Cette période
estivale permet d’entreprendre création, restauration, élagage…
Nous avons aménagé le Parc Saint BABYLE qui permet aux fidèles et pèlerins d’accéder à la crypte et à l’ossuaire de la basilique restaurés récemment, ainsi qu’à la grotte de l’Archange Michel, en partant de Béthanie.
Ainsi les fidèles peuvent méditer et se reposer en admirant la Colline Sainte Croix où se retirait Saint GÉNY pour prier et méditer dans le calme et la sérénité.
Saint Babyle est le plus vénéré compagnon de Saint CLAIR, et, selon la Tradition, l’associé constant des travaux de son apostolat, l’ayant suivi pas à pas dans tous les lieux qu’il évangélisa, depuis son départ de Rome, jusqu’à sa mort à Lectoure.
D’après des documents crédibles, Hauteserre nous apprend qu’il fut martyrisé à l’extérieur de la Cité, comme St Clair, une Croix en rappelle le lieu, non pas le même jour mais à une date proche. Il était honoré d’un culte spécial dans le diocèse de Lectoure où le peuple le désignait sous le nom de Saint Bébel (Dictionnaire d’Hagiographie de Migne selon l’abbé Couture qui occupa la Chaire de Littérature romane à l’Institut Catholique de Toulouse)
Nous avons
entrepris également la RESTAURATION de l’antique mur de clôture du Monastère où
ont vécu et sont sanctifiés les Moines jusqu’à la révolution française, devenu
après restauration la Maison Béthanie car il menaçait de disparaître, abandonné
d’entretien depuis plus de deux siècles.
Nous avons dégagé
les antiques pierres sur 30 mètres, recouvertes de végétation, voir d’arbres et
buissons, de cette clôture monastique construite pour protéger les moines, leur
permettre de prier dans la paix et vaquer à leurs occupations.
Ce travail
minutieux a été réalisé à l’ancienne, manuellement, avec amour et respect du
sacré par des fidèles orthodoxes courageux et solides. Que Dieu les bénisse
pour cette réalisation spectaculaire.
Cette clôture protégeait le Monastère avec ses trois puits, toujours en fonctionnement, longée d’un chemin qui nous mène à la Chapelle, en bois de Saint Antoine le Grand, avec ses icônes sculptées, et aux parcs arboré et provençal. Ce mur regarde la Colline Sainte Croix et l’ermitage où montait Saint Gény.
Le 29 juin, le Père MICHEL, recteur de la Paroisse Saint Aventin de Tarbes, a célébré, en l’église de la Nativité de la Mère de Dieu de MONTSEGUR (Haute-Ariège), prêtée par le Diocèse de Foix, le mariage de
ELIE Roy, bûcheron, né le 7 novembre 1986 à Paris XIIIème, baptisé en la Basilique St Gény de Lectoure en 2016
et de
LEA Defawe, bibliothécaire, née le 2 juin 1993 à Saint-Martin d’Hères (Isère) baptisée en la Basilique Saint Gény de Lectoure en 2019
Entrée des fiancés, la famille et les amisAccueil BénédictionCouronnementDanse d’Isaïe
Lorsqu’arriva le jour de la Pentecôte, les Apôtres se trouvaient tous ensemble dans un même lieu. Soudain retentit depuis le ciel un bruit pareil à un souffle violent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis.
lls virent apparaître une sorte de feu, qui se partageait en langues, pour se poser sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit saint et se mirent à parler en d’autres langues, chacun s’exprimant selon le don de l’Esprit.
Or il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui se produisit, ils se rassemblèrent en foule, et chacun eut la stupéfaction de les entendre parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils se disaient tous, les uns aux autres: Ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Nous qui sommes Parthes, Mèdes ou Elamites, qui habitons la Mésopotamie, la Judée ou la Cappadoce, le Pont, l’Asie, la Phrygie, la Pamphylie ou l’Égypte, Libyens de Cyrénaïque, Romains résidant ici, Juifs de naissance ou prosélytes, Crétois ou Arabes, tous, nous les entendons en notre propre langue proclamer les merveilles de Dieu !
Lecture du saint Évangile selon saint Jean
(20,19-23)
Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, toutes portes étant closes par crainte des Juifs, Jésus vint là où se trouvaient les disciples, il se tint au milieu d’eux et leur dit :
La paix soit avec vous !
Ce disant, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit encore une fois :
La paix soit avec vous !
Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Puis il souffla sur eux et leur dit: Recevez le saint Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.
Tous les peuples ont vu * des merveilles en ce jour * dans la cité de David lorsque l’Esprit saint descendit * sous la forme de langues de feu comme saint Luc nous l’a rapporté : * les Disciples du Christ se trouvant tous réunis, * soudain retentit du ciel un fracas, * une violente bourrasque de vent * et ce bruit remplit toute la maison où ils siégeaient; * et tous ils se mirent à parler * en langues étrangères pour enseigner * la doctrine nouvelle de la sainte Trinité.
L’Esprit saint qui est, qui était, qui sera toujours, * sans principe et sans fin, * jouit du même rang que le Père et le Fils ; * il est la Vie, le Seigneur vivifiant, * la lumière et la source de la clarté; * il est le bien, le trésor de bonté ; par lui le Père est connu et le Fils glorifié ; * à tous il révèle l’unique puissance et l’intime union, * la même adoration de la sainte Trinité.
L’Esprit saint, lumière et vie, * eau vive qui jaillit mystiquement, * Esprit de sagesse, de science, de bonté, * droiture, intelligence souveraine purifiant les péchés; * il est Dieu et nous déifie ; * feu jaillissant du feu, * parlant et agissant * et répandant les charismes divins ; * par lui tous les Prophètes et les Apôtres de Dieu * ont reçu la couronne en compagnie des Martyrs : * étrange vision, prodige inouï ! * le feu se divise pour le partage des dons.
Roi céleste, Consolateur, * Esprit de vérité, * partout présent et remplissant l’univers, * trésor de grâce qui donnes la vie, * viens et demeure en nous, * purifie-nous de tout ce qui est vil * et sauve nos âmes, ô Dieu de bonté.
Dans la gloire tu t’élèves, ô Christ notre Dieu, * comblant tes Disciples de joie * par la promesse du saint Esprit, * leur donnant force et de tes mains les bénissant, * car tu es le Fils de Dieu, le rédempteur du monde.
Nous
sommes heureux de vous recevoir pour la seconde année en cette Basilique Saint
Gény.
Vous me permettrez de remercier, au nom de l’Église orthodoxe serbe et au notre qui desservons ce lieu de culte ancestral, de l’Église indivise, la Maîtrise et Chantres de St Joseph et de les féliciter du pieux plaisir qu’elle nous procure aujourd’hui.
C’est, en effet, un vrai régal de vous entendre. Vous vous trouvez dans une communauté où l’on sait apprécier la belle musique : grâce à vos chanteurs et chanteuses, nous avons la joie d’en goûter, des spécimens choisis. Ici donc on ne saurait être insensible à votre exécution, qui touche à la perfection.
La musique et le chant ont toujours été en honneur dans l’Église, et dans l’Orthodoxie tous les offices, des dimanches et en semaine, sont chantés entièrement. Le chant fut, au cours de ses offices et depuis les temps les plus reculés, une des formes les plus goûtées de la prière. Et c’est un de ses plus illustres Pères, St Augustin, qui disait : « qui chante bien prie deux fois »
Quand Charlemagne demanda d’ouvrir partout des écoles populaires gratuites, l’Église accepta ce programme qui lui souriait : en plus de la lecture, de l’écriture, du calcul, il exigea que le clergé enseignerait la musique et le chant.
Les Églises ont d’ailleurs des chants qui leur sont propres, et qui n’a cessé de faire l’admiration des artistes de tous les temps. Elles y tiennent beaucoup, elles l’ont restauré naguère, en les ramenant à leur pureté primitive.
Mais elles ne condamnent pas pour autant la polyphonie, celle dont vous
jouissez cet après-midi. Au contraire, elles l’encouragent de tout son
pouvoir ; elles l’admettent chez elles, à condition qu’elles-mêmes
respectent la liturgie.
Aux musiciens, l’Église a donné une Patronne céleste, et elle l’a choisie parmi mes plus grandes et les plus pures sainte de son histoire de l’Église indivise : la vierge Cécile .
Mosaïque de Sainte Cécile
Comme ils ont fait naître les plus merveilleuses fresques, nos Mystères
chrétiens, la Vie de nos Saints ont inspiré aux artistes, anciens et modernes,
en même temps que les sublimes icônes, leurs plus splendides compositions
musicales. Et quel plaisir, quelle émotion de les entendre exécuter avec talent
par nos Maîtrises et nos Chorales !
Par la musique vocale, plus qu’instrumentale, l’Église se propose, non point de nous distraire, mais de nous faire mieux prier, d’élever plus haut nos âmes et nos cœurs : jusqu’au ciel, où Dieu règne dans sa gloire.
Père David, Archiprêtre de la Cathédrale Sts Gervais & Protais de Lectoure, aumônier de la Maîtrise et Chantres de St Joseph, des écoles, collège et lycée chrétiens de la cité
Là-haut, on chante aussi et l’on fait de la musique, comme nous l’explique Saint Jean dans son Apocalypse : « jouant de leurs cithares, ils chantaient comme un cantique nouveau, devant le trône » « tenant les harpes de Dieu, ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau disant : « Grandes et admirables sont tes œuvres, Seigneur Dieu Tout-Puissant »
Chantons ici-bas , de notre mieux, les louanges du Bon Dieu ; et méritons de nous mêler un jour, pour toujours, au chœur des Anges et des Élus qui, au pied du trône de l’Agneau, font entendre sans se lasser, l’Alleluia et le Sanctus éternels.
Direction: François Bonnet Arrangements: Patrice Albert
Amen
Stella slendens (Livre vermeil de Monserrat, XIV°siècle)Miserere (Polyphonie Nanino/grégorien, XVI°siècle)Jesu Salvator Mundi (Menegali, XVI°siècle)Mariam matrem (Livre vermeil de Monserrat, XIV°siècle)Lodate Dio (Giovanni Animuccia, XVI°siècle)Salve Regina des bergers (Chant traditionnel du Rouergue)Alle psallite cum luya (Manuscrit de Montpellier, XIII°siècle)
Le samedi 18 mai, le Père Alain, Recteur de la Paroisse de Bordeaux a procédé à la chrismation de Vincent CRUZ-MERMY, président de l’Association Amitié franco-serbe de Bordeaux.
Le Père Michel, Recteur de la Paroisse de Tarbes a accueilli, samedi 18 mai, les élèves de l’Université Bordeaux Montaigne présents en Bigorre pour la visite de différents lieux de cultes, le groupe hétérogène accompagné par leur professeur Mme Bernadette RIGAL-CELLARD responsable du master religions et sociétés, ont été agréablement surpris par la beauté des fresques et de l’iconostase. Ils ont échangés pendant plus de deux heures.
Le groupe, bien que plus orienté sur une vision sociologique des cultes, n’est pas resté insensible au mystique que dégage notre église.
Nous pensons que notre église tarbaise sera un passage obligatoire pour les universitaires des prochaines sessions, tant leur professeur a été surprise et étonnée qu’un tel lieu de culte soit méconnu.
Le groupe de l’Université ont ensuite pris un petit goûter autour du Père Michel.
Après la Divine Liturgie, pour la fête de Saint GÉNY, les
fidèles se sont rendus en procession, par le cloître, aux Catacombes Saint
Babyle, récemment restaurées par les Pères du Monastère.
Chacun a pu prier dans la grotte de l’Archange Michel et vénérer l’icône en pierre, copie de celle conservée au Mont Gargan (Italie du Sud) dont elle a été rapportée lors d’un pèlerinage avec cinquante fidèles.
Crypte de l’Archange Michel
Ensuite chacun s’achemina vers la crypte, placée sous le Maître-Autel de la Basilique, où sont regroupés les ossements des moines depuis la fondation par Saint Gény jusqu’à la révolution de 1789.
Crypte
On peut prier également pour le restaurateur de la Basilique, Mgr Charles de Cortade, (182O – 1892) qui en entreprit une première restauration et décède sur place. Il repose dans le couloir de la crypte. Ses restes ont été violés et dispersés par des intrus qui pensaient trouver un trésor vers la fin du XXème siècle, mais qui n’était que spirituel.
Sépulture de l’Abbé Félix-Charles de Cortade, restaurateur au XIXème siècle
L’église St Gény a été consacrée le 25 juillet 1852 par
l’Archevêque d’Auch Mgr Nicolas La Croix d’Azolette, par l’Evêque d’Agen Mgr
Jean-Aimé Levezou de Luzençon. Le poète Jasmin, ami de Frédéric Mistral,
déclama son poème Lou Presté sans glèiso
Ossuaire des moines
Les 3 et 4 juin 2001 l’église fut à nouveau consacrée par le Métropolite NICOLAS de Sarajevo, l’Évêque LUKA de Paris et l’Évêque Athanase d’Herzégovine, en présence de plus de 600 fidèles . Plusieurs évêques serbes sont venus ensuite s’y recueillir.
Icône en pierre de Saint Gény (IVème siècle)
3 MAI
Dormition de notre vénérable Père GÉNIE DE LECTOURE
Œuvre du moine-prêtre Denis, 2001
PETITES VÊPRES
Lucernaire, t. 5 Te donnant au baptême ce nom, * tes parents ont fait de toi un bon Génie, * le gardien tutélaire de Lectoure et de toute la contrée; * c’est pourquoi les habitants de la Lomagne, en ce jour, * et ceux de l’Armagnac te glorifient, * rendant grâces, vénérable Père, à notre Dieu * pour ta constante et bienveillante protection. Le génie de l’homme avait sculpté* avec art l’or et J’argent* ainsi que la pierre pour en faire des dieux; * mais toi, par le baptême devenu * participant de la nature même de Dieu * et fils du Père par adoption, tu as prêché* qu’à ces matériaux n’est pas semblable la Divinité. Ingénieux dans le mal se sont montrés les impies* qui n’ont pas jugé bon * de garder la connaissance de Dieu; * aussi le Seigneur a-t-il laissé * ces mauvais génies à leur esprit dépravé; * mais toi, vénérable Père, tu t’es ingénié* à mener vers la lumière les esprits ingénus. Père vénérable, tu peux te flatter * d’avoir été le guide des non-voyants, * la lumière pour ceux qui dans les ténèbres cheminaient,* l’éducateur des ignorants et le maître des simples, * le père des pauvres, leur pédagogue judicieux, * toi qui possédais dans la loi d’amour de notre Dieu* l’expression même de la connaissance et de la vérité.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit
Louons saint Génie, ce bienfaiteur * qui ne s’est pas contenté * d’être un homme de prière et de méditation, * mais fut pour ceux qui s’approchèrent de lui * un prédicateur de la foi, * conduisant au baptême ceux qu’il avait convertis; * après sa mort, plus vivant que jamais, * il s’est montré un véritable bienfaiteur, * guérissant sur sa tombe les aveugles pèlerins * et rassasiant les veuves pauvres de bon pain, * à l’image du Christ notre Dieu, * qui nous donne avec sa lumière la nourriture de vie.
Maintenant et toujours et dans les siècles des siècle, Amen.
Stavrothéotokion Elles sont accomplies, les prophéties * te concernant, ô Vierge, ainsi que la Croix de ton Fils: * par ta conception et ton virginal enfantement * tu es devenue, en effet, * la porte de l’Eden regardant vers l’orient, * par où nul n’est passé hormis le Roi de l’univers; * en toi, comme dans le buisson embrasé, * demeura le feu divin sans que tu fusses consumée, * de toi la pierre d’angle s’est détachée comme de la montagne non touchée * et la sainte Impératrice, retrouvant en ce jour la vraie Croix, * accomplit l’oracle du prophète David au sujet de ton Fils, * car nous nous prosternons devant ce qui fut l’escabeau de ses pieds.
Apostiches, t. 6 Heureuse la nation qui a pour Dieu le Seigneur, * bienheureux le peuple qu’en héritage il s’est choisi, * prospère la contrée qu’il a pourvue de saints protecteurs;* c’est pourquoi Lectoure vénère en ce jour son bienfaiteur * et lui chante: Réjouis-toi * qui, ayant les mains innocentes et le coeur pur,* as gravi la montagne du Seigneur pour te tenir en son lieu saint.
Elle est précieuse devant le Seigneur, la mort de ses amis.
Qu’une armée vînt camper contre toi,* ton coeur fut sans crainte, Génie: *Dieu ne t’a point livré aux mains de l’ennemi, * mais il a mis au large tes pas; * dans les eaux débordantes demeura le Seigneur, * par ta parole sa voix a retenti sur les eaux * pour diviser sur tes auditeurs les flammes de feu.
Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur, qui se plaît à ses préceptes.
Un fleuve, Seigneur, éleva la voix, * un fleuve souleva ses flots mugissants, * dans le fracas des grandes eaux, * admirables comme les vagues de la mer; * puis, sur les eaux débordantes s’éleva * la prédication de ton serviteur adressée aux soldats, * qui rendit ton témoignage vraiment digne de foi.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit
Admirable est notre Dieu dans les hauteurs, * les sommets des montagnes sont à lui: * sur terre on s’attaque à la vie du juste, on condamne à mort l’innocent, * mais le Seigneur fut un refuge pour toi, saint Génie, * en lui tu espérais, il fut ton secours, il submergea les complots des impies * et suscita par ta parole une foule de témoins, * renonçant aux idoles des nations * pour devenir les adorateurs de la sainte Trinité.
Maintenant et toujours et dans les siècles des siècles, Amen.
Théotokion De l’Archange imitant la voix, * chantons fidèlement * le céleste palais, * la porte scellée en vérité: * Réjouis-toi, par qui nous fut donné le Sauveur de l’univers, * le Christ source de vie et notre Dieu; * repousse, notre Dame, les ennemis de notre foi, * qui font peser sur nous leur tyrannie; * qu’ils sachent la puissance de ton bras, * Vierge sainte, espérance des chrétiens.
Mes Bien Chers Frères, Les peuples entourent de respect et d’honneur la mémoire de leurs grands hommes ; ils célèbrent leurs services, leur génie et veillent avec un soin jaloux sur leur tombeau.
Bien différent est l’honneur que l’Église rend à ceux qu’elle appelle
les Saints. Ceux-là sont vraiment dignes des triomphes qu’on leur décerne;
l’humanité croyante est unanime à le proclamer et elle reconnaît en eux ses
véritables bienfaiteurs. En eux, elle honore surtout ce qui fait l’homme grand
et honorable: la vertu, et si elle entoure leurs restes de respect et de
vénération, c’est à autre chose qu’à des ossements qu’elle prétend bien faire
parvenir ses louanges et ses marques d’honneur. Mais, puisque la fête de ce
jour nous y invite, entrons à ce sujet dans quelques amples explications.
Quels sont les caractères de la touchante cérémonie dont vous êtes ce
jour les témoins ? Que devait dire à vos âmes l’exposition des saintes reliques de Saint Gény ?
Le culte que nous rendons aux reliques est d’abord un acte de foi. Ce
n’est pas seulement un pieux souvenir que nous donnons à celui qui a vécu ici
il y a plus de quinze siècles, mais nous faisons par là une triple affirmation.
Nous affirmons d’abord l’immortalité de l’âme humaine. Ces ossements
nous rappellent un être qui a cessé de vivre ici-bas, c’est vrai, mais qui
continue à vivre ailleurs, d’une vie plus pleine, plus réelle, plus intense et
sans fin.
Nous affirmons en second lieu que le bonheur existe au-delà de la tombe,
que les saints en jouissent, et que par eux nous espérons jouir de l’éternelle
félicité. Par là nous condamnons tous les paradis terrestres inventés par les
faiseurs de systèmes.
Nous affirmons enfin la résurrection des corps. Ces ossements que nous conservons dans des chasses précieuses ou des reliquaires, gardent enfermés des étincelles de vie, et un jour viendra où le Seigneur fera tressaillir ces restes et les tirera de leur humiliation. La mort perd donc à nos yeux le plus terrifiant de ses caractères apparents : l’éternité ; elle n’est qu’une dissolution d’un moment, une séparation passagère.
Le culte des reliques est ensuite un acte de respect et d’honneur. Sans
doute, des ossements ne sont rien par eux-mêmes, sinon une vile matière, venue
de la terre, destinée à la terre. Mais nous savons que ces membres ont servi au
bien et aux bonnes œuvres, qu’ils ont été l’objet de la pénitence, les
coopérateurs des travaux des saints, les instruments dociles de leurs âmes, et
que l’enveloppe de chair que nous vénérons forma comme la demeure de l’auguste
Trinité, et en particulier de l’Esprit de Dieu. Dieu est passé par là, et nous
avons bien le droit et le devoir de baiser la trace de ses pas.
Mais c’est surtout l’âme qui habita le corps, que vont trouver nos hommages. Les reliques nous sont comme un canal par lequel nous transmettons aux saints notre vénération et notre culte, et par eux au Très-Haut lui-même dont les saints sont les chefs-d’œuvre. Que les protestants et les impies ne nous reprochent donc pas de faire acte d’idolâtrie ! Il n’est personne de moins idolâtre qu’un vrai chrétien, et dix-neuf siècles d’une tradition constante protestent contre cette calomnie.
« Nous n’adorons pas les reliques des saints, disait St Jérôme au IVème siècle, période où vécut ici Saint Gény, pas plus que nous n’adorons le soleil, la lune, les archanges, de peur de rendre le culte souverain à la créature plutôt qu’au Créateur, qui est béni dans tous les siècles. Nous honorons les reliques des saints, pour adorer Celui auquel ils ont rendu témoignage par leur vie vertueuse. » Nous honorons Saint GÉNY pour que l’honneur qui lui est rendu remonte jusqu’au Seigneur qui a dit : « Celui qui vous reçoit me reçoit »… Toutes les fois que nous entrons dans cette basilique, est-ce donc au temple d’une idole que nous portons nos hommages ? Les cierges et veilleuses que nous allumons devant ses reliques sont-ils donc des signes d’idolâtrie ?
Nous faisons enfin, par l’honneur rendu aux reliques, un acte de
confiance et d’espérance. Cela signifie que nous croyons les saints non
seulement vivants, mais puissants et bienveillants. Nous sommes persuadés que
le cri de notre détresse peut parvenir jusqu’à leurs oreilles, que ce cri sera
accueilli favorablement, qu’il sera transmis au Dieu tout-puissant et que ce
Dieu dont ils sont l’honneur, dont ils forment la cour, dont ils constituent
les amis, écoutera leurs requêtes et par eux nous sera plus indulgent, plus
généreux, plus libéral.
Telle a toujours été la croyance de l’Église. Celle-ci a toujours cru que les âmes justes, reçues dans le ciel, y continuent par leur intercession le ministère de charité qu’elles ont exercé par leurs prières en ce monde. Tout cœur chrétien prie pour ses frères et désire qu’ils prient pour lui; les Apôtres nous ont appris à cet égard à nous recommander les uns aux autres. Lorsqu’une âme juste quitte la terre pour le ciel, croyez-vous que sa charité soit glacée à jamais parce que son cœur de chair et de sang est refroidi par la mort ? Vous figurez-vous que le ciel soit quelque chose qui étouffe dans un éternel égoïsme la piété de l’amour fraternel ? Ou bien vous semble-t-il qu’une âme est moins puissante parce qu’elle est transfigurée, et que ses prières cessent d’être agréables à Dieu du moment qu’elle est fixée à jamais dans son amitié ? Si la prière est la toute-puissance de la créature, suffit-il de monter au ciel pour perdre ce pouvoir ? Est-on destitué parce qu’on est couronné ? Redisons plutôt comme St Jérôme : « Si les apôtres et les martyrs encore vivants de la vie du corps et préoccupés par leur propre salut, peuvent cependant prier pour autrui, combien plus le peuvent-ils après les couronnes conquises, après les victoires et les triomphes ! »
Au spectacle de ces merveilles qui se sont produites dans tous les
temps, qui se continuent de nos jours encore, le chrétien a bien le droit de
répéter avec confiance la parole de St Grégoire de Nazianze au sujet de St
Cyprien : « Les cendres de Cyprien peuvent tout, comme le savent ceux
qui l’ont éprouvé. » Oui les reliques de nos saints sont toutes-puissantes,
nous le savons par l’expérience de nos pères en la foi et par notre propre
expérience.
Gardons donc
précieusement ces restes, veillons à leur conservation, ils ont été protégés
par les Anges du départ des derniers moines à la Révolution de 1789 jusqu’à
l’arrivée d’autres moines en 2000, avec la bénédiction de notre bien-aimé Évêque
Luka.
Et surtout honorons Saint GÉNY par nos prières. Et vous, ô Saints, vous surtout dont les restes constituent le trésor de cette basilique, saints de Gascogne, saint Gény patron de Lectoure, sa sainte Mère Clara et les trente Soldats romains martyrs envoyés par l’Empereur pour l’arrêter, et qui se convertirent à son contact et furent massacrés, restez les gardiens de cette église, de cette cité, de notre Doyenné St Jean Cassien qui a des églises, rattachées à ce saint Lieu avec ses diverses paroisses de l’Occitanie et de l’Aquitaine.
Soyez pour tous nos Fidèles des remparts, vous avez été nos pères et frères dans la foi, obtenez-nous de toujours nous souvenir que nous devons être de votre race, c’est-à-dire des saints, dans un monde de débauche et de perversion. Amen !