Session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie

Session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie
Session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie

Session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Géorgie

Le Saint-Synode de l’Église de Géorgie s’est réuni le 21 juin à Tbilissi. Entre autres décisions, il a confirmé la nomination du métropolite de Senaki et Tchkhorotskhu Chio en tant que locum tenens du trône patriarcal de l’Église orthodoxe de Géorgie. Concernant la situation démographique, le Synode a déclaré que « la Géorgie se trouve devant des défis sérieux ». Pour les surmonter, est-il dit dans le communiqué de la session, il est nécessaire que le pays prenne des mesures importantes. Le patriarche avait, au demeurant, déjà abordé la question dans son message pascal. Actuellement, le parlement géorgien examine un projet de loi selon lequel les familles ayant au moins quatre enfants mineurs disposeront du statut de familles nombreuses, lequel les fera bénéficier d’avantages spéciaux. Parmi les mesures que le Saint-Synode propose pour faire face à la crise démographique, il y a « le renforcement de la lutte contre la propagande de l’avortement, dont les avortements sélectifs ». En outre, les hiérarques recommandent l’adoption de règles spéciales pour l’aide sociale et le renforcement de la santé des femmes enceintes. « Une attention particulière doit être portée à l’amélioration des services médicaux pour les enfants âgés de moins de cinq ans » est-il dit dans le communiqué. Concernant la question des stupéfiants, le Saint-Synode considère que les autorités doivent prendre les « mesures juridiques les plus strictes » concernant les trafiquants et les revendeurs de drogues. Les membres du Synode ont rappelé qu’actuellement, le Conseil constitutionnel examine l’abolition de peines administratives relatives à la possession d’une quantité de marijuana inférieure à 70 grammes. Précédemment, le Conseil constitutionnel avait reconnu comme n’étant plus en vigueur l’article du code pénal géorgien prévoyant la privation de liberté pour acquisition ou détention d’une quantité allant jusqu’à 100 grammes de marijuana pour consommation personnelle. Prenant en compte ce qui précède, le Synode considère que la révision législative actuelle « signifie en fait la légalisation de la marijuana ». « Il en résulte logiquement la question des moyens légaux d’acquisition de la drogue. En fin de compte, cela crée la base légale pour la culture de la marijuana en Géorgie, ce qui est absolument inacceptable. En outre, l’autorisation de la production du cannabis signifie en fait la légalisation du trafic de drogue, dont les conséquences seront des plus lourdes pour le pays » est-il dit dans le communiqué. Le Saint-Synode considère qu’une série de mesures concrètes doivent être prises par les autorités du pays : création de centres de réhabilitation pour les toxicomanes, inclusion active des medias pour populariser un mode de vie sain et pour faire changer l’opinion publique concernant la consommation de drogue, création d’un cours spécial dans les écoles afin d’expliquer aux enfants et aux adolescents que les drogues sont dangereuses pour la santé, mesures plus strictes pour la possession illégale et le trafic de drogue. Il est mentionné ici le trafic de drogues dans les lieux publics et aussi parmi les adolescents. Tenant compte de l’expérience européenne, il convient de résoudre le problème de l’emploi des toxicomanes. Il est important de mentionner que le Saint-Synode a également examiné la question de l’observation des canons ecclésiastiques concernant les personnes décédées des suites de la consommation de drogue. Le Saint-Synode a confié à une commission spéciale le soin de résoudre cette question. Enfin, le Saint-Synode a examiné la question ukrainienne.

Source: Orthodoxie.com

Message du synode de l’Église serbe

Convocation de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe
Convocation de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe

Message de l’Assemblée des évêques de l’Eglise orthodoxe serbe sur le Kosovo et la Métochie (mai 2018)

Nous, évêques de l’Eglise orthodoxe serbe, du Patriarcat ancien et glorieux de Peć, réunis par la grâce du Saint-Esprit en session ordinaire de l’Assemblée (Synode) épiscopale, d’abord au siège historique des archevêques et patriarches serbes au monastère du Patriarcat de Peć, puis dans la capitale de Belgrade, en cette année préparatoire de la commémoration du 800ème anniversaire de l’acquisition de l’autocéphalie, c’est-à-dire de l’indépendance synodale de l’Eglise de saint Sava (1219-2019), dans l’inquiétude pour la survie et le bien-être du peuple serbe et de ses sanctuaires du Kosovo et Métochie, adressons, avec à notre tête Sa Sainteté le Patriarche, ce Message destiné aux enfants spirituels de notre sainte Eglise, comme à l’opinion publique nationale et internationale.
La question du Kosovo et de la Métochie constitue une question de première importance pour l’Eglise serbe, comme pour le peuple et l’Etat serbes. Notre Eglise, comme mère spirituelle de notre peuple dans son ensemble et la Serbie, comme Etat de la majeure partie du peuple serbe, dont le territoire du Kosovo et de la Métochie fait d’ailleurs partie, assument la responsabilité essentielle en vue du maintien de notre province historique dans les frontières de la Serbie et de l’avenir du peuple serbe qui y habite.
Le Kosovo et la Métochie, avec ses mille cinq cents monastères chrétiens orthodoxes serbes, églises, fondations pieuses et monuments culturels serbes, représentent la partie centrale et inaliénable de la Serbie, dont témoigne éloquemment la conscience spirituelle traditionnelle de notre Eglise, où le Testament du Kosovo symbolise l’expression du message-clé du Nouveau Testament, vécu concrètement dans l’expérience historique du peuple serbe, ainsi que la conscience du peuple serbe de son identité, de ses valeurs spirituelles et éthiques et de son itinéraire historique. Le Kosovo et la Métochie ne constituent pas pour nous, une question d’idéologie nationale ou de mythologie, ni a fortiori de simple territoire, mais représentent la quintessence même de notre existence en tant qu’Eglise et peuple, sans laquelle nous nous perdons dans le processus de la globalisation et de la sécularisation générales. La prospérité de la Serbie ne peut se construire sur la désintégration de ce qui représente la pierre angulaire de son identité, de son histoire et de son existence publique.
L’Eglise orthodoxe serbe renouvelle et confirme sa position séculaire sur le Kosovo et la Métochie, inchangée depuis l’époque de la sainte lignée des Nemanjić et de la bataille de Kosovo jusqu’à nos jours, et encore récemment dans le Memorandum de notre Eglise sur le Kosovo et la Métochie publié en 2003 et réitérée dans les années suivantes. Notre Eglise n’a jamais quitté le Kosovo et la Métochie et elle ne s’en écartera jamais. Quelles que soient les circonstances et les infortunes, elle restera avec ses anciens sanctuaires et avec son peuple de fidèles.
Quant au statut public et juridique de notre Etat au Kosovo et en Métochie, c’est-à-dire sa pleine souveraineté et son intégrité, l’Assemblée réaffirme la position claire, plusieurs fois exprimée par le chef de l’Eglise orthodoxe serbe, Sa Sainteté le patriarche Irénée : „Nous appelons nos autorités publiques à ne jamais donner leur accord sur l’aliénation du Kosovo et de la Métochie, car ce qui est pris de force peut être retrouvé, tandis que ce qui est offert à quelqu’un, est perdu à jamais, et cela, les Serbes et la Serbie ne sauraient l’admettre“. Nous espérons sincèrement, tout en priant le Seigneur, que le problème, né d’abord à la suite d’une révolte armée des séparatistes albanais, puis du fait de l’occupation de la province, sera résolu exclusivement par des moyens pacifiques, sur les principes de justice et du droit. La paix est la condition indispensable pour que les Serbes du Kosovo-Métochie puissent vivre librement, sans craindre pour leur existence même, et que la justice pour eux corresponde simultanément à une solution juste pour les Albanais locaux et toutes les commuanutés vivant en Kosovo-Métochie.
Le maintien du Kosovo-Métochie comme partie intégrante de la Serbie, conformément à tous les standards internationaux et en même temps conformément à la Constitution de la Serbie et à la Résolution 1244 des Nations Unies, ne correspond pas à une confrontation avec le monde, mais précisément à l’affirmation de la position selon laquelle, en l’absence des droits fondamentaux et de la liberté d’un peuple, de son identité, de son essence spirituelle et culturelle, il est impossible de trouver une solution stable à long terme. Jamais comme aujourd’hui, notre obligation n’a été aussi grande de témoigner de façon argumentée, en tout lieu et en toute circonstance, qu’au Kosovo et en Métochie, on ne construit pas une société d’hommes égaux en droits et en libertés, mais une société qui est contraire, dans tous ses aspects, aux valeurs fondamentales sur lesquelles reposent les sociétés démocratiques.
Les institutions albanaises du Kosovo, depuis la fin de la guerre de 1999 et en particulier après la proclamation de la soi-disant indépendance en 2008, ont montré clairement et sans le dissimuler, qu’elles souhaitent créer un Etat albanais ehniquement pur sur ce territoire, où il n’y aura pas de place pour les Serbes ni d’ailleurs pour les autres non-Albanais. La violation manifeste des droits de l’homme des Serbes lors des expulsions en masse à la fin de la guerre, l’arrêt du processus de retour des Serbes expulsés, les entraves à la restitution (aux Serbes) des biens fonciers usurpés et le non-respect des droits de l’Eglise orthodoxe serbe, ne permettent pas d’espérer que la position de l’Eglise et de son peuple puisse s’améliorer dans un „Kosovo indépendant“, quelles que soient les garanties données par quiconque et sous quelque forme que ce soit, car les autorités actuelles du Kosovo ne respectent même pas leurs propres lois. Les meilleurs exemples de la violation des droits de notre peuple et de l’Eglise, sont fournis par les obstacles mis à la formation d’une Communauté fonctionnelle des municipalités serbes, le non-respect d’une décision de la Cour suprême du Kosovo au sujet de terrains appartenant au monastère de Visoki Dečani, comme le reconnaissent d’ailleurs les représentants internationaux présents au Kosovo-Métochie, ou le blocage de la régularisation de la position juridique de l’Eglise orthodoxe serbe et du patrimoine culturel serbe. La décision récente du soi-disant gouvernement du Kosovo de construire une route à grande circulation à proximité du monastère de Visoki Dečani, constitue une violation directe des normes juridiques élémentaires. Bien que les autorités de l’Union européenne et de l’OSCE, en tant que principales missions occidentales au Kosovo-Métochie, aient clairement souligné qu’une telle route serait illégitime, le „gouvernement“ du Kosovo ne renonce pas à une route qui serait une menace à long terme pour le monastère de Dečani, qui est le monument le plus marquant de l’UNESCO en Métochie. Ce ne sont d’ailleurs que les prémices de la façon dont „l’Etat indépendant du Kosovo“ se comporterait à l’égard de notre Eglise et de ses fidèles.
L’Assemblée exige tout particulièrement l’invulnérabilité des droits confessionnels et de la liberté du peuple serbe et des autres peuples vivant au Kosovo-Métochie. Ces droits et libertés sont indissolublement liés à la position et au statut de nos lieux saints – monastères, églises, cimetières, monuments culturels…La Serbie fait tout – et continuera à le faire à l’avenir – pour la protection, la restauration et la préservation de ces sanctuaires et monuments du patrimoine sacré et culturel ; pour ce faire, elle dispose du soutien unanime des institutions internationales responsables, et d’abord de l’UNESCO. Sans relâche et infatigablement, les plus hauts représentants de notre Eglise se consacrent à la conservation de ces lieux saints, car il ne s’agit pas d’une question politique ordinaire, mais cela correspond à une réalité historique essentielle et à la valeur identitaire du peuple serbe. Nous ne pouvons garder passivement le silence devant le constat qu’une partie significative de cet héritage religieux, spirituel et culturel, a déjà été détruit, et cela sous les yeux du monde entier, et que l’héritage qui subsiste est menacé par un destin semblable. A ce propos, nous nous interrogeons et demandons comment ceux qui ont commencé leur insurrection en incendiant le konak (résidence monastique) du patriarcat de Peć en 1981, vont protéger à l’avenir les autres sanctuaires et monuments culturels serbes?
Nous rappelons à tous que l’ordre public international, instauré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, justifie en tous points la position de l’Eglise orthodoxe serbe, de la république de Serbie et du peuple serbe sur cette question douloureuse. Cela vaut pour l’opinion publique dans la plupart des pays dans le monde, dont un grand nombre, parmi lesquels les pays les plus grands, et même des Etats-membres de l’Union européenne, ne reconnait pas la sécession illégale et „l’indépendance“ unilatéralement proclamée. Cette „indépendance“ n’a pas été non plus reconnue par les institutions internationales les plus importantes (Nations Unies et Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, en particulier).
Sans l’accord de la Serbie et du Conseil de sécurité de l’ONU et sans le consensus de tous les pays européens (parmi lesquels cinq membres de l’Union européenne ne reconnaissent pas l’indépendance du Kosovo), cette situation ne peut être modifiée de force en dépit de toutes les pressions politiques auxquelles sont confrontés non seulement la Serbie mais aussi d’autres Etats qui ne reconnaissent pas le Kosovo „indépendant“. Après plus de dix ans de persécutions et de discriminations à l’égard du peuple serbe, et de la destruction de cent cinquante sanctuaires – hélas, en présence des forces internationales – la reconnaissance de l’indépendance illégitimement proclamée de notre province méridionale, qu’on s’efforce opiniâtrement d’imposer à la Serbie, porterait atteinte à la survie à long terme de notre Eglise et de notre peuple, et contribuerait à proclamer que les sanctuaires serbes sont des monuments culturels kosovars ou albanais. Tout cela conduirait rapidement à la désintégration de l’identité chrétienne orthodoxe de l’ensemble du peuple serbe et constituerait un véritable „homicide de la mémoire“ (mémoricide) du peuple serbe.
Dans l’opinion, on continue à évoquer l’idée d’un partage du Kosovo et de la Métochie entre la Serbie et „l’Etat kosovar“ auto-proclamé. Consciemment ou non, on passe ainsi sous silence le fait qu’un tel partage ne serait rien d’autre que la reconnaissance d’un „Etat kosovar indépendant“, donc le don de la majeure partie du territoire de la province. Dans l’histoire du monde, on ne trouve pas d’exemple d’un peuple faisant en temps de paix, deux décennies après un conflit armé, un tel don de son territoire. Avec un partage, la population serbe d’une grande partie du Kosovo et de Métochie serait automatiquement laissée à la merci du régime du soi-disant Etat kosovar, exposé à un pogrom semblable à celui subi en mars 2004 ou, sous la pression d’une terreur rampante, forcé à l’exode.
Nous rappelons que la situation difficile du Kosovo et de la Métochie résulte de la non-application systématique et du travail de sape mené à l’encontre de la Résolution 1244 du Conseil de sécurité, qui garantit le retour des personnes expulsées et la liberté pour tous, quelle que soit leur origine. Les efforts obstinés de quelques pays d’édifier à tout prix au Kosovo-Métochie, une construction sur de la boue vivante, ont conduit le monde à une situation où le Kosovo-Métochie, soumis aujourd’hui au pouvoir des anciens chefs de l’UCK, représente plus que jamais le trou noir en Europe et un précédent susceptible d’être un facteur de désintégration pour de nombreux Etats en Europe et à travers le monde. Ce qui a été créé dans l’iniquité, n’apporte ni paix ni perspective aux Albanais kosovars eux-mêmes.
Le motif de ce message pastoral et de cet appel paternel ne correspond pas seulement à un effort pour protéger les intérêts spirituels, nationaux et publics vitaux du peuple serbe, mais aussi à un sentiment d’amour évangélique envers tous et chacun, y compris les Albanais du Kosovo-Métochie, et au souhait en prière que Dieu, seul Ami-des-hommes, qui veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2,4) nous éclaire nous tous et tous les hommes, avec la lumière de l’amour de Dieu et de celui de nos frères. Amen, exauce-le Seigneur !
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Ce texte a été publié à l’issue de l’Assemblée des évêques de l’Eglise orthodoxe serbe qui a eu lieu du 29 avril au 10 mai 2018.

Source: Orthodoxie.com

Fête de saint Justin

Fête de saint Justin Popović au monastère de Ćelije

Fête de saint Justin Popović au monastère de Ćelije

Fête de saint Justin Popović au monastère de Ćelije
Fête de saint Justin Popović au monastère de Ćelije

De même que les années précédentes, le monastère de Ćelije a été le lieu de rencontre dans la prière des fidèles de Serbie et de l’étranger à l’occasion de la mémoire annuelle de saint Justin le 14 juin. La divine liturgie était présidée par le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque, assisté du métropolite de Zaporojié et Melitopol Luc (Église orthodoxe d’Ukraine), de l’évêque diocésain Mgr Miloutine de Valjevo, de l’évêque de Timok Hilarion, de l’évêque d’Australie et de Nouvelle Zélande Silouane, de l’évêque émérite de Herzégovine Athanase, ainsi que de nombreux prêtres de différents diocèses de Serbie, de l’archiprêtre Valery Mikheïev, recteur de la paroisse russe hors-frontières de Berlin. À l’issue de la liturgie a eu lieu la cérémonie de la « slava » puis le repas festif. Dans son homélie, le métropolite Amphiloque a déclaré, entre autres : « La beauté divine, la beauté de la création est réunie dans le visage de l’homme. Dieu s’est révélé de la façon la plus parfaite, Il a révélé la plénitude de Sa beauté et de Sa bonté dans la Personne de Son Fils unique qui pour nous et notre salut est devenu homme. Ceux qui Le rencontrent sur terre, et ensuite dans l’éternité, reçoivent de Sa beauté. Ce sont les saints prophètes, les apôtres et ensuite tous ceux qui sont baptisés en Son nom jusqu’à la fin du monde et des siècles. Parmi eux occupent une place spéciale les saints hommes de Dieu, chez lesquels le Dieu d’Israël, le Dieu du peuple élu, est particulièrement merveilleux. Nous nous trouvons aujourd’hui sur le lieu où a brillé la beauté divine d’une façon particulière, là où le Seigneur a envoyé deux de Ses nouveaux élus, le saint évêque Nicolas et le père Justin… Ici, le Seigneur a envoyé deux témoins merveilleux, magnifiques, qui n’ont pas seulement cru en Lui, pas seulement écrit à son sujet des livres précieux, mais L’ont rencontré de la même façon que les femmes myrrophores, les saints apôtres, tous ceux qui ont vu Dieu et les prophètes. Dieu, en notre temps, a envoyé deux saints à notre peuple, deux prophètes, deux témoins. Non seulement à notre peuple mais à tous les peuples de la terre… Aux jours de son incarcération dans le tristement célèbre camp de Dachau, l’évêque Nicolas a vu l’horreur de son temps de façon prophétique. Dieu lui a donné les yeux qui voient les mystères de ce monde. C’est en ce lieu qu’a commencé pour lui le mystère de la vision de Dieu, et c’est ici que son disciple le saint père Justin a vécu dans l’ascèse, a célébré et a rencontré le Seigneur vivant. Lisez ses écrits et ceux du saint évêque Nicolas et vous verrez qu’ils n’ont pas été rédigés par des intellectuels habituels, des gens aux nombreuses connaissances, dont la Sainte Écriture et les vies des saints de Dieu. Ces écrits émanent de gens qui ont rencontré le Christ. Ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont entendu, ce qu’ils ont palpé de leurs mains, à l’instar des apôtres, ils l’ont témoigné. De même que l’évêque Nicolas est le prophète de notre temps, la voix prophétique du saint staretz Justin a été entendue ici. Cette voix retentit jusqu’à nos jours. Sa vision, sa connaissance et sa sagesse qu’il a puisées de sa rencontre avec le Seigneur, Auquel il a consacré toute sa vie, nous rassemblent aujourd’hui auprès de son reliquaire en ce lieu saint ancien de Ćelije » a conclu le métropolite.

Source: Orthodoxie.com

Première liturgie orthodoxe serbe à Grande Canarie

Première liturgie orthodoxe serbe à Grande Canarie

Le lundi après la Pentecôte, dans le sud de Grande Canarie, près de Maspalomas, a été célébrée pour la première fois la liturgie orthodoxe serbe avec la bénédiction de l’évêque d’Europe occidentale Mgr Luc (Église orthodoxe serbe). L’office a été célébré par le prêtre Marc Dabić, qui dessert les paroisses existantes sur les îles de Lanzarote et Tenerife. À cette occasion a été baptisé un Serbe de Sarajevo, qui, comme beaucoup d’expatriés orthodoxes travaillent sur ces îles. Il est prévu dorénavant de célébrer des offices réguliers sur l’île de Grande Canarie. Outre trois prêtres du diocèse serbe d’Europe occidentale (l’archiprêtre Joan Garcia, vicaire épiscopal pour la péninsule ibérique, le hiéromoine Miquel de Majorque et le père Marc Dabić) qui desservent tous les lieux de culte, deux prêtres roumains et un prêtre russe célèbrent en permanence aux Canaries. Après avoir célébré la liturgie à Grande Canarie, le père Marc Dabić a célébré la liturgie des défunts le 26 mai 2018 à l’église russe située au Sud de Tenerife, et le dimanche 27 mai, jour de la Pentecôte, à Puerto de la Cruz, au nord de Tenerife, à la chapelle du diocèse serbe d’Europe occidentale.

Déclaration de notre patriarche Irénée à propos de l’Ukraine

Le patriarche de Serbie Irénée : « Qui aide les schismatiques ukrainiens est l’ennemi de tous les peuples slaves et de tout le monde orthodoxe »
Le patriarche de Serbie Irénée : « Qui aide les schismatiques ukrainiens est l’ennemi de tous les peuples slaves et de tout le monde orthodoxe »

Le patriarche de Serbie Irénée : « Qui aide les schismatiques ukrainiens est l’ennemi de tous les peuples slaves et de tout le monde orthodoxe »

Source: Orthodoxie.com

Intervenant le 23 mai 2018 en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, à l’occasion du prix du Fonds de l’Unité des peuples orthodoxes qui lui a été remis, le patriarche de Serbie a déclaré : « Tout le monde connaît l’exploit des centaines de milliers de Serbes qui ont combattu jusqu’à la mort pour la sainte orthodoxie [génocide des Serbes orthodoxes dans l’État indépendant de Croatie, de 1941 à 1945, ndt]. Aussi, je pense que peu de paroles sont nécessaires pour expliquer quelle est l’attitude de l’Église orthodoxe serbe envers tout ce qui se passe maintenant en Ukraine. Notre réponse est la même que celle de nos ancêtres : l’Église serbe soutien pleinement l’unité et l’intégrité de l’Église orthodoxe russe et condamne fermement les actes des uniates et des schismatiques qui déchirent la Tunique du Christ près des fonts baptismaux du Baptême de Kiev, vendant son peuple aux ennemis de la foi. Leur fin sera selon leurs œuvres (2 Cor. XI, 15). Qui aide les schismatiques ukrainiens n’est pas seulement l’ennemi de l’Église russe et du monde russe, mais aussi de tous les peuples slaves orthodoxes et de tout le monde orthodoxe », a déclaré le Primat de l’Église orthodoxe serbe.

Plus de 100 000 personnes à saint Basile d’Ostrog

Saint Basile d'Ostrog
Plus de 100 000 personnes sont venues en pèlerinage au monastère d’Ostrog à l’occasion de la fête de saint Basile

Plus de 100 000 personnes sont venues en pèlerinage au monastère d’Ostrog à l’occasion de la fête de saint Basile

aint Basile d'Ostrog
Plus de 100 000 personnes sont venues en pèlerinage au monastère d’Ostrog à l’occasion de la fête de saint Basile

La fête du saint orthodoxe le plus vénéré des Balkans, saint Basile d’Ostrog, est célébrée chaque année par des fidèles du Monténégro, de Serbie, de Bosnie-Herzégovine ainsi que d’autres pays le 12 mai. Cette année, plus de 100 000 fidèles orthodoxes ont accompli ce saint pèlerinage au monastère d’Ostrog, fondé au XVIIe siècle, pour prier Dieu et pour vénérer son saint patron.
“Le pèlerinage à Ostrog est le plus importants de tous les pèlerinages orthodoxes des Balkans. Basile d’Ostrog est un saint serbe très vénéré, c’est la raison pour laquelle les pèlerins viennent à lui depuis plusieurs siècles”, a déclaré un représentant du monastère à l’agence Tass.
Des milliers de personnes font le pèlerinage chaque année, gravissant une haute montagne jusqu’au monastère pour attendre dans une longue file afin de vénérer les reliques de saint Basile après un voyage de plusieurs jours.
“Depuis vendredi matin, les reliques ont été vénérées par entre 700 et 1000 personnes chaque heure, et le samedi, jour de la saint Basile, le nombre de personnes était encore plus considérable. Le nombre total de pèlerins a dépassé les 100 000 “, a indiqué le représentant du monastère.
Le métropolite Amphiloque du Monténégro a qualifié le flot des pèlerins de miracle divin, notant que les reliques de saint Basile ont été emportées puis ramenées au monastère de nombreuses fois, et que des milliers de personnes sont toujours venues en dépit de la période communiste qui a fortement affecté l’Église orthodoxe.
Il a également souligné que des religieuses du monastère guatémaltèque de la Sainte-Trinité ont visité le monastère d’Ostrog pour la première fois au cours du pèlerinage de cette année.
Le monastère est visité par un million de personnes chaque année, soit près du double de la population de l’ensemble du Monténégro. La grande majorité des pèlerins ont entre 14 et 18 ans et viennent au monastère pour y discerner leurs chemin de vie.
Saint Basile et son monastère font la fierté et la joie des chrétiens orthodoxes serbes du Monténégro. Dans une intervention sur le site de l’Église serbe du Monténégro, le père Predrag Specanovic a déclaré : “D’autres villes d’Europe peuvent avoir leurs lieux de pèlerinage, mais seul saint Basile est capable de rassembler un si grand nombre de croyants de différentes régions”.
Le monastère a été fondé au XVIIe siècle par saint Basile d’Ostrog, qui y mourut en 1671. Deux églises rupestres subsistent après un incendie survenu dans les années 1920, qui sont aujourd’hui les principales constructions du monastère. L’église supérieure, dédiée à la Présentation du Seigneur, se trouve à près de 1000 mètres au sommet de la montagne. L’église inférieure, consacrée à la Sainte Trinité, date de 1824.
Saint Nicolas Velimirovich a écrit sur saint Basile dans le Prologue d’Ochrid :
Saint Basile est né à Popovo Polje, un village de l’Herzégovine, de parents simples et pieux. Dès sa jeunesse, il fut rempli d’amour pour l’Église de Dieu et quand il atteignit la majorité, il entra dans le monastère de la Dormition de la Très Sainte Théotokos à Trebinje et y reçut la tonsure monastique. En tant que moine, il est rapidement devenu célèbre en raison de sa vie ascétique authentique et sa vie solitaire. Saint Basile se soumettait sans cesse à toutes sortes de mortifications, chacune plus contraignante et plus difficile que la précédente. Par la suite, contre son gré, il fut élu et consacré évêque de Zahumlje et Skenderija. En tant que hiérarque, il a d’abord vécu dans le monastère de Tvrdosh et de là, comme un bon pasteur, il a affermi son peuple dans la foi orthodoxe, les protégeant de la cruauté des Turcs et de la ruse des Latins. Quand Basile a été trop fortement opprimé par ses ennemis et que Tvrdosh a été détruite par les Turcs, il a rejoint Ostrog, où il a vécu une vie ascétique austère, préservant son troupeau par sa prière incessante et fervente. Il s’est endormi paisiblement dans le Seigneur en 1671, laissant derrière lui ses reliques non corrompues qui accomplissent des miracles jusqu’à nos jours. Les miracles sur la tombe de saint Basile sont sans nombre. Chrétiens et musulmans se présentent devant ses reliques et obtiennent la guérison de leurs maladies et afflictions les plus graves. Un grand rassemblement populaire y a lieu chaque année le jour de la fête de la Pentecôte.
Le pèlerinage annuel n’est pas un simple rendez-vous pour les touristes, mais une véritable démarche spirituelle. “Sa personnalité est miraculeuse et efficace, tant de son vivant qu’après son décès….” Tous ceux qui sont ici sont à la recherche de la vérité et de la sainteté, de la guérison de l’âme et du corps “, a déclaré le principal évêque de l’Église orthodoxe serbe au Monténégro, Amphiloque, lors du pèlerinage de 2016.

Notre fraternité saint Benoît a conduit, entre le 23 et le 31 août 2000, un pèlerinage au Monténegro d’une cinquantaine de fidèles avec office devant les reliques de saint Basile d’Ostrog qu’ils ont vénérées.

Slava de la ville de Belgrade

Fête patronale (« Slava ») de la ville de Belgrade
 Fête patronale (« Slava ») de la ville de Belgrade

À l’occasion de la fête patronale (« Slava ») de la ville de Belgrade, a eu lieu la procession désormais habituelle dans les rues de la capitale. Auparavant, la sainte liturgie a été célébrée en l’église de l’Ascension, située au centre de la ville, présidée par le patriarche de Serbie Irénée, assisté de l’archevêque de Chicago et d’Amérique centrale Pierre (Église russe hors-frontières), et de plusieurs prêtres et diacres. À l’issue de la liturgie a eu lieu la cérémonie de la Slava. Une foule nombreuse assistait à la liturgie, dont le prince Alexandre et la princesse Katarina Karageorgévitch, le directeur du bureau des affaires religieuses Mileta Radojević, le maire adjoint de Belgrade Andrija Mladenović, les représentants de l’Armée serbe et de la police. Ensuite a eu lieu la procession dans les rues centrales de Belgrade, à laquelle ont participé, outre le patriarche et les personnes mentionnées, de nombreux prêtres de l’archevêché de Belgrade-Karlovci, et des milliers de fidèles de la capitale et des environs. On peut visionner ci-dessousf des extraits de la sainte miturgie avec notamment la Petite Entrée et le chant du tropaire de l’Ascension : « Tu fus élevé dans la Gloire, ô Christ notre Dieu, réjouissant Tes disciples par la promesse du Saint Esprit, et les affermissant par Ta bénédiction, car Tu es le Fils de Dieu, le Libérateur du monde! ». À la fin du film, on voit la cérémonie de la « Slava », puis le début de la procession.

Source: Orthodoxie.com

Canonisation de trois nouveaux saints de l’Église orthodoxe serbe

Saints Grégoire et Basile de Peć

Lors de sa dernière session, tenue du 28 avril au 10 mai, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe a décidé la canonisation de trois saints martyrs. Il s’agit des saints Grégoire et Basile de Peć, et de Bosiljka Rajičić. St Grégoire de Peć (XVIIème-XVIIIème s.) était un jeune moine du monastère du Patriarcat de Peć (Kosovo). Il fut martyrisé après avoir refusé de se convertir à l’Islam. Les miracles commencèrent à se produire sur le lieu de son inhumation secrète par les chrétiens, et une petite église fut construite plus tard à cet emplacement. Les autorités communistes ont démoli l’église et construit un institut à sa place au milieu du XXème siècle, bien que les reliques incorrompues du martyr aient été découvertes pendant la démolition de l’église. Sa mémoire sera célébrée le 22 janvier / 7 février. St Basile de Peć (XVIIème s.) travaillait comme boulanger à Peć. Lorsque les Albanais enlevèrent sa fille, il décida de préserver l’honneur de celle-ci et les supplia de ne pas la convertir à l’Islam. Les Albanais ont battu celui-ci avec une cimeterre et le laissèrent mourir. La place de son inhumation était vénérée par les orthodoxes qui, plus tard, érigèrent une église à cet endroit, qui fut démolie ensuite par les Turcs. Le lieu de sa sépulture a finalement été détruit durant les hostilités au Kosovo en en Métochie en 1999. Sa mémoire sera célébrée le 29 avril / 12 mai. Bosiljka Rajičić (XVIIIème s.) était âgée de 17 ans lorsque les Albanais l’ont enlevée. Elle refusa catégoriquement de se marier à un Albanais et de se convertir à l’Islam et subit toutes sortes de tortures. Elle fut ensuite emmenée hors du village et mise en pièces. Il fut interdit à sa parenté d’inhumer ses restes. Dans le peuple, le lieu de sa mort devint connu comme « la tombe de la fille » et elle-même fut représentée sur une fresque au monastère de Peć. Sa mémoire sera célébrée le 13/26 octobre.

Source Orthodoxie.com

Le Synode de l’église russe hors-frontière apporte son soutien au métropolite Onuphre

Le Synode le l’Église russe hors-frontière apporte son soutien au métropolite Onuphre

Mgr Hilarion Alfeev
 Mgr Hilarion : « Je redoute de penser à ce qui se passerait si l’autocéphalie était accordée aux schismatiques »

Dans une interview à l’Agence grecque Romfea, le métropolite de Volokolamsk Hilarion, président du Département des affaires extérieures du Patriarcat de Moscou, a abordé différents points, dont celui de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe d’Ukraine, que nous avons traduit ci-dessous.

– Il y a quelques jours, le Patriarcat œcuménique a accepté d’examiner la question de l’octroi de l’autocéphalie en Ukraine. Comment l’Église russe voit-elle cette décision ?
– Avec perplexité. Ni S.S. le patriarche Cyrille, pas même le métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre n’ont été informés de la décision qui a été prise. Le communiqué publié souligne que le Synode « a reçu la demande concernant l’octroi de l’autocéphalie émanant de personnalités ecclésiastiques et politiques, représentant de nombreux millions d’Ukrainiens orthodoxes ». Selon les statistiques officielles, l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine réunit en son sein plus de 12.000 paroisses sur tout le territoire de l’Ukraine. C’est-à-dire deux fois plus que les deux ramifications schismatiques en Ukraine. La situation véritable de la vie spirituelle dans l’Église canonique d’Ukraine et dans la structure schismatique d’Ukraine ressort clairement d’après les nombres, par exemple, des moines et moniales. Aujourd’hui, l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine compte près de 5000 moines et moniales, tandis que le soi-disant « Patriarcat de Kiev », un peu moins de 200, et la prétendue « Église autocéphale » n’a que 15 moines et moniales dans 12 monastères. Les cas ne sont pas rares lorsque la presse se réfère à des éléments provenant de sondages payés par certains sponsors. Mais les nombres qui y sont mentionnés ne supportent pas la comparaison avec ceux que nous constatons de nos propres yeux et qui sont aisément contrôlables. En réalité, des millions de chrétiens orthodoxes d’Ukraine soutiennent notre Église et cela est clairement manifesté par les grandes processions organisées par l’Église canonique sur l’ensemble du territoire ukrainien, auxquelles, sur une base annuelle, participent des centaines de milliers de chrétiens en prière. Pourquoi nos frères de Constantinople ont-ils ignoré l’opinion de ces millions de chrétiens fidèles ? L’octroi de l’autocéphalie, contre la volonté de l’Église canonique, à un schisme issu de celle-ci, n’a pas d’avenir. Cela ne mènera pas l’Orthodoxie à l’unité, mais à l’approfondissement des différends déjà existants et à la plus grande déstabilisation de la société ukrainienne.

– Mais pour qu’une telle décision soit prise, l’accord de toutes les Églises n’est-il pas nécessaire ? Le patriarcat œcuménique n’a-t-il pas le droit d’aller vers l’octroi de l’autocéphalie, comme cela s’est précisément produit avec l’autocéphalie de la Russie ?
– Le patriarche de Constantinople Jérémie II, lors de sa visite à Moscou en 1589, a annoncé l’octroi à l’Église russe du rang patriarcal. À cette époque, il était impossible de communiquer rapidement avec les autres patriarches orientaux. Cependant, les autres primats n’acceptèrent point cet acte unilatéral auquel ils n’avaient pas participé. En 1590 à nouveau, lorsqu’au Concile de Constantinople, les patriarches de Constantinople Jérémie, d’Antioche Joachim et de Jérusalem Sophrone ont ratifé la constitution du Patriarcat en Russie, cela n’a pas été reconnu de façon panorthodoxe, en raison de la contestation de la décision prise par le Synode du patriarche d’Alexandrie, St Mélèce Pigas. Et ce n’est que lorsque les quatre patriarches orientaux, qui représentaient alors le plérôme orthodoxe, ont entériné lors d’un nouveau Concile à Constantinople en 1593, le rang patriarcal de l’Église de Russie, que celui-ci a acquis une validité indubitable. Le mode de proclamation d’une nouvelle Église autocéphale, a été examiné de façon répétée et approfondie dans le cadre de la préparation du Saint et Grand Concile et cette fois l’unanimité des Églises orthodoxes locales a été atteinte pour ce qui concerne la façon de l’octroyer. De même a été convenue la procédure qui prévoyait la participation de toutes les parties : de l’Église Mère, qui prendrait l’initiative de l’octroi de l’autocéphalie à l’une de ses parties, et du Patriarcat de Constantinople, qui coordonnerait la recherche d’unanimité des Églises locales et, finalement, de toutes les Églises orthodoxes autocéphales, sans le consentement coordonné desquelles, l’octroi de l’autocéphalie à une entité ecclésiastique resterait irréalisable. Nous avons réussi à nous mettre d’accord sur tout, hormis les problèmes techniques se rapportant au protocole, comme l’ordre des signatures. Maintenant, que voyons-nous dans la situation présente des choses ? La procédure de la proclamation de l’autocéphalie a commencé non pas par l’approbation de l’Église mère, c’est-à-dire ici de l’Église orthodoxe russe, et aussi en contournant l’Église orthodoxe d’Ukraine canonique. Il en résulte que le cheminement de l’Orthodoxie en Ukraine est décidé par des schismatiques, les autorités de l’État séculier et les parlementaires, dont beaucoup sont uniates ou représentent d’autres religions et confessions. Une telle autocéphalie serait-elle validée par les signatures des Primats des Églises orthodoxes ?

– Éminence, il se peut que la question de l’autocéphalie soit en relation avec les prochaines élections présidentielles en Ukraine ? Pensez-vous que le président Porochenko utilise ce que nous appelons la question sensible de la foi ?
– Cette entreprise, c’est-à-dire la formation d’une « Église locale unique » en Ukraine, a pour leaders les autorités au pouvoir, les groupes schismatiques et les gréco-catholiques [uniates, ndt]. Les politiciens voient cela comme une occasion pour un début réussi de la campagne électorale sur un fond de crise économique aggravée dans le pays. Les schismatiques qui, avec le soutien des autorités, continuent maintenant encore à s’emparer des édifices de l’Église orthodoxe canonique d’Ukraine, ont un besoin vital d’un fondement canonique et du soutien de n’importe quelle Église canonique orthodoxe. Pour les uniates, l’unification des schismatiques et l’acquisition par eux d’une existence canonique au sein de l’Orthodoxie est l’un des plans de soumission de l’Orthodoxie à Rome. La première demande du parlement ukrainien au patriarche Bartholomée en 2016 avait pour origine les parlementaires dont la majorité étaient uniates. La présente entreprise est également mise en œuvre avec le soutien des personnalités de l’État et des députés qui appartiennent à l’Église uniate. La direction de l’Église gréco-catholique d’Ukraine déclare clairement que la reconnaissance des confessions anti-canoniques comme canoniques par le Patriarcat de Constantinople est le premier pas, qui sera suivi par « l’unification de toutes les Églises qui proviennent du Baptême de Vladimir ». De quoi s’agit-il ? Peut-être les uniates veulent-ils l’autocéphalie ? Non, ils veulent que les orthodoxes « réintègrent Rome ». Le slogan des partisans de l’autocéphalie est fondamentalement mensonger et anti-ecclésial : « L’État indépendant doit disposer d’une Église indépendante ». En suivant une telle logique, nous devons diviser aussi les autres Églises locales historiques : Alexandrie, Antioche, Jérusalem, Serbie etc., en de nombreux segments, conformément aux pays auxquels elles sont soumises. Le fait suivant est cependant intéressant : aucun politicien ukrainien n’a émis d’objection à ce que les uniates ou catholiques-romains ukrainiens restent unis à Rome : pourquoi alors l’unité de l’Église orthodoxe d’Ukraine avec le Patriarcat de Moscou provoque-t-elle une réaction aussi délirante ?

– Que sera « le jour du lendemain » dans le cas de l’octroi de l’autocéphalie en Ukraine ? Aurons-nous une nouvelle « guerre froide » ?
Nous savons que déjà depuis plusieurs années, la communion eucharistique a cessé entre les deux anciens Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem, et ce malgré les tentatives du Patriarcat de Constantinople et des autres Églises orthodoxes locales, ce problème douloureux n’est pas réglé. Soyez attentif au fait que nous parlons ici d’une seule paroisse dans la capitale du Qatar, Doha, avec des paroissiens qui dans le meilleur des cas sont au nombre d’une centaine. Je redoute de penser à ce qui se passera, si le scenario d’octroi de l’autocéphalie aux schismatiques ukrainiens devient réalité. Nous devons comprendre qu’il y aura différentes extensions au problème qui sera créé, car il ne s’agira pas seulement d’une paroisse, comme c’est le cas au Qatar, mais de plus 12.000 paroisses de notre Église. La division au sein de l’Orthodoxie universelle qui sera la conséquence inévitable de ce mouvement erroné, pourrait être comparée avec la division entre Orient et Occident en 1054. Nous enterrerons l’unité de l’Orthodoxie si quelque chose de tel se produit. Pour cette raison, à titre personnel, je ne veux même pas essayer d’imaginer de quelconque façon « quel sera le jour du lendemain ».Je veux cependant croire que la position coordonnée des Églises orthodoxes locales, qu’elles ont à maintes reprises exprimées dans le passé, maintiendront à l’avenir également, l’Orthodoxie universelle loin de la division. Cette position coordonnée ramènera, tôt ou tard, les schismatiques dans le sein de l’Église. C’est ce que je crois et prie pour que cela se produise !