce que Constantinople a fait à Kiev, la mère des villes russes, est un acte nul. L’Ukraine a son Église canonique, qui a son primat légal, le métropolite Onuphre. Nous n’en connaissons pas d’autres, ni n’en connaîtrons. On sait au Phanar que l’Église autonome de l’archevêché d’Ohrid se trouve sous l’égide de l’Église orthodoxe serbe et a pour primat l’archevêque Jean. Du point de vue des canons, de la possibilité de salut des fidèles, de l’accomplissement des saints mystères, il n’y a aucun problème pour personne. Que l’on se considère Serbe, Macédonien, Macédonien du nord, Bulgare, Rom, Grec, c’est la même chose. Tous peuvent s’approcher du calice du salut. Aussi, je ne vois pas qu’il existe quelque excuse à l’intrusion sur le territoire canonique de l’Église serbe. Ce serait une sorte de version pseudo-spirituelle de l’opération de l’OTAN « Ange miséricordieux » [c’est le nom opératif que l’OTAN avait donné à ses bombardements de la Serbie, ndt]. Au Monténégro, tout est clair. Il s’agit d’un autre État, ce qui ne constitue pas un problème pour nous. Mais tous les fidèles orthodoxes dans ce pays appartiennent à l’Église orthodoxe serbe et, à l’exception d’un certain nombre de Russes qui développent les affaires au Monténégro et promeuvent ainsi l’État, presque tous sont serbes. Qui aurait quelque chose à demander là-bas ?

– Quelles sont les relations avec les autres Églises chrétiennes, avant tout l’Église catholique-romaine et le Vatican ? À quel point la diplomatie ecclésiastique peut-elle aider à la prise de conscience parmi les États européens de l’importance du Kosovo et de la Métochie pour notre Église et notre peuple ?

– Les relations avec l’Église catholique-romaine se déroulent à différents niveaux. Au niveau des paroisses, des villes et villages, je pense particulièrement à la région de Bačka et du Banat, où nos frères catholiques-romains sont plus nombreux, nous nous efforçons que rien ne leur fasse défaut dans la vie ecclésiastique et aussi sociale. Qu’ils n’éprouvent aucune gêne en quoi que ce soit, qu’ils perçoivent la Serbie comme leur propre pays. C’est la position de nos évêques dans ces diocèses, de nos prêtres, et telle est la position de notre État. Nous nous efforçons de corriger ce en quoi, dans ce domaine, nous n’avons pas réussi, et en quoi nos concitoyens catholiques-romains ne se sentent pas à l’aise. Personnellement, je serais très heureux si la direction de l’Église catholique-romaine en Croatie et en Bosnie-Herzégovine avait une telle attitude. Il y a des signes encourageants en Croatie, où il y a de nouveaux courants, et la situation s’améliore. Nos gens se découragent parfois, alors que différentes agitations pro-oustachies, la falsification de l’histoire, notamment des souffrances à Jasenovac et autres, ont lieu sur les espaces de l’Église catholique-romaine à Zagreb et d’autres endroits. Mais notre Église en République de Croatie, ses jeunes évêques et prêtres, prie pour le bien et œuvre pour le bien de tous et que tout s’améliore pour tous. Je prie Dieu pour que leurs prières et leur œuvre, de même que les prières des frères catholiques-romains, apportent le bien à tous dans cet État. Les relations de l’Église orthodoxe serbe avec le Vatican et le Saint-Siège ont été renforcées par le dialogue qui se déroule à nombre de niveaux : par les rencontres, les discussions et l’échanges d’opinion des organismes synodaux avec les secrétaires d’État et les officiels du Vatican, par la participation des représentants de l’Église serbe dans la commission mixte pour le dialogue entre les deux Églises : au niveau académique par la coopération de la Faculté de théologie avec l’université du Latran, par la recherche scientifique et la coopération de la bibliothèque patriarcale avec les archives du Vatican. En général, il y a des choses sur lesquelles nous sommes d’accord, mais il y en a d’autres pour lesquelles ce n’est pas le cas. Personnellement, j’estime beaucoup la décision du pape François de rejeter l’uniatisme, et particulièrement son approche de la question du rôle du cardinal Stepinac, ce en quoi je lui suis personnellement reconnaissant. Nous devons apprécier aussi la position du Vatican, qui n’a pas reconnu le pseudo-État du Kosovo.

– Comment voyez-vous la place et le rôle de l’Église orthodoxe serbe dans la société serbe actuelle ? Où a-t-elle apporté une contribution significative à la société et où pourrait-elle renforcer son rôle ?

– À une telle question importante et complexe, la réponse pourrait être élargie à toute notre discussion d’aujourd’hui. Aussi, je m’efforcerai de répondre par quelques brefs exemples, comment, du point de vue du patriarche serbe, doit être la place de l’Église dans la société. C’est avec cette idée que j’ai commencé la discussion de ce jour avec vous, en disant que « Politika » avec ses collaborateurs baptisés  est une partie de l’héritage spirituel et culturel de saint Sava, ce qui signifie une partie de l’Église. Ou bien, il y a un certain temps, un journaliste de Zagreb, catholique-romain, sincère et je dirais un homme honnête, m’a demandé : « pourquoi dans les institutions et entreprises procède-t-on à la cérémonie de la ‘slava’ (fête patronale de la famille ou d’une institution, ndt), n’est-ce pas un abus ? ». Je lui ai répondu que l’homme constitue une seule personne et qu’il n’est pas seulement chrétien à l’église et à la maison, l’après-midi, mais il est un chrétien qui vit et agit ainsi toujours et partout. Et les Serbes, même lorsqu’ils n’apprenaient pas le catéchisme, ont célébré leur ‘slava’ et ont ainsi implanté l’essence de la foi dans leur cœur, à savoir que le Christ est toujours entre nous et avec nous. C’est ainsi qu’ils célèbrent leur saint protecteur, tant à la maison, que dans l’entreprise, l’armée, l’école. Aussi, le Christ est toujours avec nous, avec les Serbes orthodoxes. C’est pourquoi nous avons survécu, parce que le Christ est avec nous et nous avec Lui. Ou encore, nous sommes habitués à ce que l’on dise dans les médias : l’Église orthodoxe serbe et ses fidèles, en pensant que l’Église est les évêques, les moines et les prêtres, tandis que les fidèles sont quelque chose d’autre. Non, nous sommes tous l’Église orthodoxe. Les évêques, les prêtres, le peuple, nous sommes tous l’Église. Et lorsque nous mentionnons, comme aujourd’hui, que les intérêts personnels ou ceux de groupes minoritaires ne doivent pas être placés avant les intérêts de l’État ou du Kosovo et de la Métochie, nous nous adressons à nos enfants fidèles. De même que, lorsque nous demandons aux responsables d’empêcher l’empoisonnement du peuple par les saletés et la pornographie dans les médias, nous le disons aux enfants de notre Église et nous pensons qu’ils doivent s’en préoccuper en tant que personnes responsables, chrétiens et parents. Et autres choses semblables… Cela signifie que nous sommes l’Église du Christ, nous qui prions aujourd’hui, tavaillons, aimons, éduquons, sauvons, ensemble avec nos ancêtres, depuis saint Sava le Némanide, et même avant lui. Et nous sommes toujours une partie de l’Église, non pas seulement dans l’édifice cultuel, mais au travail, dans la rue, l’école, même au café, il faut que nous agissions toujours comme des chrétiens, de fidèles enfants de saint Sava. En ce nom, je souhaite à tous une bonne fête, en souhaitant qu’en cette année jubilaire, nous soyons tous instruits par l’œuvre du premier archevêque serbe.

Source (dont photographie) : Politika

Source: Orthodoxie.com

Le président Poutine s’est rendu à la cathédrale Saint-Sava de Belgrade

Le président Poutine s’est rendu à la cathédrale Saint-Sava de Belgrade
Le président Poutine s’est rendu à la cathédrale Saint-Sava de Belgrade

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En visite officielle à Belgrade le 17 janvier, le président Poutine s’est rendu à la cathédrale Saint-Sava avec le président serbe Vučić. Accueilli à la cathédrale par le patriarche de Serbie Irénée et l’évêque-vicaire Stefan de Remezja, en présence des membres du Saint-Synode, le président russe a d’abord visité la crypte, où les travaux sont achevés. Les deux présidents ont vénéré l’icône du Christ et allumé un cierge. Ils sont ensuite montés au rez-de-chaussée, où les mosaïques continuent à être installées. Celles-ci sont réalisées sous la direction de l’académicien et iconographe russe Nikolaï Moukhine, qui a exposé les travaux en cours aux deux présidents, qui ont assemblé quelques carrés sur la mosaïque du Christ. Selon les estimations de la police, 120’000 personnes étaient massées à l’extérieur de la cathédrale pour accueillir le président russe. On peut visionner ci-dessous la visite des deux présidents.

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Source: Orthodoxie.com

Liturgie de la Nativité à Belgrade (vidéo)

Liturgie de la Nativité à Belgrade

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  La Liturgie de la Nativité a été célébrée dans la crypte de la cathédrale Saint-Sava à Belgrade par le patriarche de Serbie Irénée. Étaient présents S.A.R. Alexandre Karageorgévitch, prince héritier de Serbie, son épouse la princesse Katarina, le premier vice-président du gouvernement et ministre des affaires étrangères Ivica Dačić, le directeur du bureau pour la coopération avec les Églises et les communautés religieuses Marko Nikolić, le nonce apostolique Luciano Suriani, l’archevêque catholique-romain de Belgrade Stanislav Hočevar, les représentants des Églises traditionnelles et des communautés religieuses, ainsi que des membres du corps diplomatique.

Source: Orthodoxie.com