Dimanche de la Croix
31 mars 2019
Mes Bien Chers Frères,
« Sur la Croix où Il mourut, son amour fit de lui notre rançon » ; et pour le devenir que de souffrances Il a endurées !
Il a pris sur soi tous les effets de nos fautes ; et il lui a coûté son agonie au jardin de Gethsémani, son impuissance aux mains de ses bourreaux, quoi encore ? l’abandon douloureux où son Père l’a laissé sur la croix.
Il s’est chargé d’acquitter la dette de nos péchés, et parce que le péché vaut la mort, Il a épuisé l’amertume du plus douloureux et du plus ignominieux des trépas. Homme de douleur, Il a connu la douleur comme personne, et marchant au chemin de son calvaire, Il a pu dire : Ô vous tous qui me rencontrez, arrêtez-vous, voyez et convenez qu’il n’est pas de détresse comparable à la mienne. Dieu sait cependant si l’on avait déjà souffert avant lui, et si l’on devait souffrir encore après lui ! Mais il était Dieu, et nulle douleur ne devait triompher de sa force de résistance. Aussi quand elle l’absorbe, se fit-elle torturante comme elle n’avait jamais fait encore. Du jardin à la croix elle le pressa d’un aiguillon toujours plus acéré, plus pénétrant. Sur la croix elle l’enlaça corps et âme d’effrayantes étreintes. C’est à ce prix qu’Il nous a miséricordieusement rachetés, ici-bas de la mort du péché, pour plus tard de la mort éternelle.
Si du moins, ô mon Sauveur, ceux que tu as voulu sauver consentaient tous, à bénéficier de ta Rédemption ! Mais non, ce qui ajoute encore à tes douleurs, quand tu portez votre croix, et, lorsque vous y êtes attaché, ce qui vous met aux lèvres une soif plus ardente, c’est justement de prévoir l’inutilité pour un si grand nombre de votre sacrifice. Comment alors ne t’es-tu pas lassé plus vite sur ta route aride ? Et fatigué déjà d’en avoir fourni, après l’étape de l’anéantissement, celle de la méconnaissance, comment as-tu abordé si résolument celle du Calvaire, de beaucoup la plus douloureuse ? Tout autre s’y fut rebuté. Toi, tu as marché quand même, tant tu nous as aimé ! Tant tu as eu à cœur de payer, jusqu’à la dernière obole de ton sang, la rançon de nos dernières fautes !Mais puisque l’amour appelle l’amour, puisque le bienfait commande la reconnaissance, que rendrai-je donc ici au Seigneur ? Et qu’ajouterai-je au double retour que je lui offrais à l’instant, d’abord la fidélité, puis du progrès de ma vie spirituelle ?
Il a voulu que je tienne de plus près à sa personne, et je lui ai promis de ne jamais déserter le bataillon d’élite où je me suis engagé au baptême. Il se donne à moi en nourriture, et j’ai résolu de lui livrer mon âme, pour que le baiser de la communion la marque de plus en plus à la ressemblance de ses vertus. Maintenant que je le vois chargé de sa croix, et voulant en porter les grâces jusqu’à des âmes qui trop souvent les dédaignaient, je l’aiderai à ce labeur de Rédemption et, avec la fidélité, avec le progrès, je lui offrirai encore le zèle de ma vie spirituelle, la dépense que j’en ferai à son profit sur le double terrain de l’apostolat et du bon exemple. Deux moyens que j’ai de lui donner des âmes, deux moyens que j’y emploierai ; et qu’Il daigne agréer une fois de plus cette offrande que je lui fais de tout mon savoir-faire et de toutes mes énergies. En cette triste période où l’on essaie d’affaiblir et même d’anéantir l’Église du Christ par des scandales amplifiés, où les fragiles demandent à être débaptisés, comme si cela était possible, où l’on emploie par tous les moyens, même le mensonge du serpent, d’anéantir les serviteurs de Dieu, il nous faut réagir et être plus fervents.
Le Calvaire où nous venons de nous arrêter avec Jésus est-il sa dernière halte sur son chemin de Croix ? Est-ce là , toujours persécuté jusqu’alors, qu’il arrivera pour ne plus l’être jamais ?
Il semble bien que oui, puisque le coup que la mort lui donne le rende impassible. Après son dernier soupir c’est fini. Il échappe pour jamais aux prises de la douleur, et celle-ci ne triomphe un instant de lui jusqu’à la mort que pour perdre aussitôt tous ses droits sur lui. Désormais elle aura d’autres amants. Les plus grandes âmes s’éprendront d’elle jusqu’à la passion la plus étrange. Ou souffrir ou mourir, ce sera leur devise, le cri qu’elles se renverront obstinément d’âge en âge. Il leur faudra à tout prix cette ressemblance avec l’homme de douleur. Mais lui n’aura plus, ne pourra plus rien avoir de commun avec elle… Et cependant dans l’Eglise la Passion dure encore, dure toujours pour Jésus, comme ce fut le cas dans les pays de l’est de l’Europe sous les décennies communistes.
Alors, comme le flot des blasphémateurs qui le jour du Vendredi Saint montait de Jérusalem au Calvaire, elle se heurtera elle aussi à une croix, et toujours à la croix de Jésus ; mais alors aussi Jésus n’y sera plus attaché. Appuyé sur elle comme sur un titre indiscutable à rendre les dernières justices, il balaiera de son regard les méchants en enfer, de sa main il ouvrira le ciel aux justes ; et, repliant ainsi le grand livre de l’histoire humaine, il fermera aussi le long stade de son chemin de croix, ce chemin de croix à Jérusalem que j’ai dirigé et animé une dizaine de fois avec des dizaines de fidèles de nos six paroisses.
Jusqu’à cette échéance il reste ouvert, ce grand livre, et ceux-là sont heureux que leur vocation chrétienne ou monastique voue à en connaître plus que d’autres les avanies et les souffrances des menteurs et calomniateurs.
Nous sommes de ceux-là, ô Seigneur, nous que tu admets chaque jour à ta meilleure intimité ; et ce n’est pas parce que, aujourd’hui surtout, cette avance est austère que nous en méconnaîtrons le prix. Ici donc encore, ici plus que jamais, nous te dirons merci, nous te chanterons l’hymne de l’action de grâce qu’appellent tes bienfaits. Ici, après vous avoir promis déjà la fidélité, puis le progrès, puis le zèle de notre vie spirituelle, nous serons tous heureux de pouvoir t’offrir nos sacrifices et pénitences. Qu’elle dure notre vie ce qu’il te plaira de la faire durer, nous savons bien que pour nous comme pour toi, il y aura une Résurrection ; et, en attendant, divin banni ! Banni de la Crèche, banni de l’Eucharistie, banni de la Croix et banni de l’Histoire, plus que jamais banni des sociétés, nous nous estimerons heureux d’être bannis comme toi, pour toi et avec toi . Amen
+ Père ANTOINE Basilique Saint Gény de Lectoure









































































































































nous. Parmi eux, il en est un qui se désigne très spécialement à notre culte ; c’est le Prince de la milice céleste, Saint Michel. Comme Chrétien, comme Français nous avons à lui faire une part de notre piété.
infortune, ils ne goûtent plus d’autre volupté que celle de faire des révoltés, de pervertir toute intelligence, tout cœur, toute volonté, de s’assurer des complices pour la destruction de cette « Femme » immortelle dont parle Saint Jean dans son Apocalypse, et qui se nomme l’Epouse du Christ.
hypocrite et sournoise, partout avec fureur telle que nous pouvons nous demander si ce n’est pas l’heure dont parle la liturgie : Venit tempus quale non fuit, ou celle dénoncée par la Sainte Ecriture : Hoec est hora… et protestas tenebrarum (Luc, XXII, 53).
Normandie, il apparaissait sur un rocher aride, qui surgit, tel un géant, au milieu des flots. Il demandait qu’une chapelle lui fût bâtie. Des prodiges s’y accomplirent. A la fin de ce même VIIIème siècle, Charlemagne y vint en pèlerinage ; peu après il fit proclamer l’Archange « Patronus et Princeps imperii Galliarum. Patron et Prince de l’empire des Gaules », et il voulut que son image fût peinte sur ses étendards. A partir de ce moment, Saint Michel devint et se montra le soldat de la France, contre les incursions des Anglais en particulier.
qui, pendant deux ans, l’initia aux malheurs du royaume et la pressa, « de par Dieu », de se porter à sa délivrance, puisque tels étaient les desseins du Très-Haut. C’est lui qui se fit son éducateur et l’encouragea à surmonter les oppositions qui lui venaient de sa famille et du sire de Baudricourt : c’est lui qui lui répétait : « Va, fille de Dieu, va ! » jusqu’à ce qu’elle se fût mise en
route. Qui ne voit que dans les circonstances présentes, le recours à Saint-Michel s’impose à tous les chrétiens français ? Si notre territoire n’est plus envahi comme au XVème siècle et comme il l’était encore il y a
quelque cinquante ans par les armées étrangères, il reste toujours fortement menacé par l’athéisme.
tournons-nous vers le Prince de la milice céleste ; redisons-lui avec toute notre confiance la prière quotidienne : « Defende nos in praelio, contra nequitiam et insidias diaboli esto praesidium ». Qu’il daigne refouler le démon des discordes, des divisions, des haines, le démon de l’impiété et de
l’immortalité ; qu’il daigne nous aider à regagner les hauteurs dans la paix, pour la grandeur de la France et pour le triomphe de la Sainte Eglise










