funérailles de Louisette Texier

MÉMOIRE ÉTERNELLE !

+ LOUISETTE Hovanessian épouse TEXIER née le 15.12.1913 à Geirie (Turquie) orthodoxe décédée à La Romieu (Gers) le 20.07.2021 à 108 ans. Sur sa demande Funérailles célébrées en la Basilique St Gény de Lectoure par l’Archimandrite ANTOINE, le Père GUILHÈM et le Père ALAIN, Recteur de la Paroisse Sts Martial et Eutrope de Bordeaux.

Visite de jeunes pèlerins de l’école privée Notre-Dame d’Aurenque

Père Rostislav Cheniloff

Chers frères, nous avons maintes fois parlé de l’importance de la fréquentation des offices de l’Église. Toutefois, les gens continuent de plus en plus de perdre le contact avec l’Église, de perdre le contact avec Dieu. Ils succombent de plus en plus aux tentations qui ont été semées dans le monde par Satan.
 
Ce n’est pas là un phénomène nouveau. Tout au long de l’existence de l’homme sur terre, les gens se sont éloignés de Dieu et de Ses commandements. Avant le déluge, les hommes s’éloignèrent tellement de Dieu que toute existence sur terre subit un changement draconien et une nouvelle vie commença. Pour reprendre les paroles de l’académicien russe Chipunov, ce fut la première correction cosmique. Nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé dans le monde antédiluvien, cela nous a été caché, bien que des vestiges divers épars dans le monde nous permettent de supposer que l’humanité originelle nous dépassait à la fois dans le progrès technologique et dans l’évolution correspondante d’orgueil et d’auto-glorification. Cependant, le monde a été averti que la correction suivante sera faite par le feu.
Après le déluge, l’humanité vivait dans la crainte de Dieu, mais la corruption du monde antédiluvien a été transmise par l’homme dans la vie nouvelle (comme nous le voyons dans l’histoire du troisième fils de Noé Le Juste, Cham), et le monde une fois de plus s’est trouvé dans une impasse. Cela a conduit à la venue du Sauveur sur la terre (la seconde correction cosmique ), car à cette époque il y avait encore assez de gens sur terre qui étaient fidèles à Dieu, pour sauver le monde de la perdition.
 
Deux mille ans ont passé depuis… et où nous trouvons-nous actuellement? Au bord de la destruction globale! (Ce sera la troisième et dernière correction cosmique). Et que faisons-nous, chrétiens orthodoxes, pour prévenir ou ralentir cette destruction? Il semble que nous faisons très peu de choses. Nous nous écartons de plus en plus de Dieu, il devient de plus en plus difficile pour nous de prier. Les peuples orthodoxes succombent constamment aux tentations de Satan, à ses ruses diaboliques. Ces tentations nous sont offertes de tous côtés: télévision, jeux vidéo, événements sportifs, films, danses modernes…
Et que retirons-nous de ces tentations? Peut-être que quelqu’un dira: le plaisir, le divertissement, l’activité, un lieu pour épuiser notre énergie. Mais nous devons examiner attentivement ce qui se cache réellement derrière ces activités. Par la télévision et les films nous sommes soumis à toutes sortes de péchés. Il y a la dépravation, l’adultère, le langage grossier, la violence, les abus. Nos esprits sont bombardés de toutes sortes d’immondices. Y a-t-il même un seul lieu où nous est rappelé le salut de nos âmes, la prière, les sacrements de la confession et la Communion? Bien sûr il y a des prédicateurs de télévision, mais ils sont tous de faux prédicateurs. Beaucoup d’entre eux sont impliqués dans un péché mortel eux-mêmes. Ces prédicateurs TV encouragent l’oisiveté chez les gens, et de ce fait, les éloignent de l’Église.
 
Les activités sportives serait belles en soi, dans la mesure où elles favorisent la forme physique. Mais hélas, dans la vie d’aujourd’hui, le sport est devenu une des premières manières d’éloigner l’homme de Dieu. La majorité des jeux de ballon ont lieu à un moment où nous devrions être à l’église. Et donc il faut choisir: allons-nous aller à l’Église ou allons-nous assister à des événements sportifs? Malheureusement, la plupart des gens choisissent d’aller à un match ou vers d’autres divertissements. Là, ils se retrouvent courant, criant, jurant en proie à des passions jalouses… Mais il n’y a là rien de nouveau non plus. Déjà au quatrième siècle, saint Jean Chrysostome, dans une de ses homélies enflammées, tança ses paroissiens qui préféraient, au lieu de l’Église, se rendre à divers spectacles publics, où ils étaient immergés dans ces choses familières, passions jalouses, criant, jurant. Lors de ces événements sportifs, tout comme à la télévision, rien n’est dit sur la prière, les sacrements, ou le salut de son âme.
 
Et si nous devions choisir de venir à l’Église pour l’office du soir, qu’y trouverions-nous ? Tranquillité de l’âme, enseignement sur l’amour les uns pour les autres, compassion pour la douleur des autres, communion avec Dieu, avec la Mère de Dieu, avec les saints…
Certains objecteront: mais la télévision nous donne du plaisir, et le sport fournit divertissement et vivacité. C’est un mensonge! Quel plaisir peut-il y avoir dans la violence, dans les cris, dans les os brisés? Si quelqu’un dit que l’office du soir est ennuyeux, une telle personne n’a jamais assisté à l’office attentivement, n’y a jamais participé dans la prière. Comment pouvons-nous trouver la communion avec la Mère de Dieu, avec les saints, avec le Seigneur Lui-même – ennuyeux?! Les gens qui pensent vraiment ainsi, ne veulent très probablement pas aller au Ciel, parce que dans le paradis les anges, de concert avec les armées des saints, adorent et chantent de façon continue la gloire de Dieu.
 
Tous les parents sont préoccupés par le bien-être de leurs enfants. Les mères se soucient de leur santé, les pères se soucient de leur éducation, de leur croissance en êtres humains honnêtes, afin qu’ils soient en mesure de gagner leur vie. Mais que faisons-nous pour la santé, la prospérité et l’éducation de leurs âmes? Que faisons-nous pour veiller à ce qu’ils grandissent en citoyens du Royaume Céleste? Quand nous étions jeunes, on nous a enseigné les lois de l’arithmétique et de différentes disciplines. Maintenant, nous essayons d’enseigner à nos enfants les mêmes choses. Mais nous devons aussi leur enseigner ce qui est encore plus important: la loi de Dieu, la discipline de vie qui sont contenues dans les Béatitudes. Et pour que nos enfants s’habituent à Dieu et à l’Église, nous devrions nous-mêmes venir à l’église pour tous les offices, et enseigner nos enfants par notre propre exemple.
Chacun d’entre nous, chrétien orthodoxe, a été baptisé, soit durant l’enfance soit en venant à la vraie foi dans l’âge adulte. Au début du sacrement du Baptême, nous, ou nos parrains et marraines pour nous, ont demandé par trois fois: renonces-tu à Satan, et à tous ses anges, et à tous ses actes, et t’unis-tu au Christ? A ces questions nous avons eu à répondre par l’affirmative, sans quoi nous ne pourrions pas avoir été baptisés. Alors, où en sommes-nous, chers frères? Pourquoi nous détournons-nous du Christ, et pourquoi sommes-nous tombés sous l’influence de Satan et de ses anges, et de ses actes? Chers frères! Pendant qu’il n’est pas encore trop tard, alors que nous avons encore accès à l’Église et à ses offices divins, alors que nous n’avons pas encore perdu, par notre indifférence, le trésor que nous possédons, souvenons-nous des promesses faites à notre baptême, renonçons à toutes les tentations de Satan et, par la fréquentation de l’Église, soyons réunis avec le Christ! Amen!
 
Version française Claude Lopez-Ginisty  d’après

Dimanche de Pentecôte (2021)

Tropaire t, 8

Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, toi qui fis descendre sur tes Apôtres le Saint-Esprit, transformant par ta sagesse de simples pêcheurs en pêcheurs d’hommes, dont les filets prendront le monde entier. Seigneur, ami des hommes, gloire à toi.

Kondakion t, 8

Ayant confondu les langues de l’univers, le Seigneur du haut des cieux dispersa les nations ; mais en partageant les langues de feu, il invite tous les hommes à l’unité et tous ensemble nous glorifions le très-saint Esprit.

Évangile 

Saint Jean
(7, 37-52 ; 8, 12)

Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus, debout, s’écria : ” Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! ” selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui ; car il n’y avait pas encore d’Esprit, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Dans la foule, plusieurs, qui avaient entendu ces paroles, disaient : ” C’est vraiment lui le prophète ! ” D’autres disaient : ” C’est le Christ ! ” Mais d’autres disaient : ” Est-ce de la Galilée que le Christ doit venir ? L’Écriture n’a-t-elle pas dit que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David, que doit venir le Christ ? ” Une scission se produisit donc dans la foule, à cause de lui. Certains d’entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta la main sur lui. Les gardes revinrent donc trouver les grands prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent : ” Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? ” Les gardes répondirent : ” Jamais homme n’a parlé comme cela ! ” Les Pharisiens répliquèrent : ” Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? Est-il un des notables qui ait cru en lui ? ou un des Pharisiens ? Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! ” Nicodème, l’un d’entre eux,  celui qui était venu trouver Jésus précédemment, leur dit : ” Notre Loi juge-t-elle un homme sans d’abord l’entendre et savoir ce qu’il fait ! ” Ils lui répondirent : ” Es-tu de la Galilée, toi aussi ? Étudie ! Tu verras que ce n’est pas de la Galilée que surgit le prophète. ” Jésus leur adressa encore la parole. Il dit : « Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. »

Mégalynaire

Lorsqu’ils assistèrent à la descente du Paraclet, les Apôtres virent avec étonnement comme sous la forme de langues de feu est apparu le Saint Esprit.

Réjouis-toi, ô Reine, glorieuse Vierge Mère. Quel rhéteur assez riche d’éloquence trouverait élégamment un éloge digne de toi ? Car tout esprit chancelle devant le mystère de ton enfantement divin ; aussi nous unissons nos voix pour te glorifier.

La Pentecôte était d’abord, comme Pâques, une fête juive. À l’origine, c’était la fête de la moisson des prémices (Exodes 23, 16). Plus tard, sous l’influence des Pharisiens, le caractère de cette fête se spiritualisa : elle devint la commémoration du don de la loi fait par Dieu à Moïse. La Pentecôte chrétienne prolonge ces deux lignes d’origine : les conversions et les miracles de la première Pentecôte chrétienne étaient les prémices de la religion de Jésus ; la venue de l’Esprit dans le cœur des disciples y   inscrivait une Loi nouvelle. Nous savons par Tertullien que, le IIIe siècle, les chrétiens célébraient leur propre fête de Pentecôte. D’après les soi-disant Constitutions apostoliques, la célébration de la Pentecôte, au IVe siècle, durait une semaine. On conférait le baptême aux catéchumènes la veille du dimanche de Pentecôte, comme on le faisait le samedi-saint. Pâques et la Pentecôte – la Pâque de l’Esprit – étaient mises sur pied d’égalité.

Dimanche des Saints Pères (Nérac)

Le soir du Jeudi-Saint, Jésus quitta le cénacle pour se rendre au jardin des oliviers. À un moment donné, il s’arrêta sur le chemin, et, levant les yeux au ciel, il pria son Père. C’est ce qu’on appelle la prière sacerdotale de Jésus, dont on vient de nous lire le début dans l’évangile de ce jour.
Jésus voit déjà plus loin que les souffrances de sa passion qui va commencer dans quelques instants avec son agonie au jardin des oliviers. Il voit déjà la gloire qui sera la sienne, sa résurrection et son ascension auprès du Père. Cette glorification à venir, Jésus la demande, à son Père, comme s’il disait ceci : puisque j’ai accompli sur la terre l’œuvre pour laquelle tu m’as envoyé, il faut maintenant que je sois récompensé, par la glorification de cette nature humaine que j’ai prise en descendant dans le monde des hommes. Jésus demande la gloire du ciel pour son humanité à lui, mais aussi pour toute l’humanité, pour nous tous.
 
Ainsi Jésus aura accompli sa mission. Il pourra donner la vie éternelle à tous les hommes, qui ne le rejetteront pas. Maintenant Jésus-Christ est dans le ciel, comme dans l’eucharistie, et il nous communique la vie éternelle.
Or la vie éternelle c’est d’abord de connaître le vrai Dieu et de l’aimer. Le vrai Dieu, c’est-à-dire la Sainte Trinité, une seule divinité, une seule vie, un seul amour, mais en trois personnes. Dans l’éternité, nous verrons le vrai Dieu, face à face, et cela nous rendra parfaitement heureux. Mais ici-bas tout commence par la foi, croire en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. La vie éternelle commence déjà pour nous par la connaissance du vrai Dieu, mais ici-bas, c’est dans l’obscurité de la foi, plus tard ce sera dans la clarté de la lumière éternelle. Pensons-nous à louer et à remercier Dieu pour le don de la foi et de la vie éternelle ?
Jésus dit qu’il ne prie pas pour le monde. Pourtant Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique et Jésus va mourir sur la croix pour tous les hommes. Jésus ici ne veut pas dire qu’il refuse de prier pour le monde, mais en fait il entend d’une manière spéciale prier pour ses apôtres et pour tous ceux qui croiront en lui. Jésus sait que sous peu il ne sera plus dans le monde, il sera dans la gloire du ciel, mais ses apôtres vont rester dans ce monde pour continuer sa mission.
Ils auront besoin pour continuer cette mission et pour être des témoins, de la force de l’Esprit Saint. Après sa résurrection, Jésus à plusieurs reprises annoncera la venue de l’Esprit et enjoindra à ses disciples de l’attendre à Jérusalem. Après l’ascension, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, les apôtres vont passer des jours à prier pour la venue de l’Esprit Saint, avec Marie, qui nous apparaît ici comme la Mère de l’Église. Ils vont prier pendant neuf jours. C’est la première neuvaine de l’histoire, la neuvaine du Saint-Esprit. Nous sommes maintenant dans cette neuvaine. À vêpres l’Église chante l’hymne du Veni Creator, pour implorer à nouveau la venue du Saint-Esprit à la pentecôte, pour que de nos jours aussi nous soyons de vrais témoins du Christ et que l’Église puisse rayonner dans le monde. Durant cette neuvaine, il faut prier avec la Sainte Vierge, Mère de l’Église, en disant le chapelet, afin qu’elle nous obtienne en abondance les dons du Saint-Esprit.
 
C’est aussi tout particulièrement le temps de la louange, car saint Luc nous dit qu’après l’ascension, les apôtres ne cessaient de louer Dieu et à la pentecôte, sous la douce motion de l’Esprit reçu, ils vont proclamer dans toutes les langues les merveilles de Dieu. La louange est une forme de prière très puissante, car elle nous remplit de joie et de lumière et dans la louange, le Seigneur répand sur nous, sur ceux que nous aimons et sur le monde entier, toutes sortes de bénédictions. Louez beaucoup le Seigneur et vous serez surpris de voir comment votre vie se transformera.
Oui, viens, Esprit Saint, visite le cœur de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour.
 
Gloire à toi, o Dieu, pour toutes les merveilles que tu as accomplies en notre faveur.
L’Ascension en Yougoslavie

Ascension de Notre Seigneur (2021)

Nous célébrons aujourd’hui le mystère de l’ascension. En tant que mystère, on le célèbre chaque année sans jamais finir de le comprendre. C’est même pour cela qu’il mérite le nom de mystère. L’évangéliste Luc lui-même ne décrit pas ce mystère avec les mêmes précisions. Dans la première lecture il nous présente des disciples qui certainement frappés d’étonnement devant l’événement restaient les yeux fixés au Ciel. Alors que dans l’Evangile, le même Luc, en racontant l’évènement, met cette fois-ci l’accent sur la joie qui déborde du cœur des disciples pendant que le maître monte au ciel. Que dirions-nous, Luc se contredit-il ? Certainement pas. En réalité, les mots sont toujours limités quant il faut parler de sa propre personne et plus encore quand il faut parler de l’Homme-Dieu. Le souci de Luc, il me semble, est de mettre l’accent sur deux attitudes qui caractérisent les disciples face à ce mystère : l’étonnement et la Joie.

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Dimanche des Myrophores

Atelier Micha Greschny
(l’épouse du célèbre iconographe du Tarn était présente à la consécration de l’église de Dénat et lors du banquet à la table de notre bien-aimé évêque LUKA)

Ce troisième dimanche de Pâques, nous célébrons la Fête des Saintes Femmes Myrophores ; nous faisons aussi mémoire de Joseph d’Arimathie, secret disciple du Seigneur ; et nous y ajoutons le souvenir de Nicodème, qui venait de nuit pour écouter Jésus. Les Saintes Femmes Myrophores offraient la myrrhe au Christ défunt : à leur mémoire j’offre encore une hymne en guise de parfum.

L’icône rapportée de Jérusalem et offerte par le Monastère de St Sabbas
Le Père Abbé Antoine entouré des deux frères Gilbert et Yves Mas, les premiers fidèles avec leur pieuse mère Denise, de St Genest, proche de Dénat, il y a plus de 45 ans

Ces femmes furent, les premières, témoins de la Résurrection, des témoins véridiques; Joseph et Nicodème furent témoins de l’ensevelissement : tout cela est très important et résume parfaitement le dogme chrétien. Nicodème fut exclu de la synagogue pour n’avoir pas voulu prendre le parti des Juifs. Joseph, après avoir enseveli le Corps du Seigneur, fut jeté par les Juifs dans une fosse, mais il en fut tiré par divine puissance et s’en fut dans son pays d’origine, Arimathie : alors qu’il s’y trouvait, le Christ lui apparut et confirma pour lui le Mystère de la Résurrection.

Malgré tout ce qu’il souffrit de la part des Juifs, il ne put passer ce mystère sous silence, mais hardiment il fit connaître à tous ce qui s’était passé. On dit aussi que Nicodème fut le premier de tous à donner par écrit des détails sur la Passion du Christ et sur Sa Résurrection, parce qu’il était de la synagogue et qu’il connaissait très exactement absolument tout des décisions prises par les Juifs et de leurs paroles. Et, comme nous l’avons dit, pour cette raison qu’ils furent les témoins véridiques de l’ensevelissement, ils ont pris place avec les Femmes qui ont vu la Résurrection. Après la première confirmation apportée par Thomas, voici donc la seconde, qui arriva, dit-on, huit jours après.

Certes, ce sont les femmes qui, les premières, ont vu la Résurrection et l’ont annoncée aux Disciples. Il fallait en effet que le sexe féminin, le premier qui succomba au péché et reçut comme héritage la malédiction, vit aussi le premier la Résurrection et le premier reçût l’annonce de la joie, lui qui s’était entendu dire : «Tu enfanteras dans les douleurs.» On les appelle Myrophores pour la raison suivante : comme c’était la fête de Pâques, le sabbat auquel préparait ce vendredi était un grand jour; aussi Joseph et Nicodème se hâtèrent d’ensevelir le corps du Seigneur.

Lecture de l’épitre

Selon la coutume juive, ils L’enduisirent d’aromates, mais pas exactement comme il fallait. Ils répandirent principalement de la myrrhe et de l’aloès, L’enveloppèrent d’un linceul et Le déposèrent dans le sépulcre. Pour cela les femmes, en raison de l’amour ardent qu’elles nourrissaient comme Ses disciples envers le Christ, achetèrent du parfum de grand prix, se rendirent de nuit, ensemble, par peur des juifs, mais aussi parce que c’était l’usage, pour les femmes, d’aller ensemble, très tôt, pour Le pleurer et L’embaumer, pour achever ce qui par manque de temps n’avait pu être accompli. Lorsqu’elles furent arrivées, elles eurent différentes visions : elles virent les deux Anges resplendissants à l’intérieur du tombeau, un autre assis sur la pierre; après quoi elles virent le Christ et se prosternèrent devant Lui. Quant à Madeleine, elle l’interrogea comme si c’était le jardinier.

Proclamation du Saint Évangile

Il y eut de nombreuses Myrophores, mais les Évangélistes, ne faisant mention que des plus importantes, ont passé les autres sous silence. Les voici donc. La première de toutes est Marie Madeleine, dont le Christ avait chassé sept démons. Après l’Ascension du Christ, elle s’en fut à Rome, à ce qu’on dit, et livra Pilate et les grands prêtres à une nouvelle mort en rapportant à l’empereur Tibère les faits concernant le Christ. Plus tard, elle mourut à Éphèse et fut ensevelie près de Jean le Théologien. Sous Léon le Sage, son corps fut transféré à Constantinople.

TROISIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

ou Dimanche des Myrophores

Lecture de l’Évangile selon saint Marc

(15, 43- 16, 8)

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En ce temps-là, Joseph d’Arimathie, membre notable du Conseil, qui attendait lui aussi le royaume de Dieu, s’en vint hardiment trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Pilate s’étonna qu’il fût déjà mort : il fit appeler le centurion et lui demanda si Jésus était bien mort. Informé par le centurion, il octroya le corps à Joseph. Celui-ci acheta un linceul, descendit Jésus de la croix, l’enveloppa du linceul et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc ; puis il roula une pierre à l’entrée du tombeau. Or Marie Madeleine et Marie, mère de Joseph, regardaient où il était déposé. Lorsque fut passé le sabbat, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles allèrent au sépulcre, au lever du soleil. Elles se disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? Levant les yeux, elles virent qu’on avait roulé la pierre : or elle était fort grande. Elles entrèrent dans le sépulcre et virent un jeune homme, assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent effrayées. Mais il leur dit : Ne craignez point ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié: il est ressuscité, il n’est plus ici ; voici le lieu où on l’avait déposé. Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. Sortant du sépulcre, elles s’enfuirent, toutes tremblantes de frayeur, et ne dirent rien à personne, car elles étaient saisies d’effroi.

Les porteuses de parfum, * venues de bon matin * au sépulcre de la Source de vie, * trouvèrent un Ange assis * sur la pierre du tombeau, * et cet Ange leur parla ainsi : * Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui vit, * pourquoi pleurez-vous sur la tombe du Seigneur immortel ? * Allez informer ses Disciples de la Résurrection.

Le proto-prêtre ANGELO et doyen du Clergé, recteur de la Paroisse, concélébra malgré une santé très précaire

Venez, femmes annonciatrices de ce que vous avez perçu, * et dites à Sion : * Reçois de nous la joyeuse nouvelle * de la Résurrection du Christ ; * exulte de joie, * Jérusalem, danse d’allégresse, * voyant le Christ ton Roi * sortir du tombeau, comme de la chambre un époux.

Sainte Communion
Bénédiction finale car CHRIST est RESSUSCITÉ !

Dimanche de Thomas en l’église Sainte Foy de Nérac

Lecture des actes des Apôtres
(Ac V,12-20)

En ces temps-là, beaucoup de miracles et de prodiges s’accomplissaient au milieu du peuple par la main des apôtres, et ils se tenaient tous ensemble sous le portique de Salomon, personne n’osait se joindre à eux, mais le peuple faisait leur éloge à haute voix, et la multitude d’hommes et de femmes qui croyait au Seigneur augmentait de plus en plus. On allait jusqu’à sortir les malades dans les rues, en les mettant sur des lits ou sur des civières, afin qu’au passage de Pierre son ombre touche l’un d’eux. La foule accourait aussi des cités voisines de Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs ; et tous étaient guéris. Alors intervint le grand prêtre, et tout son entourage, à savoir le parti des Sadducéens. Pleins de fureur, ils firent arrêter les apôtres et les jetèrent en prison. Mais, pendant la nuit, un ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, les fit sortir et leur dit : « Allez, tenez-vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes les paroles de vie ».

Lecture de l’Évangile selon Saint Jean
(Jn XX,19-31)

Le soir de ce même jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où étaient rassemblés les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit : « La Paix soit avec vous ! » Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. À la vue du Seigneur, les disciples se réjouirent. Jésus leur dit de nouveau : « La Paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie. » Ayant dit cela, Il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur. » Il leur dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Huit jours plus tard, les disciples étaient de nouveau dans la maison et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées , se présenta au milieu d’eux, et dit : « La Paix soit avec vous ! » Puis Il dit à Thomas : « Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu ! » Jésus fit devant ses disciples beaucoup d’autres miracles qui ne figurent pas dans ce livre. Ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.