Saint Sava 1er, unificateur et illuminateur de la Serbie (+ 1237)

Publié par Jean-Michel à 1/12/2009 05:45:00 AM
sur le blog : https://stmaterne.blogspot.com/
Note : Il est le premier nouvel archevêque Orthodoxe pour la Serbie après le Schisme des Occidentaux, schisme ayant suivi la terrible hérésie qui profana toute cette partie du monde, l’arrachant à l’Église du Christ. Car les Balkans étant déjà évangélisés depuis des siècles, ils nous ont donné saint Jérôme et tant d’autres grands saints Orthodoxes.
Icône début 13ème siècle

Saint Sava 1er de Serbie

http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100156

Saint Sava, premier archevêque de Serbie, né Rostislav (Rastko), était le fils du roi serbe Étienne (Stéphane) Nemanja et d’Anne, fille de l’empereur Romanus de Constantinople. Dès ses plus jeunes années, il participa avec ferveur aux Offices à l’église, et avait un amour particulier pour les icônes
À l’âge de 17 ans, Rostislav rencontra un moine du Mont Athos, quitta secrètement la maison paternelle et partit pour le monastère Saint-Panteleimon. Par divine Providence, en 1169, année de la naissance du saint, l’ancien monastère du grand martyr et médecin Panteleimon avait été donné aux moines Russes.
Sachant que son fils était sur l’Athos, son père mobilisa ses domestiques, dirigés par un fidèle voïvode, et écrivit un courrier au gouverneur dont dépendait le district de l’Athos, disant que si son fils ne lui était pas rendu, il y aurait une guerre contre les Grecs. Lorsqu’ils arrivèrent au monastère, le voïvode avait eu l’ordre de ne pas quitter Rostislav des yeux. Durant les offices du soir, alors que les soldats s’étaient endormis sous l’influence du vin, Rostislav reçut la tonsure monastique (en 1186), et renvoya à ses parents ses vêtements civils, ses cheveux et une lettre. Saint Sava chercha à persuader ses puissants parents d’accepter le monachisme. Le père du moine (Siméon, dans le monachisme, commémoré le 13 février) et son frère menèrent la vie d’ascètes au monastère Vatopedi. Sur l’Athos, ils fondèrent le monastère Serbe d’Hilandar, et ce monastère reçut son nom par permission impériale. Au monastère d’Hilandar, saint Sava fut ordonné au diaconat, puis prêtre. Sa mère Anne devint moniale sous le nom d’Anastasie (21 juin).
Du fait de sa sainte vie et de ses pieuses actions sur le Mont Athos, le moine fut fait archimandrite à Thessalonique. À Nicée, en 1219, en la Fête de la Dormition de la très sainte Mère de Dieu, l’évêque et patriarche de Constantinople, Germain, consacra l’archimandrite Sava comme archevêque de Serbie. Le saint adressa une requête à l’empereur de Constantinople pour qu’il autorise à l’avenir les évêques Serbes à élire eux-mêmes leur propre archevêque. Ceci était un point particulièrement important en cette époque de guerres fréquentes entre les puissances orientales et occidentales.
Étant revenu de Nicée à la sainte Montagne de l’Athos, le saint y visita une dernière fois tous les monastères. Il se prosterna dans toutes les églises, et, se souvenant de toutes les bienheureuses vies des pères du désert, il fit ses adieux à tous les ascètes, avec beaucoup de regrets, “quittant la sainte Montagne comme s’il quittait le Paradis.
Attristé de sa séparation d’avec la sainte Montagne, le saint prit le chemin du départ en traînant. La très sainte Mère de Dieu lui parla dans un songe : “ayant mon patronage, pourquoi es-tu encore attristé ?” Ces paroles le tirèrent de son abattement, changeant sa tristesse en joie. En souvenir de cette apparition, le saint commanda de grandes icônes du Sauveur et de la Mère de Dieu à Thessalonique, et les plaça dans une église.
En Serbie, l’activité du hiérarque pour l’organisation du travail de son Église natale s’accompagna de nombreux signes et miracles. Durant la Liturgie et la Vigile de toute la nuit, lorsque le saint vint encenser la tombe de son père, devenu le moine Siméon, les saintes reliques exhalèrent un parfum de myrrhe.
Étant chargé des négociations avec le roi Vladislav de Hongrie, qui avait déclaré la guerre à la Serbie, le saint évêque n’apporta pas seulement la paix désirée à son pays, mais il amena aussi le monarque Hongrois à l’Orthodoxie. C’est ainsi qu’il facilita le début de l’existence historique de l’Église autonome de Serbie ; saint Sava contribua aussi à renforcer l’État serbe. Afin d’assurer l’indépendance de l’État serbe, l’archevêque Sava couronna son puissant frère Étienne (Stéphane) comme roi. À la mort de ce dernier, son fils aîné, Radislav, fut couronné roi, et saint Sava partit pour la Terre Sainte “afin de vénérer le saint tombeau du Christ et le terrible Golgotha.”
À son retour dans son pays natal, le saint bénit Vladislav et le couronna roi. Pour renforcer plus encore le trône de Serbie, il le maria à la fille du prince Asan de Bulgarie. Le saint hiérarque visita les églises à travers toute la Serbie, il réforma les règles monastiques sur le modèle de l’Athos et de la Palestine, et établit et consacra nombre d’églises, renforçant les Orthodoxes dans leur Foi. Ayant achevé son travail dans son pays natal, le saint nomma le hiéromoine Arsène pour lui succéder, le consacra évêque, et donna sa bénédiction à tous.
Il partit ensuite pour un voyage sans retour “pour achever ses jours comme un vagabond en terre étrangère.” Il passa par la Palestine, la Syrie, la Perse, Babylone, l’Égypte et l’Anatolie, visitant partout les saints lieux, discutant avec des grands ascètes, et rassemblant des reliques de saints. Puis il acheva ses pérégrinations à Trnovo, en Bulgarie, chez son parent Asan, où dans la joie spirituelle, il rendit son âme au Seigneur (+ 1237).
Lors du transfert des saintes reliques de saint Sava vers la Serbie, en 1237, il y eut tant de guérisons que les Bulgares se plaignirent d’Asan “parce qu’il avait laissé partir un tel trésor.” Dans la patrie du saint, ses vénérables reliques furent placées dans l’église de Mileshevo, accordant la guérison à quiconque les approchait avec foi. Les habitants de Trnovo continuèrent à recevoir des guérisons par les restes du cercueil du saint, qu’Asan avait ordonné de récolter et de placer dans un sarcophage nouvellement construit.
L’héritage de saint Sava est vivant dans les traditions de l’Église Orthodoxe dans les nations Slaves. On l’associe avec l’introduction du Typikon de Jérusalem comme base pour les Règles monastiques slaves. Le monastère serbe d’Hilandar sur le Mont Athos applique encore de nos jours le Typikon de saint Sava. Les éditions du “Gouvernail” de saint Sava (“Pedalion,” une collection de Canons ecclésiaux), avec des commentaires d’Alexis Aristines, sont très largement répandues dans l’Église de Russie. En 1270, la première copie du “Gouvernail” de saint Sava fut envoyée de Bulgarie au métropolite Cyril de Kiev. Sur base de celle-là fut réalisée une des plus anciennes copies russe du “Gouvernail”, c’est le “Gouvernail” de Ryazan, de 1284. Cette copie manuscrite sera la source d’une première copie imprimée, publiée en 1653, et depuis lors bien des fois réimprimée par l’Église de Russie. Tel est le leg de saint Sava au trésor canonique de l’Orthodoxie.

à (re)lire : “Ni Orient, ni Occident,” par saint Sava 1er de Serbie

À Bruxelles, il y a une paroisse qui lui est consacrée, elle est desservie par l’archiprêtre Jakov Markovic
Église Orthodoxe serbe Saint-Sava
rue des Étangs Noirs, 110
1080 Bruxelles (Molenbeek)
mosaïque de la paroisse serbe de Bruxelles
Saint Sava fut le premier archevêque de Serbie, il a vécu au 12ème siècle (1172 – 1235). Ses reliques étaient conservées à la basilique à Belgrade. Afin d’humilier les Serbes, Sinan Pacha, le gouverneur Ottoman, brûla les reliques de saint Sava à Vracar, près de Belgrade, en 1594. Une telle humiliation et tyrannie enflamma la colère et la révolte des Serbes contre la dictature turque. Nombre des révoltes qui suivirent furent réprimées par des bains de sangs. Ce ne sera que lorsque les Russes battront les Turcs musulmans au 17ème siècle que les conditions de vie des Serbes purent être améliorées dans le pays toujours soumis à l’implacable tyrannie turque.”
source

Saint Sava de Serbie
http://orthodoxwiki.org/Sava_of_Serbia

Sava naquit prince Rastko Nemanjic, fils de Stefan Nemanja, le dirigeant de la Serbie et fondateur de l’État serbe médiéval. Son frère, Stefan Prvovencani, fut le premier roi serbe. Rastko Nemanjic est né en 1175 ou 1176.
Au début des années 1190, le jeune Rastko quitta sa maison pour rejoindre la communauté monastique Orthodoxe sur le Mont Athos. Prononçant ses vœux monastiques, il reçut le nom de Sava (forme serbe de Sabas) en l’honneur de saint Sabbas. Au départ, il vécu au monastère russe, mais ensuite rejoignit le monastère grec de Vatopedi. Fin 1197, son père, le grand prince Stefan Nemanja, le rejoint. En 1198, ils partirent ensemble pour le monastère abandonné d’Hilandar, et le restaurèrent ; c’est depuis ce temps-là qu’il est devenu le centre de la vie monastique serbe.
Hilandar
Le père de saint Sava prononça ses vœux monastiques sous le nom de Siméon. Il mourut au monastère d’Hilandar le 13 février 1200. Il a été canonisé sous le nom de saint Siméon.
Après la mort de son père, Sava fut retraite dans une cellule d’ascète à Kareya, cellule qu’il construisit lui-même, en 1199. Il rédigea aussi le Typikon de Kareya et celui d’Hilandar. Le dernier typikon de Kareyea est gravé sur une plaque de marbre dans la cellule d’ascète. Il resta sur l’Athos jusque fin 1207.
Quand Sava rentra dans sa terre natale en 1207, ce fut hélas pour y découvrir le pays tel que son père Siméon le lui avait décrit en songe, dans un état de complète désolation. L’État serbe était divisé en deux. Suite à des négociations secrètes avec la Hongrie et le pape de Rome Innocent III, Vulkan, le plus âgé des trois frères, qui était plein de rancœur parce que son plus jeune frère, Stephen, avait été nommé héritier du trône, fut à même de lever des troupes et de s’emparer de Zeta. Ensuite, il lança une campagne contre Raška, la partie du royaume divisé sous contrôle de Stefan. Cette guerre civile n’était qu’une conséquence minime d’un plus grand conflit initié par l’Occident (dirigé par le vatican) – à savoir, la guerre des Grandes Croisades de l’église papiste. En 1204, les soldats de la 4ème Croisade s’emparèrent de Constantinople et de la plus grande partie du territoire de l’empire, y compris la Sainte Montagne de l’Athos. En 1205, l’Athos fut officiellement placé sous l’autorité et la juridiction d’un évêque catholique-romain. On pense que c’est cet événement précis qui aurait eu la plus grande influence sur la décision de Sava de rentrer en Serbie. Dès lors, le saint rentra dans sa patrie, avec un gros travail à accomplir.
En revenant, Sava emmenait le médicament pour guérir toute la situation : les reliques de son père, le Grand Župan et, Stephen Nemanja – Siméon le myroblite, cofondateur d’Hilandar. En entrant dans le monastère de Studenica, une fondation de saint Siméon, Sava invita ses deux frères à un Office des défunts à la mémoire de leur père. Lorsque le cercueil fut ouvert, devant leurs yeux, ils virent le corps de leur père, totalement incorrompu, exhalant un suave parfum et exsudant de la myrrhe, un corps chaud, comme vivant, comme si leur père n’était qu’endormi. Cet acte de vénération de leur père fut la première étape dans la guérison de la division fraternelle entre Vukan et le grand prince Stefan. Peu après, la guerre civile s’arrêta, et un accord de paix fut signé, restaurant le royaume de Serbie tel qu’il était durant le règne du grand Stefan Nemanja. Lors des discussions avec ses frères réunifiés, Sava dressa aussi des plans pour un programme missionnaire immédiat, systématique et de longue portée, afin de sauver les âmes Orthodoxes du peuple serbe. Le monastère de Studenica, où reposaient les reliques de saint Siméon, se retrouva dès lors sanctuaire national, d’où partiraient toutes les activités. Sava fut nommé archimandrite de Studenica. Saint Sava rédigeale typikon du monastère, ce qui renforça la vie monastique de Studenica.
Archevêque

Saint Sava parvint à persuader le patriarche de Constantinople, qui résidait à Nicée puisque Constantinople sera occupée et pillée par les catholiques-romains jusqu’en 1261, pour établir l’indépendance de l’Église de Serbie en 1219. À la demande du patriarche Manuel, Sava fut choisi pour être élevé au rang d’archevêque. Au départ, Sava refusa avec force cette offre, s’estimant indigne d’une telle position. Il proposa plusieurs moines d’Hilandar, qui étaient présents, pour candidats potentiels. Pour finir, Sava accepta et fut consacré à Nicée lors de la fête de saint Nicolas de Myre, le 6 décembre 1219, devenant le premier archevêque de la nouvelle Église Orthodoxe autocéphale de Serbie. Il avait alors 44 ans.
Voici les paroles exactes traduites du texte grec du patriarche Manuel, le décret élevant Sava comme archevêque, et accordant l’autocéphalie à l’Église de Serbie :

Moi, Manuel, patriarche œcuménique et archevêque de la ville de Constantinople, Nouvelle Rome, au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ, j’ai consacré Sava, archevêque de toutes les terres serbes, et lui ai donné au Nom de Dieu l’autorité pour consacrer évêques, prêtres et diacres dans son pays ; de lier et délier les péchés des hommes, et d’enseigner à tous et de baptiser au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Dès lors, vous tous Chrétiens Orthodoxes, vous lui obéirez comme vous m’avez obéi.”

Après sa consécration, Sava repartit pour la Sainte Montagne afin de dire adieu à Hilandar et de recevoir bénédiction et prières de toute la communauté monastique de l’Athos.
L’archevêque Sava nouvellement consacré prit ensuite le bateau pour Thessalonique, où il resta un peu au monastère de Philokalos. Là, aidé de quelques autres moines, il traduisit du grec en slavon le traité de droit canon Orthodoxe oriental, le “Gouvernail” ou Nomocanon de saint Photios le Grand (9ème siècle). Appelé KormchajaKnjiga (“Livre du Pilote”) en slavon, cette traduction ne contenait pas seulement les Canons ecclésiastiques – dont les décrets dogmatiques des 7 Conciles Œcuméniques, avec commentaires des meilleurs canonistes médiévaux grecs – mais aussi nombre de préceptes des Pères de l’Église et plusieurs des décrets impériaux du grand empereur Justinien (6ème siècle).
À son arrivée en Serbie, Sava décida que dès le premier jour de son archiépiscopat à Žiča, en la fête de l’Ascension en 1220, en tant que nouvel archevêque de Serbie, il couronnerait son frère Stefan comme premier roi de Serbie. En 1228, il couronnera son neveu Radoslav comme roi. Le bienheureux Sava décida de visiter Jérusalem et la Terre Sainte. C’est ainsi qu’en 1229, après 10 ans de dur et fructueux labeur dans le vignoble du Seigneur planté sur sa terre natale, Sava décida de renouveler son propre esprit en accomplissant un pèlerinage dans le berceau même du Christianisme, à Jérusalem, là où le Seigneur amena pour la première fois le Salut au monde. Lorsqu’il fut temps pour Sava de quitter la Terre Sainte pour rentrer en Serbie, il décida de passer par Nicée. Là, il rencontra Jean (1222-1254), le nouvel empereur, demeurant lui aussi alors à Nicée, et qui avait succédé à Théodore Laskaris. Il rencontra aussi Germanos, le nouveau patriarche qui venait de succéder à feu le patriarche Manuel.
En Serbie, une nouvelle guerre civile avait éclaté, cette fois entre Radoslav et son frère Vladislav. Hélas pour Radoslav, sa capacité militaire n’était pas à la hauteur, car dans cette guerre civile fratricide contre son jeune frère Vladislav pendant l’été de 1223, il fut battu et exilé à Durazzo, en Albanie. Bien que Sava ne réussit pas à réconcilier ces frères – qui étaient de plus déloyaux envers l’appel à l’unité lancé par leur grand père saint Siméon – cependant, Sava comprit qu’il serait mieux pour le pays d’être dirigé par Vladislav. Plusieurs années plus tard, suite à ses négociations avec le roi Vladislav, Sava parvint à obtenir un sauf-conduit pour Radislav, lui permettant de rentrer en Serbie. Hélas à nouveau pour Radislav, son épouse avait profité de son exil en Albanie pour le trahir et le tromper, et elle était partie avec un duc français. Radislav décida alors de devenir moine, et Sava le tonsura, lui donnant le nom de Jovan (Jean).

Retraite
Sava abdiqua du trône archiépiscopal en 1233 et nomma archevêque de Serbie son élève le plus capable, saint Arsenije (1233-1263). Au printemps de 1234, Sava, âgé de 59 ans, à peine 5 ans après son premier voyage vers la Terre Sainte, décida de repartir en pèlerinage à Jérusalem. À son arrivée, Sava logea au monastère Saint-Georges à Acre, un monastère qu’il avait racheté aux catholiques-romains durant son premier pèlerinage. Sava rendit visite au patriarche Athanase de Jérusalem, puis partit en bateau pour Alexandrie, en Égypte, où il rencontra le pape Nicolas, “patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique.”
Ensuite il partit pour le monastère Sainte-Catherine au Mont Sinaï, où il passa le Grand Carême de 1234. Ce fut un voyage pascal des plus bénis pour Sava, puisqu’il grimpa sur les hauteurs où le grand homme de Dieu, Moïse le visionnaire et libérateur de son peuple, avait passé nombre d’heures à s’entretenir avec le Seigneur Dieu face à face, comme un ami converse avec un ami. Sava avait lui aussi était un nouveau Moïse pour son peuple, le dirigeant, l’organisant pour en faire une communauté de Dieu. Après la célébration de Pâques de 1234, Sava repartit pour Jérusalem, puis continua vers Antioche. Après avoir visité Constantinople, Sava voulu revoir la Sainte Montagne et Hilandar, mais “cela ne plut pas au Saint Esprit.” Au lieu de ça, il partit pour Trnovo, en Bulgarie, la capitale du roi Ivan Asen II et du patriarche de Bulgarie.
En participant à la célébration de la grande bénédiction des eaux (Agiasmos), il attrapa un coup de froid, qui se transforma en pneumonie. Il en mourut le soir du 14 janvier 1235, une nuit de samedi à dimanche. Il fut enterré à la cathédrale des saints 40 Martyrs à Trnovo, où son corps resta jusqu’au 6 mai 1237, lorsque ses ossements sacrés furent transférés jusqu’au monastère de Mileseva, dans le sud de la Serbie. 360 ans plus tard, les Turcs ottomans profanèrent sa sépulture, déterrèrent ses reliques et les brûlèrent sur la place principale à Belgrade.

Héritage
Il y a eu beaucoup de miracles à la tombe de saint Sava au monastère de Mileševa. Le diplomate vénitien Ramberty, qui visita Mileševa en 1534, écrivit que non seulement les Serbes, mais aussi Turcs et Juifs venaient visiter le monastère et demandaient la guérison auprès des reliques. Le diplomate français Jacques de Chenoais écrivit en 1547 qu’il avait vu les reliques incorrompues de saint Sava ; il dit aussi que Turcs et Juifs y faisaient des dons encore plus généreux que les Chrétiens. D’autres visiteurs occidentaux tels que le vénitien Zen et le français Lescalonieur ont rapporté des événements similaires en 1550 et 1574. Lescalonieur a écrit que la tête du saint était recouverte, car un Turc qui l’avait vue en était ensuite mort.
Saint Sava est commémoré comme fondateur de l’Église Orthodoxe autocéphale de Serbie, et il est célébré comme saint patron de l’éducation et de la médecine chez les Serbes. Le prince Miloš de Serbie proclama le 13 janvier 1830 (ancien calendrier) saint Sava comme patron des écoles et écoliers serbes. Le jour de sa fête, les étudiants participent à des récitals dans les églises.
La cathédrale Saint-Sava à Belgrade, dont la construction devait commencer en 1939 mais qui n’a réellement pu être entamée qu’en 1985 et achevée en 2004, est la plus grande église Orthodoxe en usage de nos jours dans le monde entier. Elle a été construite à l’emplacement même où les saintes reliques ont été brûlées.

Le 6 mai, on fête le Transfert (en 1237) des reliques de saint Sava 1er de Serbie.
Sveti Sava, cathédrale Saint-Sava à Belgrade
Cathédrale Saint-Sava à New York
Un surprenant groupe de bâtiments caché sur la 25ème rue Ouest – une église épiscopalienne (anglicane) de 1855, un presbytère de 1866 et une école de 1870 – est à mi-chemin d’un projet de restauration qui sera long et coûteux. Depuis les années 1940, c’est devenu la cathédrale Orthodoxe serbe Saint-Sava, et même pour les New Yorkais natifs, tant l’extérieur que l’intérieur surprendront.
[..]
La Chapelle de la Trinité resta ouverte, et la paroisse de la Trinité considéra qu’il était suffisant d’en retirer les vitraux et autres oeuvres d’art religieux au début de 1942, précautions prises après l’attaque sur Pearl Harbor. Mais par la suite, cette année-là, la paroisse mit l’église en vente, et en 1943, des fidèles de l’Église Orthodoxe de Serbie l’achetèrent, et la transformèrent en cathédrale Saint-Sava, du nom d’un saint du 13ème siècle qui devint le premier archevêque de Serbie. Le roi Pierre II, roi de Yougoslavie en exil, participa ici aux Offices dans les années 1940, et ne rentra jamais dans son pays, qui était encore sous dictature socialiste lorsqu’il mourut en 1970.
Par la suite, le parti communiste des États Unis s’installa au 23 Ouest de la 26ème rue, et entre 1964 et 1972, il y eu une demi-douzaine d’attentats à la bombe contre leur bâtiment. En 1966, une forte explosion détruisit les vitraux de la nef de Saint-Sava, et la cathédrale les remplaça par des nouveaux de style plus familier à ceux qui pratiquent la religion Orthodoxe orientale. Deux ans plus tard, l’extérieur du bâtiment fut classé.
” Texte New York Times
photo tous droits réservés (Creative Commons)
Cathédrale Saint Sava, Paris
Tropaire de saint Sava 1er de Serbie, ton 3
Comme docteur et pasteur suprême, Saint Sava,
tu as montré le chemin qui mène vers la vie ;
et, comme chef de l’Église, tu as illuminé ta patrie ;
l’ayant fait renaître par l’Esprit Saint,
tel un olivier au paradis spirituel,
en sainteté tu as fait croître tes enfants ;
c’est pourquoi, te vénérant comme le compagnon
des apôtres et des pontifes saints, nous te prions
d’intercéder auprès du Christ notre Dieu
pour qu’il accorde à nos âmes la grâce du salut.


Tropaire de saint Sava 1er de Serbie, ton 8
Ô guide de l’Orthodoxie et bienheureux enseignant de toutes vertus,
purificateur et illuminateur de ta patrie,
splendeur des moines,
très sage père, saint Sava,
par ton enseignement, tu as illuminé ton peuple.
Ô cithare de l’Esprit, prie le Christ notre Dieu pour nos âmes.


Kondakion de saint Sava 1er de Serbie, ton 8
Grand premier hiérarque et coopérateur des Apôtres,
l’Église de ton peuple te magnifie,
et puisque tu as trouvé faveur auprès du Christ,
sauve-nous de toute calamité par tes saintes prières,
afin que nous puissions te proclamer : réjouis-toi, père Sava, sage en Dieu.

Ordre de Saint Sava

Cet ordre honorifique a été institué par le roi Milan I de Serbie le 23 janvier 1883, en même temps que l’Ordre de l’Aigle Blanc. L’Ordre porte le nom de l’archevêque saint Sava, de la maison royale des Nemanjic (+ 1237). On y voit des aigles bicéphales entre les bras d’une croix maltaise bleue et blanche. L’autre face du médaillon représente l’icône du saint, entourée d’un cercle ovale où on lit “par ses efforts, il a tout réussi !” Le roi Petar I continua d’octroyer l’Ordre, mais le chiffre du fondateur fut enlevé de l’arrière du médaillon, et on y substitua l’année de la fondation (1883).
L’Ordre était organisé en 5 classes, et accordé à des citoyens Serbes ou étrangers, pour actes méritoires dans les domaines de la culture, de l’instruction publique, la science, le service civil et la théologie, de même que pour des services rendus au roi, à l’état et à la nation, par des civils ou des militaires.
L’Ordre était conféré par la Couronne. Il ne doit pas être confondu avec son homonyme actuellement conféré dans l’Église Orthodoxe de Serbie, Ordre de mérite comportant 3 classes.
L’insigne de l’Ordre fut à l’origine manufacturé à Vienne, Autriche, par Rothe & Neffe, Vincent Mayer’s Soehne, Karl Fischmeister et G. Scheid. Après qu’aient éclatés guerre des Balkans et Grande Guerre, l’insigne fut manufacturé chez Arthus Bertrand à Paris et Huguenin frères à Le Locle, Suisse, de même que dans certains ateliers nationaux tels que Sorlini à Varazdin et Griesbach & Knaus, à Zagreb). Par la suite, l’insigne fut modifié, les vêtements du saint recevant une couleur vert pâle au lieu du rouge foncé original.

Prières à Saint Sava de Serbie

http://www.st-george-church.org/English/St_Sava.htm
Prière 1
Ô dirigeant sacré, très glorieux thaumaturge, Sava, hiérarque du Christ, toi le premier d’entre les évêques de Serbie, protecteur et illuminateur, fiable intercesseur pour tous les Chrétiens auprès du Seigneur : nous nous prosternons devant toi et te prions : accorde-nous de partager ton amour pour Dieu et le prochain, cet amour dont, pendant ta vie terrestre, ta sainte âme déborda.
Répands sur nous les rayons de la vérité, illumine nos esprits et nos cœurs de la lumière du divin enseignement, apprends-nous à t’être fidèles en t’imitant, et aimant alors Dieu et notre prochain, pour ainsi parvenir à accomplir sans faille les commandements du Seigneur, de sorte que nous aussi puissions être tes enfants, pas seulement de nom mais aussi par toute notre vie.
Saint hiérarque, prie pour la sainte Église Orthodoxe et pour ta patrie terrestre, qui t’honore toujours avec amour.
Dans ta bonté, regarde vers chacune des âmes qui t’honorent avec foi, espérant être guidé et aidé ; soit pour nous tous un guérisseur de nos infirmités, un consolateur de nos afflictions, à l’écoute de nos peines, une aide dans nos épreuves et besoins, et à l’heure de notre mort, un miséricordieux protecteur et défenseur. De sorte qu’aidé par tes saintes prières, nous pécheurs puissions cependant être bénis et hériter le Salut des fidèles et le Royaume du Christ.
Oui, ô saint de Dieu, ne transforme pas notre espoir en honte, car nous nous confions fermement à toi; mais au contraire, montre-nous ta puissante intercession, afin que nous puissions glorifier et louer Dieu, Qui est merveilleux dans Ses saints, le Père, le Fils et le Saint Esprit, pour les siècles. Amen.
Prière 2
Toi le grand ornement des hiérarques, père Sava, sage en Dieu, nous tes serviteurs nous te supplions et nous prosternons et te crions : n’oublie pas tes enfants, père, mais soit toujours avec nous, comme tu nous l’a promis. Afin que nous aussi nous puissions t’élever des chants de louange, comme il convient, et te bénir et te glorifier avec force et puissance, et t’offrir un chant digne, clamant et disant :
Nous te louons, ô hiérarque!
Nous te chantons, ô luminaire!
Nous nous agenouillons devant toi, ô père Sava !
Nous t’en supplions, prie pour le Salut de tous ceux qui gardent ta sainte mémoire.
Amen.

Écrits de saint Sava, en serbe :
http://www.rastko.org.yu/knjizevnost/liturgicka/svsava-sabrana/index_c.html

Homélie sur Sainte Marie l’Égyptienne (cinquième dimanche de carême)

Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit !

“Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant! ” Ebr. 9. 13-14

Ces paroles de l’Apôtre Paul, adressées aux Hébreux nous invitent à réfléchir, en ces jours saints et salutaires du Grand Carême, au suprême Sacrifice apporté sur le Golgotha.

Par Sa souffrance, Sa mort et Sa résurrection le Seigneur nous donne la force de vaincre le péché, et c’est cela qu’illustre tout particulièrement la vie da Sainte-Marie l’Égyptienne, que l’Église commémore en ce cinquième dimanche du Carême. Tombée dans l’abîme du péché, qu’elle s’est relevée jusqu’à la hauteur des anges par un repentir profond et sincère.

L’Église orthodoxe lui rend tout particulièrement honneur est également et lui dédie un office spécial “l’exploit” de Marie l’Egyptienne, au cours de laquelle lit tout le canon pénitentiel de saint André de Crète et le récit de la vie de cet ascète extraordinaire.

En commémorant Marie l’Égyptienne, la sainte Église nous donne un exemple remarquable : comme il est nécessaire d’avoir la volonté de changer sa vie pécheresse et d’apporter les fruits de la repentance. La Vie de Marie l’Égyptienne est la preuve vivante que le Dieu d’amour est prêt à pardonner même le péché le plus grave et le grand à celui qui se repent.

Sainte-Marie l’Égyptienne a vécu au VI siècle à Alexandrie. Dans sa jeunesse elle s’est étourdie dans le péché, c’était une femme de mœurs légères, une femme déchue dans cette grande ville corrompue d’Égypte. Elle a consacré à la débauche 17 ans de sa jeune vie et cela a duré tant que le Seigneur ne lui fit comprendre qu’elle devait changer de vie.

C’est arrivé quand elle a voulu entrer dans le Temple du Seigneur à Jérusalem avec des pèlerins ; elle a été arrêtée par une espèce de force invisible, comme si la main invisible de Dieu ne la laissait pas franchir le seuil de l’église. Et Marie se demanda : que se passe-t-il ?

Elle se mit à prier la Mère de Dieu, dont elle vit l’icône à l’entrée du Temple. Elle se mit à prier Notre Dame pour le pardon de ses péchés et elle fit le vœu de changer de vie, de se détourner du péché de la chair et d’observer la chasteté.

Elle n’a pas simplement prononcé les mots de repentance, ni simplement prié Dieu de pardonner ses péchés et revenue à son ancienne vie. Non. Elle a complètement changé sa vie à partir de ce moment là : Et nous savons par l’histoire de sa vie qu’elle est ensuite partie dans le désert au delà du Jourdain, où, année après année pendant 47 ans, en jeûnant et en priant dans la chaleur brûlante, dans une solitude totale, elle s’est battue avec tout le mal qui se s’était accumulé dans son cœur.

La vie de sainte Marie l’Égyptienne nous apprend qu’il ne suffit pas de se repentir de ses péchés en paroles, mais que nous devons aussi avoir la détermination de ne plus y revenir. Que cette grande figure d’ascète soit pour nous un exemple et un modèle dans la lutte contre le péché. En pensant à Celui qui s’est sacrifié pour nous et pour notre salut ne nous désespérons pas de notre salut, mais préparons avec de nouvelles forces pour la fête de Pâques, pour la victoire sur toutes les tentations de ce monde.

Que le Seigneur nous aide dans cette voie de salut et, par les prières de la sainte Marie l’Égyptienne qu’il nous accorde Ses Célestes bienfaits.

Amen.
Sainte Marie l’Égyptienne recevant la communion des mains de Saint Zosime

Homélie du quatrième dimanche de Carême

Saint Philarète de Moscou

Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Frères, à plus d’une reprise, il a été mentionné que chaque dimanche durant le Grand Jeûne (Carême), il y a d’autres commémorations en plus de celle de la Résurrection. En ce jour donc, l’Église glorifie le bienheureux Jean Climaque, un des plus grands ascètes, que l’Église, parlant d’eux, appelle “les anges terrestres et hommes célestes.”

Ces grands ascètes étaient des gens extraordinaires. Ils commandaient aux éléments ; les bêtes sauvages leur obéissaient volontairement et prestement. Pour eux, il n’existait pas de maladie qu’ils ne puissent guérir. Ils marchaient sur les eaux comme si étant sur la terre sèche ; tous les éléments du monde leur étaient soumis, parce qu’ils vivaient en Dieu et avaient la puissance de la grâce pour vaincre les lois de la nature terrestre. Saint Jean Climaque était pareil ascète.

L’Échelle sainte

Il a été surnommé “Climaque” (Échelle) parce qu’il a composé un ouvrage immortel, “l’Échelle Sainte”. Dans cet ouvrage, nous voyons comment, par le moyen de 30 étapes, le Chrétien gravit progressivement du bas jusqu’aux hauteurs de la suprême perfection spirituelle. Nous voyons comment une vertu amène à une autre, au fur et à mesure que l’homme s’élève encore et toujours plus, et pour finir atteint ce sommet où se trouve la couronne des vertus, qui est appelée “l’amour Chrétien”.

Saint Jean a composé son immortel ouvrage en particulier pour les moines, mais dans le temps, son “Échelle” était toujours la lecture favorite en Russie pour quiconque de zélé voulait vivre pieusement, bien que n’étant pas moine. Dedans, le saint démontre clairement comment l’on passe d’un échelon au suivant.

Souviens-toi, âme Chrétienne, que cette ascension vers le sommet est indispensable pour quiconque aspire à sauver son âme pour l’éternité.

Lorsque nous jetons une pierre en l’air, elle monte jusqu’à ce qu’elle arrive au point où la force de propulsion cesse d’être effective. Tant qu’agit cette force, la pierre monte toujours plus haut, surmontant la force de la gravitation terrestre. Mais quand cette force de propulsion est épuisée et cesse d’agir, alors, comme vous le savez, la pierre ne reste pas suspendue en l’air. Immédiatement, elle commence à retomber, et au plus loin elle retombe, au plus grand sera sa force de chute. Et ceci, uniquement en raison des lois physiques de la gravitation terrestre.

Il en est de même dans la vie spirituelle. Au fur et à mesure que le Chrétien gravit progressivement, la force des travaux spirituels et ascétiques le porte. Notre Seigneur Jésus Christ a dit : “Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite.” Cela signifie que le Chrétien doit être un ascète. Pas seulement le moine, mais tout Chrétien. Ça doit lui en coûter pour son âme et sa vie. Il doit diriger sa vie sur la voie Chrétienne, et purger son âme de toute souillure et impureté.

Saint Jean Climaque

Mais si le Chrétien qui est occupé à gravir cette échelle de perfection spirituelle par ses luttes et travaux ascétiques, soudain, cesse son œuvre et effort ascétique, son âme ne restera pas dans la condition atteinte ; mais comme la pierre, elle retombera sur terre. Et si rapide sera la chute que pour finir, si l’homme ne reprend pas ses esprits, elle le fera s’enfoncer dans les abysses de l’Hadès.

C’est nécessaire de s’en souvenir. Les gens oublient que la voie du Christianisme est en effet un travail ascétique. Dimanche dernier, nous avons entendu le Seigneur dire : “Si l’on veut venir à Ma suite, il faut renoncer à soi-même, prendre sa croix, et Me suivre ainsi” (Mt 16,24). Le Seigneur a beaucoup insisté sur cela. Dès lors, le Chrétien doit être celui qui prend sa croix, et sa vie, dès lors, doit être l’œuvre ascétique de porter cette croix. Quelles que soient les circonstances extérieures de sa vie, qu’il soit moine ou laïc, cela n’a pas d’importance. Dans les deux cas, s’il ne se force pas de lui-même à entreprendre l’ascension, alors, assurément, il chutera toujours plus bas.

Et hélas, à cet égard, les gens sont dans la confusion. Par exemple, un clerc rend visite à une maison durant une période de jeûne. Cordialement et avec prévenance, ils lui offrent de la nourriture carémique, et disent : “Pour vous, de la nourriture carémique, bien entendu !” À cela, un de nos hiérarques répond habituellement : “Bien sûr, puisque je suis Orthodoxe. Mais qui vous a donné l’autorisation de ne pas respecter le jeûne ?” Tous les jeûnes de l’Église, toutes les ordonnances, sont obligatoires pour tout Chrétien Orthodoxe. Parlant des moines, des ascètes tels que saint Jean Climaque et ses semblables jeûnaient bien plus rigoureusement que ce que l’Église prescrit ; mais cela faisait partie de leur ardeur spirituelle, une illustration de leur travail ascétique personnel. Cela, l’Église ne le demande de personne, parce que ce n’est pas dans les forces de tout un chacun. Mais l’Église demande à tout Orthodoxe de respecter les jeûnes qu’elle a décrétés.

J’ai souvent cité des paroles de saint Séraphim, et à nouveau je vais le citer. Un jour, une mère de famille vint le trouver, elle était soucieuse pour savoir comment arranger le meilleur mariage possible pour sa fille cadette. Alors qu’elle était près de saint Séraphim pour lui demander conseil, il lui dit : “Avant tout, assures-toi que celui que ta fille choisit comme compagnon pour la vie respecte bien les jeûnes. S’il ne le fait pas, alors c’est qu’il n’est pas Chrétien, quoi qu’il puisse lui-même penser être.” Vous voyez comment parlait des jeûnes saint Séraphim de Sarov, le plus grand saint de l’Église de Russie, un homme qui, mieux que nous, connaissait ce qu’est l’Orthodoxie.

Dès lors, souvenons-nous de ceci. Saint Jean Climaque a décrit l’échelle de l’ascension spirituelle : n’oublions pas que chaque Chrétien doit l’escalader. Les grands ascètes la gravissaient comme des aigles agiles ; nous ne la montons que fort péniblement. Et cependant n’oublions pas qu’à moins que nous appliquions tous nos efforts à nous corriger, nous-mêmes et nos vies, nous cesserons notre ascension, et, sans aucun doute, nous commencerons à chuter.
Amen.

Saint Philarète, métropolite de Moscou

Sermon du dimanche de la Croix

Homélie de la Croix
Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit,

Quand nous parlons de mort et de résurrection, cela nous parait très souvent très flou, abstrait et tout à fait obscur. Ce mystère se présente à nous comme une énigme, alors même que s’y joue tout notre devenir. Et les élans de notre foi viennent battre et parfois se briser contre lui.

Aujourd’hui l’Église nous demande de saisir que la Croix est ce mystère
même, implanté dans nos coeurs et que, cette Croix, il nous faut la saisir à pleines mains. Oui, la Croix est le cœur de notre vie. Nous le savons bien. Certains diraient nous ne le savons que trop. Il y a dans la vie de chacun des moments d’épreuve qui peuvent avoir été tragiques. Et rien ne dit que nous ne sommes pas encore appelés à en connaître. Des épreuves dont nous pouvons dire, à peine sans exagérer, qu’elles furent ou qu’elles sont excruciantes. Des épreuves qui laissent des cicatrices douloureuses. Si nous nous refermons sur nous-mêmes, si nous nous enfermons dans ces douleurs, alors nous atteignons le seuil de l’intolérable. Ces souffrances viennent du monde. Et dans le mot monde, il y a nos propres passions, nos propres défauts, nos propres injustices. Mais cela n’est pas, n’a jamais été ce que Dieu veut pour nous.

Dieu veut notre bonheur. Dieu veut des hommes vivants. Et, puisque notre vie est entachée de malheurs et de souffrances, et en fin de compte engloutie par la mort, Dieu veut nous sauver de cette faillite de l’existence.

Par la Croix précisément. Jésus est venu dans le monde pour mourir. Jésus a choisi la Croix pour partager, comme homme et comme Dieu, notre mort. Par cette Croix – Sa Croix – Jésus a fait passer notre nature humaine de la mort à la résurrection, de la mort à la vie éternelle. Cela, Jésus l’a accompli une fois pour toutes, il y a près deux mille ans, à Jérusalem, sur le Golgotha.

Mais c’est de toute éternité que Jésus a pris sur Lui nos peurs, nos angoisses et notre mort, et qu’Il a voulu nous entraîner dans sa propre Résurrection. Dès l’origine, dès avant la création, Jésus en Dieu est l’Agneau
immolé. De toute éternité Jésus est crucifié pour nous, à cause de nous. De toute éternité Dieu a voulu, par amour pur, non seulement nous amener à l’être, mais nous faire partager sa vie au prix de sa propre mort.

Pour cela, Dieu nous a créés comme co-créateurs de sa création. Dieu nous a créés pour nous associer à son oeuvre de vie. Dieu nous a créés pour que nous combattions avec Lui l’oeuvre du mal. Dieu nous a créés pour l’accompagner dans sa Pâque rédemptrice. Dieu nous a créés pour partager sa Croix et qu’elle devienne notre Croix. Dieu nous a créés pour qu’entrés avec Lui dans la mort nous soyons avec Lui dans la vie des siècles.

Certes, ce passage pascal culminera en nous dans l’angoisse ultime de notre mort corporelle, où il faudra bien nous engager un jour. Mais nous savons maintenant que Jésus nous y a précédés, précédés de toute éternité, pour être Lui-même, à ce moment- là, auprès de chacun de nous. À ce moment-là, la Croix du Christ sera là pour nous accueillir. À condition que nous l’ayons au préalable accueillie tout au long de notre vie. À condition que notre mort soit le couronnement de notre vie. Il faudrait que nous puissions nous aussi, oser dire en ce jour-là ” tout est accompli “. Pour qu’alors le passage de notre vie à la mort soit transfiguré en passage de la mort à la vie.

Il peut en être ainsi. Notre mort peut être la porte qui ouvre sur la vie
éternelle. Pour autant qu’auparavant notre vie en ce monde ait été une constante mise à mort de nous-mêmes en tant qu’hommes pécheurs, en tant qu’ici -bas nous avons partie liée avec les forces mauvaises du monde. C’est donc dès maintenant, en ce jour-ci, qu’il faut saisir à pleines mains la Croix du Christ pour suivre et servir le Christ jusqu’au Golgotha, jusqu’à la porte de la vie éternelle.

Jésus nous appelle à une vie quotidienne de mort et de résurrection, à une
vie sacrificielle de tous les instants. Dès aujourd’hui Jésus nous appelle à nous associer à Lui dans l’accomplissement de sa Pâque pour qu’elle soit notre Pâque. En toute circonstance, dit Saint Paul, il faut rendre grâce au Seigneur. Ici, rendre grâce, c’est nous décider à tout moment pour Jésus, et presque toujours contre nous. Car il y a toujours sacrifice. Et si le sacrifice n’est pas fait dans la joie, c’est que Dieu n’est pas avec nous. S’il est fait dans la joie, c’est qu’il y a déjà en nous une force qui transfigure nos douleurs. S’il est fait dans la joie, c’est qu’il y a déjà en nous une puissance qui transcende les déchirures de l’être et qui annihile les puissances de mort. Cette force, cette puissance, c’est Quelqu’un, c’est l’Esprit de Dieu en nous, c’est le Christ ressuscité qui vit en nous, c’est le Christ Vivant et agissant qui nous saisit et nous entraîne déjà avec Lui. C’est la force et la puissance de la Croix présente en nous et dans le monde. La Croix est l’Arbre de Vie planté dans nos cœurs, pour qu’à chaque épreuve que nous assumons dans le Christ, nous entrions déjà dans la Résurrection du Christ. Avec la Croix la Résurrection n’est pas après la mort. Elle est notre aujourd’hui; elle est l’aujourd’hui de Dieu en nous et dans le monde. Elle est la Pâque du monde.

AMEN.

Homélie du patriarche Irénée pour le commencement du carême de Noël

Homélie du patriarche de Serbie Irénée pour le commencement du carême de Noël

324

Le 27 novembre 2018, veille du début du carême de Noël selon l’ancien calendrier, le patriarche de Serbie, a prononcé cette courte homélie en la cathédrale Saint-Michel de Belgrade : « Le commandement du jeûne est l’un des premiers commandements divins : ne pas manger de l’arbre de la connaissance. Le Seigneur Lui-même, au début de Sa mission, a jeûné durant quarante jours et nous a donné l’exemple. Lorsque nous parlons de jeûne, nous pensons d’abord à l’abstinence de nourriture grasse, mais il faut savoir que le jeûne consiste également à se préserver des pensées et des actes mauvais, de tout ce qui nous éloigne de Dieu. Que les jours qui viennent soient utiles à nos âmes, accomplissons les commandements divins ! Élevons nos prières au Seigneur et préparons-nous ainsi dignement à la fête pleine de joie de la Nativité du Christ. Le Seigneur nous a montré la voie sur laquelle nous devons cheminer, Il nous a montré le sens de la vie, et celui-ci consiste à aller vers notre Père et hériter du Royaume céleste. Que le Seigneur nous vienne en aide afin que nous sortions meilleurs du carême ! ».

Source

Source: Orthodoxie.com

05 La Liturgie

La Divine Liturgie (Le mot vient du Grec de service commun) ou Eucharistie (action de grâces, Remerciements) elle est le Centre de la Vie de l’Église Orthodoxe. Les Pères Saints l’ont définie comme le Mystère le plus saint, Mystère qui secrètement comble l’église. Elle est la Porte du Royaume des Cieux, la présence Divine sur Terre. Tous les autres sacrements sont liés et découlent et de la Divine Liturgie. Communauté des croyants visibles avec ses représentants, Evêque, Prêtre, Diacre, Hypo-diacre, Lecteur, Psalmiste ou simple fidèle tous sont Continuer la lecture de 05 La Liturgie

06 Prier sans cesse du Père Denis

Priez sans cesse. C’est ce que recommande le saint apôtre Paul dans sa première épître aux Thessaloniciens, au chapitre 5, verdet 17 : “Priez sans cesse.” C’est comme un écho du précepte évangélique : Veillez et priez, ainsi que de la parabole des dix vierges.

Priez sans cesse, c’est, à son plus haut niveau de perfection, la prière du coeur ou prière de Jésus, récitée sans repos ni répit, même de façon inconsciente durant les multiples occupation du jour ou durant le sommeil de la nuit.

Priez sans cesse, c’est aussi consacrer à l’oraison chacune des vingt-quatre heures Continuer la lecture de 06 Prier sans cesse du Père Denis

01 Prière et Foi

Celui qui n’a pas la foi ne peut resentir la présence de Dieu dans le monde et dans sa vie, il peut difficilement comprendre pourquoi quelqu’un demande une grâce à Dieu. Mais celui qui resent la présence Divine, qui parle à Dieu comme une personne qui existe vraiment, qui est capable de connaître ses limites et ses péchés, et d’essayer jour après jour de mesurer la puissance spirituelle de la prière pour se rapprocher de Dieu.
«La prière est le test de tout, la prière est aussi la source de tout, la prière est la force motrice de tout, la prière est aussi la directrice de tout Si la prière est juste, tout est juste. Car la prière ne permet à rien d’aller de travers…»  Saint Théophane le Reclus
La définition de base la plus populaire de la prière, c’est sans doute que c’est une conversation avec Dieu. Bien que cela soit vrai pour l’essentiel, le christianisme orthodoxe regarde la prière comme quelque chose de plus profond qu’une “conversation”.

Continuer la lecture de 01 Prière et Foi

04 Basilique saint Gény

La basilique saint Gény est la seule orthodoxe dans le Gers. Sous l’égide du Patriarcat serbe à Belgrade, et qui appartient au diocèse d’Europe occidentale dirigée par l’évêque Luc Kovacevic.

St Gény

Saint Geny de Lectoure

+ au 4e siècle

Fête le 3 mai

Lectoure, berceau de Saint Geny

Lectoure est une des villes les plus anciennes de la région du sud-ouest des Gaules. Son importance lui valut de donner son nom à l’un des peuples de la Novempopulanis, les Lactorates, et d’attirer l’attention de Crassus, lieutenant de César, au moment où ce général secondait Continuer la lecture de 04 Basilique saint Gény