Mardi Saint

Parabole des vierges sages et des vierges folles

Tropaire, t. 8

Voici l’Époux, il arrive au milieu de la nuit ; * bienheureux le serviteur qu’il trouvera vigilant, * malheureux au contraire celui qu’il trouvera dans l’indolence. * Veille donc, ô mon âme, à ne pas tomber dans le sommeil, * pour qu’à la mort tu ne sois livrée et que les portes du royaume ne se ferment devant toi, * mais redouble de vigilance pour chanter : * Saint, saint, saint es-tu, Seigneur notre Dieu, * par les prières de la Mère de Dieu aie pitié de nous.

À LA LITURGIE

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu

(24, 16 28, 2)

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   Le Seigneur dit à ses disciples : Pour ce qui est du jour et de l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul. Comme furent les jours de Noé, tel sera l’avènement du Fils de l’homme. Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs filles, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et ils ne surent rien jusqu’à ce que survînt le déluge, qui les emporta tous : ainsi en sera-t-il à l’avènement du Fils de l’homme. Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris, l’autre laissé ; de deux femmes qui moudront à la meule, l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, puisque vous ne savez à quel moment votre Seigneur doit venir. Sachez-le bien, si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y pensez pas.

   Quel est donc le serviteur fidèle et prudent que son maître a établi sur les gens de sa maison pour leur distribuer la nourriture en son temps ? Heureux ce serviteur, que son maître à son retour trouvera agissant ainsi ! En vérité je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. Mais, si c’est un méchant serviteur et que, disant en lui-même : Mon maître tarde à venir, il se mette à battre ses compagnons, à manger et boire avec des gens adonnés au vin, le maître de ce serviteur viendra au jour qu’il n’attend pas, à l’heure qu’il ne sait pas, et il le fera déchirer de coups et lui assignera son lot avec les hypocrites : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

   Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, s’en allèrent au devant de l’époux. Il y en avait cinq qui étaient folles et cinq qui étaient sages. Les folles, en effet, ayant pris leurs lampes, ne prirent pas d’huile avec elles ; mais les sages prirent avec leurs lampes de l’huile dans des vases. Comme l’époux tardait à venir, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, on cria : Voici l’époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes. Et les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les sages répondirent : Nous craignons qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous : allez plutôt chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous ! Mais pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent aussi, disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Il leur répondit : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas !

   Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure où le Fils de l’homme viendra !

   Car il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs et leur remit ses biens. À l’un il donna cinq talents, à l’autre deux talents, au troisième un talent, selon la capacité de chacun ; et il partit. Celui qui avait reçu cinq talents s’en alla les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. Mais celui qui n’avait reçu qu’un talent s’en alla creuser la terre et y cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs, étant revenu, leur fit rendre compte. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha et lui en présenta cinq autres en disant: Seigneur, tu m’avais remis cinq talents ; en voici cinq autres que j’ai gagnés. Son maître lui dit : C’est bien, serviteur bon et fidèle, parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup, entre dans la joie de ton maître ! Celui qui avait reçu deux talents vint aussi et dit : Seigneur, tu m’avais remis deux talents, en voici deux autres que j’ai gagnés. Son maître lui dit : C’est bien, serviteur bon et fidèle, parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup, entre dans la joie de ton maître !

   S’approchant à son tour, celui qui n’avait reçu qu’un talent lui dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé et ramasses où tu n’as pas vanné. J’ai eu peur et je suis allé cacher ton talent dans la terre : le voici, je te rends ce qui est à toi. Son maître lui répondit : Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et, que je ramasse où je n’ai pas vanné ; il te fallait donc porter mon argent aux banquiers, et à mon retour j’aurais retiré ce qui m’appartient avec un intérêt. Otez-lui donc ce talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a. Et ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents !

   Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges saints, il prendra place sur le trône de sa gloire. Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs. Il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux de droite : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé depuis les origines du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli, j’étais nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir ! Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de te visiter ? Et le Roi leur fera cette réponse. En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait !

   Alors il dira à ceux de gauche : Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli, j’étais nu et vous ne m’avez pas tu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité ! Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne t’avoir point secouru ? Alors il leur répondra : En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez point fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez point fait ! Et ils s’en iront, ceux-ci à la peine éternelle, et les justes à une vie éternelle. Et lorsque Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples : La Pâque, vous le savez, aura lieu dans deux jours, et le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié !

Florilège liturgique

Ô Christ, Époux de nos âmes, veuille nous compter parmi les vierges sages, agrège-nous au troupeau de tes élus et prends pitié de nous. Amen.

Pour avoir mépril’ordre du tyran, * les trois nobles Jeunes Gens * furent mis dans la fournaise, * mais ils chantèrent pour rendre gloire à Dieu : * Toutes les oeuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Gloire à toi, notre Dieu, gloire à toi.

Rejetant l’indolence loin de nous, * tenons nos lampes allumées * et partons à la rencontre du Christ, * l’immortel Époux devant lequel nous chanterons : * Toutes ses oeuvres, bénissez le Seigneur.

Bénissons le Seigneur, Père, Fils et saint Esprit.

Que notre âme soit remplie suffisamment * dune huile de charité, * pour ne point devoir en acheter, * au lieu d’accueillir l’Epoux et de chanter : * Toutes ses oeuvres, bénissez le Seigneur.

Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, Amen.

Puisque Dieu vous a donné pareillement * sa grâce et son pouvoir, * faites fructifier votre talent * avec laide du Christ pour qui nous chanterons : * Toutes ses œuvres bénissez le Seigneur.

Mon âme indolente est tombée dans le sommeil, * et je n’ai pas acquis, ô Christ, mon Époux, * la lampe qui brille du feu des vertus ; * vierge folle je suis devenu, * car au temps du labeur j’ai folâtré ; * ô Maître, ne me ferme pas ton amour et ton cœur, * mais dissipe mon sommeil ténébreux, * réveille-moi pour me faire entrer * avec les vierges sages dans ton palais, * là où le choeur des Justes fait retentir sa pure voix * et te chante : Seigneur, gloire à toi.

Gloire au Père… Maintenant… Amen.

Tu as entendu la condamnation * de celui qui cacha son talent : * ô mon âme, ne cache pas la parole de Dieu ; * proclame ses merveilles, multiplie ses dons, * afin d’entrer dans la joie de ton Seigneur.