Fête de Sainte Marie l’Égyptienne

Cinquième Dimanche de carême à Nérac

Icône de Sainte Marie l’Égyptienne

Notre Sainte Mère Marie était native d’Egypte. Dès l’âge de douze ans elle quitta ses parents pour se rendre à Alexandrie, où elle vécut pendant dix-sept ans dans la débauche et le plus grand dérèglement. Subsistant au moyen d’aumônes et du tissage du lin, elle livrait néanmoins son corps à tout homme, sans y être poussée par la misère, comme tant d’autres pauvres femmes, mais comme si elle était brûlée par le feu d’un désir que rien ne pouvait assouvir. Un jour, voyant une foule de Lybiens et d’Égyptiens se diriger vers le port, elle les suivit et s’embarqua avec eux pour Jérusalem, offrant son corps pour payer le prix de la traversée. Quand ils parvinrent à la Ville sainte, elle suivit la foule qui se pressait vers la basilique de la Résurrection, le jour de l’Exaltation de la Croix. Mais, lorsqu’elle parvint sur le seuil de l’église, une force invisible l’empêcha d’y entrer, malgré ses efforts réitérés, alors que les autres pèlerins franchissaient aisément la porte.

Icône de Saint Zosime donnant la communion à Sainte Marie l’Égyptienne

Restée seule dans un coin du narthex, elle commença à réaliser que c’était l’impureté de sa vie qui l’empêchait d’approcher le Saint Bois. Elle répandit des larmes abondantes et se frappa la poitrine, et voyant une icône de la Mère de Dieu (1), elle lui adressa cette prière : « Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, Toi qui es pure d’âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t’inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de Toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide ; permets-moi l’entrée de l’église pour me prosterner devant Sa Croix. Et dès que j’aurai vu la Croix, je Te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre le chemin de salut que tu me montreras. »

Elle se sentit soudain délivrée de cette puissance qui la retenait et put entrer dans l’église où elle vénéra avec ferveur la Sainte Croix ; puis, revenue vers l’icône de la Mère de Dieu, elle se déclara prête désormais à suivre le chemin qu’Elle lui indiquerait. Une voix lui répondit d’en haut : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos. »

église du Monastère St Gérasime du Jourdain

En sortant de l’église elle acheta trois pains avec l’aumône reçue d’un pèlerin, se fit indiquer la route qui menait au Jourdain et elle arriva le soir à l’église de Saint-Jean-Baptiste. Après s’être lavée dans les eaux du fleuve, elle communia aux Saints Mystères, mangea la moitié de l’un des pains et s’endormit sur le rivage. Le lendemain matin, elle passa le fleuve et vécut dès lors dans le désert, pendant quarante-sept ans, sans-y rencontrer personne, ni homme ni animal.

Pendant les dix-sept premières années de son séjour, ses vêtements étant bientôt tombés en lambeaux, brûlant de chaleur le jour et grelottant de froid la nuit, elle se nourrissait d’herbes et de racines sauvages. Mais plus que les épreuves physiques, elle devait affronter les violents assauts des passions et le souvenir de ses péchés, et c’est en se jetant à terre qu’elle suppliait la Mère de Dieu de lui venir en aide. Protégée par Dieu, qui ne désire rien de plus que le pécheur revienne à Lui et vive, elle déracina de son cœur toutes les passions par cette ascèse extraordinaire et put convertir le feu du désir  charnel en une flamme d’amour divin, qui lui faisait endurer avec joie, tel un être incorporel, l’implacable désert.

Après tant d’années, un saint vieillard, nommé Zosime (cf. 4 avril), qui, selon la tradition instaurée par Saint Euthyme, s’était engagé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême, aperçut un jour un être humain, le corps noirci par le soleil et les cheveux blancs comme de la laine tombant jusqu’aux épaules. Il courut derrière cette apparition qui s’enfuyait à son approche, en la suppliant de lui accorder sa bénédiction et quelque parole de salut. Quand il parvint à portée de voix, Marie, appelant par son nom celui qu’elle n’avait jamais vu, lui révéla qu’elle était une femme et elle lui demanda de lui jeter son manteau afin de couvrir sa nudité.

Sur les instances du Moine, ravi d’avoir enfin rencontré un être théophore qui avait atteint la perfection de la vie monastique, la Sainte lui raconta avec larmes sa vie et sa conversion. Puis, ayant achevé son récit, elle le pria de se rendre l’année suivante, le Grand Jeudi, avec la Sainte Communion sur les bords du Jourdain. 

L’Archimandrite CHRYSOSTOME Higoumène de St Gérasime du Jourdain (à droite) offre une grande icône de Ste Marie l’Égyptienne vénérée au Monastère St Gény de Lectoure

Le jour venu, Zosime vit Marie apparaître sur l’autre rive du fleuve. Elle fit un signe de Croix et traversa le Jourdain en marchant sur les eaux. Ayant communié avec larmes, elle dit : « Maintenant, ô Maître, Tu peux laisser aller en paix Ta servante, selon Ta parole, car mes yeux ont vu Ton salut. » (cf. Luc 2, 29). Puis elle congédia Zosime, lui donnant rendez-vous l’année suivante à l’endroit de leur première rencontre.

Lorsque l’année fut écoulée, Zosime trouva à l’endroit convenu le corps de la Sainte étendu à terre, les bras croisés et le visage tourné vers l’orient. Son émotion et ses larmes ne lui permirent pas de découvrir tout de suite une inscription tracée sur le sol des mains de la Sainte, qui disait : « Abba Zosime, enterre à cet endroit le corps de l’humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le ler du mois d’avril, la nuit même de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir participé à l’Eucharistie. »

Consolé de son chagrin en apprenant le nom de la Sainte, Zosime fut étonné de constater qu’elle avait franchi en quelques heures une distance de plus de vingt jours de marche. Après avoir vainement essayé de creuser le sol avec un morceau de bois, il vit tout à coup un lion s’approcher du corps de Marie et lui lécher les pieds. Sur l’ordre du vieillard, la bête creusa de ses griffes une fosse où Zosime déposa avec dévotion le corps de la Sainte.

De retour au monastère, il raconta les merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui se détournent du péché pour revenir vers Lui de tout leur cœur. De pécheresse invétérée qu’elle était, Sainte Marie est devenue pour quantité d’âmes accablées sous le poids du péché, une source d’espérance et un modèle de conversion. C’est pourquoi les Saints Pères ont placé la célébration de sa mémoire à la fin du Carême, comme un encouragement adressé à tous ceux qui ont négligé leur salut, proclamant que jusqu’à la dernière heure le repentir peut les ramener vers Dieu.

1 Cette icône est actuellement vénérée au Mont Athos, dans la grotte de S. Athanase, perchée sur un rocher à pic au-dessus de la mer, à quelque distance de la Grande-Lavra.

Chant du Trisagion de la Croix

Exaltation de la Croix,Ménologe de Basile II
Chant
Devant Ta Croix



Τὸν Σταυρόν σου προσκυνοῦμεν Κύριε καὶ τὴν ἁγίαν σου Ἀνάστασιν δοξάζομεν.

Crucem tuam adoramus Domine et sanctam Resurrectionem tuam glorificamus.

Devant ta Croix nous nous prosternons Seigneur et ta sainte Résurrection nous la chantons.

Direction: père Guilhèm
Arrangement: Patrice Albert

Fête de la Sainte Croix

Dimanche de la Croix

31 mars 2019

Mes Bien Chers Frères,

« Sur la Croix où Il mourut, son amour fit de lui notre rançon » ; et pour le devenir que de souffrances Il a endurées !

Il a pris sur soi tous les effets de nos fautes ; et il lui a coûté son agonie au jardin de Gethsémani, son impuissance aux mains de ses bourreaux, quoi encore ? l’abandon douloureux où son Père l’a laissé sur la croix.

Il s’est chargé d’acquitter la dette de nos péchés, et parce que le péché vaut la mort, Il a épuisé l’amertume du plus douloureux et du plus ignominieux des trépas. Homme de douleur, Il a connu la douleur comme personne, et marchant au chemin de son calvaire, Il a pu dire : Ô vous tous qui me rencontrez, arrêtez-vous, voyez et convenez qu’il n’est pas de détresse comparable à la mienne. Dieu sait cependant si l’on avait déjà souffert avant lui, et si l’on devait souffrir encore après lui ! Mais il était Dieu, et nulle douleur ne devait triompher de sa force de résistance. Aussi quand elle l’absorbe, se fit-elle torturante comme elle n’avait jamais fait encore. Du jardin à la croix elle le pressa d’un aiguillon toujours plus acéré, plus pénétrant. Sur la croix elle l’enlaça corps et âme d’effrayantes étreintes. C’est à ce prix qu’Il nous a miséricordieusement rachetés, ici-bas de la mort du péché, pour plus tard de la mort éternelle.

Si du moins, ô mon Sauveur, ceux que tu as voulu sauver consentaient tous, à bénéficier de ta Rédemption ! Mais non, ce qui ajoute encore à tes douleurs, quand tu portez votre croix, et, lorsque vous y êtes attaché, ce qui vous met aux lèvres une soif plus ardente, c’est justement de prévoir l’inutilité pour un si grand nombre de votre sacrifice. Comment alors ne t’es-tu pas lassé plus vite sur ta route aride ? Et fatigué déjà d’en avoir fourni, après l’étape de l’anéantissement, celle de la méconnaissance, comment as-tu abordé si résolument celle du Calvaire, de beaucoup la plus douloureuse ? Tout autre s’y fut rebuté. Toi, tu as marché quand même, tant tu nous as aimé ! Tant tu as eu à cœur de payer, jusqu’à la dernière obole de ton sang, la rançon de nos dernières fautes !Mais puisque l’amour appelle l’amour, puisque le bienfait commande la reconnaissance, que rendrai-je donc ici au Seigneur ? Et qu’ajouterai-je au double retour que je lui offrais à l’instant, d’abord la fidélité, puis du progrès de ma vie spirituelle ?

Il a voulu que je tienne de plus près à sa personne, et je lui ai promis de ne jamais déserter le bataillon d’élite où je me suis engagé au baptême. Il se donne à moi en nourriture, et j’ai résolu de lui livrer mon âme, pour que le baiser de la communion la marque de plus en plus à la ressemblance de ses vertus. Maintenant que je le vois chargé de sa croix, et voulant en porter les grâces jusqu’à des âmes qui trop souvent les dédaignaient, je l’aiderai à ce labeur de Rédemption et, avec la fidélité, avec le progrès, je lui offrirai encore le zèle de ma vie spirituelle, la dépense que j’en ferai à son profit sur le double terrain de l’apostolat et du bon exemple. Deux moyens que j’ai de lui donner des âmes, deux moyens que j’y emploierai ; et qu’Il daigne agréer une fois de plus cette offrande que je lui fais de tout mon savoir-faire et de toutes mes énergies. En cette triste période où l’on essaie d’affaiblir et même d’anéantir l’Église du Christ par des scandales amplifiés, où les fragiles demandent à être débaptisés, comme si cela était possible, où l’on emploie par tous les moyens, même le mensonge du serpent, d’anéantir les serviteurs de Dieu, il nous faut réagir et être plus fervents.

Le Calvaire où nous venons de nous arrêter avec Jésus est-il sa dernière halte sur son chemin de Croix ? Est-ce là , toujours persécuté jusqu’alors, qu’il arrivera pour ne plus l’être jamais ?

Il semble bien que oui, puisque le coup que la mort lui donne le rende impassible. Après son dernier soupir c’est fini. Il échappe pour jamais aux prises de la douleur, et celle-ci ne triomphe un instant de lui jusqu’à la mort que pour perdre aussitôt tous ses droits sur lui. Désormais elle aura d’autres amants. Les plus grandes âmes s’éprendront d’elle jusqu’à la passion la plus étrange. Ou souffrir ou mourir, ce sera leur devise, le cri qu’elles se renverront obstinément d’âge en âge. Il leur faudra à tout prix cette ressemblance avec l’homme de douleur. Mais lui n’aura plus, ne pourra plus rien avoir de commun avec elle… Et cependant dans l’Eglise la Passion dure encore, dure toujours pour Jésus, comme ce fut le cas dans les pays de l’est de l’Europe sous les décennies communistes.

Alors, comme le flot des blasphémateurs qui le jour du Vendredi Saint montait de Jérusalem au Calvaire, elle se heurtera elle aussi à une croix, et toujours à la croix de Jésus ; mais alors aussi Jésus n’y sera plus attaché. Appuyé sur elle comme sur un titre indiscutable à rendre les dernières justices, il balaiera de son regard les méchants en enfer, de sa main il ouvrira le ciel aux justes ; et, repliant ainsi le grand livre de l’histoire humaine, il fermera aussi le long stade de son chemin de croix, ce chemin de croix à Jérusalem que j’ai dirigé et animé une dizaine de fois avec des dizaines de fidèles de nos six paroisses.

Jusqu’à cette échéance il reste ouvert, ce grand livre, et ceux-là sont heureux que leur vocation chrétienne ou monastique voue à en connaître plus que d’autres les avanies et les souffrances des menteurs et calomniateurs.

 

Nous sommes de ceux-là, ô Seigneur, nous que tu admets chaque jour à ta meilleure intimité ; et ce n’est pas parce que, aujourd’hui surtout, cette avance est austère que nous en méconnaîtrons le prix. Ici donc encore, ici plus que jamais, nous te dirons merci, nous te chanterons l’hymne de l’action de grâce qu’appellent tes bienfaits. Ici, après vous avoir promis déjà la fidélité, puis le progrès, puis le zèle de notre vie spirituelle, nous serons tous heureux de pouvoir t’offrir nos sacrifices et pénitences. Qu’elle dure notre vie ce qu’il te plaira de la faire durer, nous savons bien que pour nous comme pour toi, il y aura une Résurrection ; et, en attendant, divin banni ! Banni de la Crèche, banni de l’Eucharistie, banni de la Croix et banni de l’Histoire, plus que jamais banni des sociétés, nous nous estimerons heureux d’être bannis comme toi, pour toi et avec toi . Amen

+ Père ANTOINE Basilique Saint Gény de Lectoure

Au Kosovo, une agression anti-serbe tous les deux jours

 

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Au Kosovo, une agression anti-serbe tous les deux jours

Les chrétiens serbes du Kosovo sont une minorité persécutée, empêchée de vivre paisiblement, empêchée de subvenir à ses propres besoins, interdite de représentation politique officielle réelle.

Il y a quelques jours, le département d’État américain (le ministère des Affaires étrangères US) a publié un long rapport sur les atteintes aux droits de l’homme constatées partout dans le monde. Et l’un des chapitres de ce rapport est consacré au Kosovo, et aux nombreuses discriminations dont sont victimes les minorités qui y vivent, les Serbes en premier lieu.

Ce rapport, au ton très officiel et mesuré, va jusqu’à affirmer que « Durant les 7 premiers mois de l’année, on a recensé plus de 100 incidents, dont des vols, des cambriolages, des agressions et des dommages causés aux propriétés de Serbes du Kosovo et de l’Église orthodoxe serbe ». Le calcul est simple : ça veut dire qu’il y a au Kosovo une agression anti-serbe tous les deux jours !

« Pour nous, c’est un immense soulagement de lire tout ce que nous disons depuis des années sous la plume d’une des organisations qu’on peut le moins accuser d’être pro-serbe au monde. Et bien entendu, ça nous confirme dans notre conviction que notre combat est juste, et qu’un jour cela sera reconnu largement. » expliquent les responsables de l’ONG Solidarité Kosovo.

Ces derniers jours ont aussi marqué le quinzième anniversaire des pogroms des 17 et 18 mars 2004, pendant lesquels 10 Serbes ont été tués, 35 édifices religieux ont été détruits, plus de 700 maisons serbes ont été brûlées et plus de 4 000 Serbes ont dû fuir précipitamment le Kosovo.

Un anniversaire évidemment douloureux pour nos amis serbes du Kosovo, mais qui est particulièrement important pour nous puisque ce sont ces deux jours dramatiques qui ont poussé un groupe de jeunes Français, scandalisés par ce nettoyage ethnique se déroulant au cœur de l’Europe dans l’indifférence générale, à remplir quelques cartons de jouets et de vêtements récupérés ici ou là, à les charger dans une fourgonnette et à traverser l’Europe pour aller donner ces quelques cadeaux à ces Serbes ayant décidé de rester vivre chez eux malgré les persécutions. Ce convoi humanitaire improvisé a été le premier convoi de Noël de Solidarité Kosovo. Le premier d’une longue série.

Le rapport du département d’État consacre un chapitre entier à la question des réfugiés serbes ayant quitté le Kosovo en 1999 ou en 2004. Sa conclusion est sans appel : les Serbes expulsés du Kosovo par la force sont aujourd’hui empêchés de revenir vivre sur la terre de leurs ancêtres par les membres de la majorité, à tous les niveaux. Ils sont pourtant nombreux à souhaiter ce retour malgré les difficultés auxquelles ils savent qu’ils s’exposent.

Ces deux constats, les moines du monastère de Draganac au Kosovo les ont faits depuis longtemps. Ils ont acheté il y a quelques années le village de Stari Draganac (« Vieux Draganac » en serbe). Situé à quelques centaines de mètres du monastère, ce village a été abandonné par ses habitants, serbes, contraints de fuir la guerre. Depuis quatre ans maintenant, les moines le rénovent petit à petit, patiemment, dans le but d’offrir un toit aux familles qui ont dû quitter la région et aimeraient maintenant y revenir.

Cette année, les travaux avançant bien, ils ont décidé d’essayer de franchir une nouvelle étape et ont fait appel à l’ONG Solidarité Kosovo pour les y aider. Vous en apprendrez plus sur ce projet en vous rendant sur la plateforme de financement participatif chrétien « Credofunding », en cliquant sur ce lien.

Des extraits du rapport :

➡️ « Les hommes politiques représentant les minorités ne sont pas consultés sur de nombreux sujets fondamentaux. »

➡️ « Traductions médiocres ou fournies avec des délais avant les procès, absence de juges issus des minorités […], non-exécution récurrente de décisions de justice, tout cela continue de faire entrave à l’application d’une justice équitable pour les Serbes du Kosovo. »

➡️ « Les minorités ethniques font face à des discriminations institutionnelles concernant l’emploi, l’éducation, les services sociaux, la liberté de mouvement, le droit de vivre chez eux, et d’autres droits. »

➡️ « Le gouvernement a refusé de reconnaître la validité des documents d’identités édités par la Serbie comportant des noms de villes du Kosovo, ce qui a rendu les déplacements à l’intérieur et à l’extérieur du Kosovo particulièrement difficile pour leurs propriétaires. »

➡️ « Durant les 7 premiers mois de l’année, on a recensé plus de 100 incidents, dont des vols, des cambriolages, des agressions et des dommages causés aux propriétés de Serbes du Kosovo et de l’Église orthodoxe serbe. Si la motivation ethnique de ces incidents est souvent difficile à démontrer de façon absolue, elle ne fait aucun doute dans la plupart des cas. »

Le département d’État américain pointe également les difficultés que connaissent les Serbes ayant quitté le Kosovo après la guerre de 1999 ou après les pogroms de mars 2004 :

➡️ « D’après l’Agence des Nations-Unies pour les réfugiés, les déplacés sont exclus de la protection des droits de l’homme et des plans de développement. »

➡️ « Le processus de retour dans certaines zones du pays continuent d’être marqués par des incidents de sécurité et le refus des habitants des zones concernées d’accepter le retour de membres des minorités. »

➡️ « À plusieurs reprises, des officiels ont tout mis en œuvre pour empêcher ces retours. »

Source :

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019

Création d’un atelier de confiture au Kosovo

Création d’un atelier de confiture artisanale

Il flottait une douce odeur sucrée au-dessus de Novo Berdo cet automne, signe que la nouvelle activité gourmande du complexe agricole de Solidarité Kosovo avait été mise en fonction.

Grâce à ce nouvel atelier de transformation de fruits saisonnier -principalement des prunes-, les étals de la cuisine diocésaine comptent désormais d’alléchants pots de confiture. Une seconde partie de la production artisanale se trouve en vente au comptoir de l’épicerie solidaire de Kosovska Mitrovica. Leurs recettes sont affectées au financement des emplois agricoles de Novo Berdo.

Père Serdjan découvre les pots violets et oranges de la confiturerie

 

Une confiture qui fait recette

C’est un jalon de plus dans le développement de l’autosuffisance alimentaire des Serbes du Kosovo. La confiturerie de Novo Berdo a été construite il y a tout juste quelques mois à proximité de la laiterie. Un projet agro-alimentaire de 12.000 euros intégralement réalisé et financé par Solidarité Kosovo pour le plus grand plaisir des gourmands de la région.

Au premier desquels, les écoliers ! Heureux de déguster chaque jour, au goûter, une bonne tranche de pain de campagne légèrement beurrée et généreusement tartinée de cette confiture artisanale, le tout gracieusement livré par l’équipe de la soupe diocésaine. Une nouvelle qui ravit également les papilles les familles de Kosovska Mitrovica qui ont paré leurs réserves de ces petits pots violets. De quoi se sustenter « sucré » tout au long de l’hiver tout en étoffant le portefeuille du complexe agricole.

 

La confiture de prunes 100% serbe

 

Un mélange de ressources et de tradition

Solidarité Kosovo est devenu en huit ans un acteur régional incontournable. Il créée de l’emploi dans les enclaves chrétiennes, fait vivre l’économie locale, tout en mettant à l’honneur le savoir-faire et la culture culinaire serbe. L’atelier de confiture artisanale en est la dernière illustration en date.

Confectionnée à partir des quetsches ramassées dans les vergers du diocèse, le džem (se dit djem en serbe) est un délicieux produit du terroir, alliant savoir-faire traditionnel et naturalité. Si bien qu’il est difficile de ne pas se pourlécher les babines en admirant les gestes appliqués des confituriers qui tournent à la main dans de vieux chaudrons cuivre ces prunes cueillies à maturité pour exhaler tous leurs arômes.

Un projet utile, bon et solidaire à la fois qui utilise les ressources locales pour renforcer la sécurité alimentaire des familles chrétiennes.

 

Les pruneaux du verger diocésain prêts à être dégustés

L’équipe de “Solidarité Kosovo

PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur paypal :


PS2 : « Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d’exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.

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Conformément à la loi« “Informatique et liberté »” du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent.Pour vous désinscrire, ENVOYEZ SIMPLEMENT UN MESSAGE SANS RIEN ÉCRIRE D’AUTRE à cette adresse  info-unsubscribe@solidarite-kosovo.org

Arnaud Gouillon Lauréat du Prix de la Fondation Karic !

Plébiscite et récompenses pour bien amorcer l’année !

Figure emblématique de Solidarité Kosovo, Arnaud Gouillon mène depuis plus de quinze ans des chantiers humanitaires dans les zones les plus hostiles du Kosovo au secours des familles chrétiennes enclavées. Sa personnalité et son parcours hors norme suscitent l’admiration de tout un pays et lui valent d’être régulièrement distingué, comme tout récemment par la fondation Karic et le quotidien Blic.

Allocution d’Arnaud Gouillon lors de la cérémonie de remise de prix de la Fondation Karic

Lauréat du Prix de la Fondation Karic

Humanitaire au grand cœur, Arnaud Gouillon a aussi le cuir épais. Très épais. Rien ne semble pouvoir le faire dévier de son engagement pour les Serbes du Kosovo. Ni le détourner de ses activités humanitaires et encore moins en affecter les résultats. Pas même l’interdiction de séjour au Kosovo injustement infligée par Pristina le 11 septembre dernier (pour lire notre article à ce sujet, cliquez ici). Face à cette épreuve, le directeur humanitaire s’illustre combattif.

Arnaud Gouillon et Ivana Gajic lors de la cérémonie de remise de prix de la Fondation Karic
« Quand on sait l’ampleur des défis humanitaires à relever, on ne recule pas. L’expérience de la vie n’a eu de cesse de renforcer ma résistance, ma volonté et ma détermination à poursuivre cette juste cause solidement ancrée en moi » explique-t-il dans son discours prononcé à l’occasion de la remise du Prix de la Fondation Karic. Une institution serbe qui consacre chaque année les personnalités émérites de la vie publique et de la société civile.
Allocution d’Arnaud Gouillon lors de la cérémonie de remise de prix de la Fondation Karic
Lauréat de cette prestigieuse distinction, Arnaud Gouillon s’est exprimé devant un parterre de cinq mille personnes parmi lesquels de nombreux ambassadeurs étrangers. Largement retranscrite dans la presse écrite, son allocation a marqué les esprits. « Je dédie cette récompense aux 12.000 donateurs de Solidarité Kosovo qui sont le cœur battant de notre association. C’est grâce à leur soutien et à leur générosité que nous changeons, projet après projet, le quotidien des chrétiens du Kosovo, malmenés par un destin peu clément ».
Le journal Blic, quotidien le plus lu en Serbie, classe Arnaud Gouillon parmi les vingts personnalités de l’année 2018
Personnalité émérite de l’année 2018

Deux semaines plus tard, c’est au tour de Blic, le quotidien le plus lu de Serbie, de le couronner. Pour la 2e fois, le Directeur humanitaire de Solidarité Kosovo se retrouve en haut du célèbre palmarès parmi les vingt premières personnalités du pays qui ont marqué l’actualité en 2018.

Le journal Blic, quotidien le plus lu en Serbie, classe Arnaud Gouillon parmi les vingts personnalités de l’année 2018
L’ingrédient principal de la popularité le jeune grenoblois de 33 ans serait connu selon certains commentateurs. Plus que sa vocation humanitaire, ce sont les valeurs qu’il véhicule qui ont conquis le cœur des Serbes. Ses valeurs, comme le respect des traditions, la continuité de l’amitié séculaire franco-serbe mais aussi celles de la charité et de la préservation du patrimoine culturelle trouvent un écho puissant dans la société serbe.
Arnaud Gouillon et Ivana Gajic lors de la cérémonie de remise de prix de la Fondation Karic

L’équipe de “Solidarité Kosovo

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Interview du patriarche de Serbie Irénée au quotidien belgradois « Politika » sur le Kosovo, l’autocéphalie ukrainienne et d’autres sujets

Interview du patriarche de Serbie Irénée au quotidien belgradois « Politika » sur le Kosovo, l’autocéphalie ukrainienne et d’autres sujets
Interview du patriarche de Serbie Irénée au quotidien belgradois « Politika » sur le Kosovo, l’autocéphalie ukrainienne et d’autres sujets.

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Le 27 janvier, alors que l’Église orthodoxe serbe commémore la mémoire de saint Sava de Serbie, le patriarche Irénée a donné l’interview suivante au quotidien belgradois « Politika », dans laquelle il aborde les questions du Kosovo, de la position de l’Église serbe à l’égard de l’autocéphalie ukrainienne et du Patriarcat de Constantinople, des relations avec les catholiques-romains et de la place que doit occuper l’Église dans la société.

– Comment le grand jubilé de l’Église orthodoxe serbe [800ème anniversaire de son autocéphalie, ndt] sera-t-il commémoré : connaît-on déjà qui, parmi les patriarches orthodoxes, sera présent à la commémoration centrale au début du mois d’octobre ?

– L’importance et le caractère du jubilé conditionnent aussi le mode de sa commémoration. En premier lieu, les huit siècles depuis l’octroi de l’autocéphalie à l’Église serbe seront célébrés de façon chrétienne et dans la prière. En recevant le titre d’archevêque de toute la terre de Serbie et du Littoral, saint Sava a commencé son ministère archipastoral dans la maison du Sauveur, au monastère de Ziča. Dans ce saint lieu qui est notre premier siège ecclésial, les hiérarques serbes, notre sainte assemblée épiscopale, au début du mois d’octobre, se réuniront autour de l’autel de Dieu, afin que ce grand anniversaire soit fêté par la Serbie terrestre et la Serbie céleste, avec à leur tête saint Sava et tous les saints de notre peuple. Nous célébrerons l’office divin ensuite au Patriarcat de Peć, notre siège ancien et historique. Les commémorations ont déjà commencé à notre Faculté de théologie qui, le mois passé, a organisé un symposium scientifique international dédié à l’indépendance et à la contribution huit fois centenaire de l’Église orthodoxe serbe à l’histoire, la théologie et à la culture du peuple serbe. De nombreuses expositions, concerts, séances solennelles, tant dans la capitale que dans les diocèses de l’Église orthodoxe serbe dans le pays et dans la diaspora, sont prévus. Je profite de cette occasion adresser mes vœux à tout le monde serbe à l’occasion de ce merveilleux et grand jubilé, que tout Serbe et toute Serbe doit ressentir comme une fête.

– L’une des questions les plus sérieuses auxquelles est confronté notre État, mais également l’Église orthodoxe serbe, est la question du Kosovo et de la Métochie. La sainte assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe, au début du mois de novembre, a réitéré la position selon laquelle, quel qu’en soit le prix, on ne peut mettre en question la pleine souveraineté et l’intégrité de la Serbie au Kosovo et en Métochie. Entre-temps, des problèmes se sont produits avec l’introduction d’une taxe de 100% sur les produits serbes [vendus au Kosovo, ndt], la déclaration de suppression de la frontière entre l’Albanie et le Kosovo et Métochie. Comment considérez-vous ces toutes récentes pressions sur notre peuple et notre État qui, indubitablement, se renforcent ?

– Le renforcement de ces pressions extérieures doit mener vers une unité plus forte du peuple et de l’État dans la défense des droits souverains et l’intégrité étatique. Cette unité ne devrait pas être détruite par des conflits internes. Les problèmes sociaux et le mécontentement, qui existent dans certaines couches de la société, ne doivent pas déchirer l’âme nationale, en tenant particulièrement compte de la création simultanée d’une armée albanaise, et des empêchements qui sont créés à l’approvisionnement aux institutions serbes, hôpitaux, écoles et autres au Kosovo et en Métochie. J’ai suivi avec grande préoccupation les récentes manifestations dans les rues de Banja Luka. Ceux qui ne souhaitent pas de bien à la République serbe de Bosnie et au peuple serbe, en étaient satisfaits. Je ne vois pas qu’il y ait une utilité pour le peuple dans les incitations à de telles protestations à Belgrade et dans toute la Serbie. Peut-être veut-on le voir ou non, mais tous ces processus sont liés. L’État et les organes de l’État, particulièrement ceux qui par leur haut niveau d’instruction et de connaissances doivent être un modèle pour tous, ont une obligation de s’engager plus dans la création d’une atmosphère démocratique, la paix et la coopération dans la société, pour résoudre les problèmes de toutes les couches de la population. De la même façon que la République serbe de Bosnie a été établie avec les garanties des puissances mondiales, je prie Dieu et j’espère que l’heure viendra lorsque les dirigeants de ces États accepteront le fait que le peuple serbe ne renoncera jamais au Kosovo et à la Métochie, son propre pays, et qu’avec la Russie, notre alliée et protectrice, les dirigeants de notre État et les représentants des Albanais se mettront d’accord sur une solution qui permettra aux deux peuples de continuer à vivre en paix.

– Quels rapports vous parviennent-ils du Kosovo et de la Métochie, de notre clergé et de nos moines, du diocèse de Ras-Prizren ? Quelle est leur vie quotidienne et leur lutte pour préserver nos lieux saints ?

– Chaque fois que je le peux, je séjourne au Kosovo et en Métochie, car le siège de l’Église orthodoxe se trouve au Patriarcat de Peć, et ce monastère est stavropégique, sous la compétence directe du patriarche. J’y entends et vois ce qui se passe avec nos gens, au nord et au sud du fleuve Ibar. La majorité de notre peuple dans les autres parties de la Serbie, comme partout dans le monde où il vit librement, comprend difficilement que dans le peuple et le clergé au Kosovo existe constamment une inquiétude pour le lendemain, pour la sécurité des enfants, des maisons, des lieux saints… Le peuple qui vit là-bas, s’est malheureusement accoutumé à tout cela, car il en est ainsi au Kosovo et en Métochie depuis l’esclavage du temps de la domination ottomane, qui engageait des tribus montagnardes pour assassiner les chrétiens asservis. La tyrannie a continué durant les deux guerres mondiales. Les problèmes ont été dissimulés pendant la domination d’un demi-siècle des communistes yougoslaves. En témoigne le vaste livre du patriarche Paul, de bienheureuse mémoire, sous le titre « Rapports du Kosovo et Métochie crucifié », chronique de la violence continuelle et de la persécution des Serbes au temps de la Yougoslavie titiste. Mais la responsabilité est nôtre, serbe. Nous nous sommes éloignés de Dieu, de l’Église, de la serbité. Nous nous sommes éloignés de nous-mêmes. Pour nous tous, c’était le cas, et il l’est encore aujourd’hui, tout nous était plus important que la serbité et l’orthodoxie. Dieu laisse toujours l’occasion et nous appelle de différentes façons à nous repentir et nous corriger : que nous soyons les seuls à défendre notre peuple et ses lieux saints au Kosovo et en Métochie. Le plus important est que nous ne soyons pas pusillanimes, que nous ne rendions pas à l’avance. En fin de compte, c’est le Seigneur Dieu qui est le maître de l’histoire. Soyons fidèles à Dieu et à l’Église, à saint Sava, au saint tsar Lazare, et Dieu ne nous oubliera pas, ni nous, ni notre Kosovo, ni notre Métochie !

– Le récent octroi du tomos d’autocéphalie à l’Église orthodoxe nouvellement constituée en Ukraine, signé par le patriarche œcuménique Bartholomée, est une grande épreuve pour le monde orthodoxe. L’Église orthodoxe serbe, à nombre de reprises, a déclaré que les décisions prises [par Constantinople] au sujet « de la question ukrainienne » constituent une violation de l’ordre canonique. À quel point le danger est-il réel que la question des structures ecclésiales non-canoniques et non-reconnues, avant tout en Macédoine, et peut-être au Monténégro, soient résolues de la même façon  et quelle est la position de l’Église orthodoxe de Serbie à l’égard de ces structures dans les deux États voisins ?

– Vous avez justement remarqué que notre Église a réagi en temps utile et a mentionné la violation des saints canons. Je ressens le devoir de répéter que nous ne sommes ni contre les Grecs, ni contre les Russes, ni pour les Grecs, ni pour les Russes. L’Église serbe se prononce exclusivement pour le respect des saints canons et de l’ordre séculaire établi par ceux-ci, ce qui signifie simplement que nous sommes pour les uns et pour les autres. Il est également évident que nous sommes pour les Russes et l’Église orthodoxe russe, nos frères et sœurs par le sang, qui nous aident depuis des siècles dans des circonstances difficiles. Mais, de même, nous sommes pour notre Église-mère, le Patriarcat de Constantinople qui nous a donné l’indépendance depuis huit siècles. Depuis lors, comme les autres Églises autocéphales, y compris celle de Constantinople, nous sommes égaux en droits. Le patriarche de notre Église-mère est le premier parmi les égaux. L’Église serbe, et je pense que les autres Églises orthodoxes aussi, n’accepteront pas une sorte de pape orthodoxe. Si elles le faisaient, elles cesseraient d’être orthodoxes. L’Église serbe n’accepte pas, ni n’acceptera la légalisation du schisme en Ukraine comme une situation légale, et elle ne l’acceptera pas sur son territoire canonique dans la mesure où de telles ambitions s’y manifestent. Ce que Constantinople a fait à Kiev, la mère des villes russes, est un acte nul. L’Ukraine a son Église canonique, qui a son primat légal, le métropolite Onuphre. Nous n’en connaissons pas d’autres, ni n’en connaîtrons. On sait au Phanar que l’Église autonome de l’archevêché d’Ohrid se trouve sous l’égide de l’Église orthodoxe serbe et a pour primat l’archevêque Jean. Du point de vue des canons, de la possibilité de salut des fidèles, de l’accomplissement des saints mystères, il n’y a aucun problème pour personne. Que l’on se considère Serbe, Macédonien, Macédonien du nord, Bulgare, Rom, Grec, c’est la même chose. Tous peuvent s’approcher du calice du salut. Aussi, je ne vois pas qu’il existe quelque excuse à l’intrusion sur le territoire canonique de l’Église serbe. Ce serait une sorte de version pseudo-spirituelle de l’opération de l’OTAN « Ange miséricordieux » [c’est le nom opératif que l’OTAN avait donné à ses bombardements de la Serbie, ndt]. Au Monténégro, tout est clair. Il s’agit d’un autre État, ce qui ne constitue pas un problème pour nous. Mais tous les fidèles orthodoxes dans ce pays appartiennent à l’Église orthodoxe serbe et, à l’exception d’un certain nombre de Russes qui développent les affaires au Monténégro et promeuvent ainsi l’État, presque tous sont serbes. Qui aurait quelque chose à demander là-bas ?

– Quelles sont les relations avec les autres Églises chrétiennes, avant tout l’Église catholique-romaine et le Vatican ? À quel point la diplomatie ecclésiastique peut-elle aider à la prise de conscience parmi les États européens de l’importance du Kosovo et de la Métochie pour notre Église et notre peuple ?

– Les relations avec l’Église catholique-romaine se déroulent à différents niveaux. Au niveau des paroisses, des villes et villages, je pense particulièrement à la région de Bačka et du Banat, où nos frères catholiques-romains sont plus nombreux, nous nous efforçons que rien ne leur fasse défaut dans la vie ecclésiastique et aussi sociale. Qu’ils n’éprouvent aucune gêne en quoi que ce soit, qu’ils perçoivent la Serbie comme leur propre pays. C’est la position de nos évêques dans ces diocèses, de nos prêtres, et telle est la position de notre État. Nous nous efforçons de corriger ce en quoi, dans ce domaine, nous n’avons pas réussi, et en quoi nos concitoyens catholiques-romains ne se sentent pas à l’aise. Personnellement, je serais très heureux si la direction de l’Église catholique-romaine en Croatie et en Bosnie-Herzégovine avait une telle attitude. Il y a des signes encourageants en Croatie, où il y a de nouveaux courants, et la situation s’améliore. Nos gens se découragent parfois, alors que différentes agitations pro-oustachies, la falsification de l’histoire, notamment des souffrances à Jasenovac et autres, ont lieu sur les espaces de l’Église catholique-romaine à Zagreb et d’autres endroits. Mais notre Église en République de Croatie, ses jeunes évêques et prêtres, prie pour le bien et œuvre pour le bien de tous et que tout s’améliore pour tous. Je prie Dieu pour que leurs prières et leur œuvre, de même que les prières des frères catholiques-romains, apportent le bien à tous dans cet État. Les relations de l’Église orthodoxe serbe avec le Vatican et le Saint-Siège ont été renforcées par le dialogue qui se déroule à nombre de niveaux : par les rencontres, les discussions et l’échanges d’opinion des organismes synodaux avec les secrétaires d’État et les officiels du Vatican, par la participation des représentants de l’Église serbe dans la commission mixte pour le dialogue entre les deux Églises : au niveau académique par la coopération de la Faculté de théologie avec l’université du Latran, par la recherche scientifique et la coopération de la bibliothèque patriarcale avec les archives du Vatican. En général, il y a des choses sur lesquelles nous sommes d’accord, mais il y en a d’autres pour lesquelles ce n’est pas le cas. Personnellement, j’estime beaucoup la décision du pape François de rejeter l’uniatisme, et particulièrement son approche de la question du rôle du cardinal Stepinac, ce en quoi je lui suis personnellement reconnaissant. Nous devons apprécier aussi la position du Vatican, qui n’a pas reconnu le pseudo-État du Kosovo.

– Comment voyez-vous la place et le rôle de l’Église orthodoxe serbe dans la société serbe actuelle ? Où a-t-elle apporté une contribution significative à la société et où pourrait-elle renforcer son rôle ?

– À une telle question importante et complexe, la réponse pourrait être élargie à toute notre discussion d’aujourd’hui. Aussi, je m’efforcerai de répondre par quelques brefs exemples, comment, du point de vue du patriarche serbe, doit être la place de l’Église dans la société. C’est avec cette idée que j’ai commencé la discussion de ce jour avec vous, en disant que « Politika » avec ses collaborateurs baptisés  est une partie de l’héritage spirituel et culturel de saint Sava, ce qui signifie une partie de l’Église. Ou bien, il y a un certain temps, un journaliste de Zagreb, catholique-romain, sincère et je dirais un homme honnête, m’a demandé : « pourquoi dans les institutions et entreprises procède-t-on à la cérémonie de la ‘slava’ (fête patronale de la famille ou d’une institution, ndt), n’est-ce pas un abus ? ». Je lui ai répondu que l’homme constitue une seule personne et qu’il n’est pas seulement chrétien à l’église et à la maison, l’après-midi, mais il est un chrétien qui vit et agit ainsi toujours et partout. Et les Serbes, même lorsqu’ils n’apprenaient pas le catéchisme, ont célébré leur ‘slava’ et ont ainsi implanté l’essence de la foi dans leur cœur, à savoir que le Christ est toujours entre nous et avec nous. C’est ainsi qu’ils célèbrent leur saint protecteur, tant à la maison, que dans l’entreprise, l’armée, l’école. Aussi, le Christ est toujours avec nous, avec les Serbes orthodoxes. C’est pourquoi nous avons survécu, parce que le Christ est avec nous et nous avec Lui. Ou encore, nous sommes habitués à ce que l’on dise dans les médias : l’Église orthodoxe serbe et ses fidèles, en pensant que l’Église est les évêques, les moines et les prêtres, tandis que les fidèles sont quelque chose d’autre. Non, nous sommes tous l’Église orthodoxe. Les évêques, les prêtres, le peuple, nous sommes tous l’Église. Et lorsque nous mentionnons, comme aujourd’hui, que les intérêts personnels ou ceux de groupes minoritaires ne doivent pas être placés avant les intérêts de l’État ou du Kosovo et de la Métochie, nous nous adressons à nos enfants fidèles. De même que, lorsque nous demandons aux responsables d’empêcher l’empoisonnement du peuple par les saletés et la pornographie dans les médias, nous le disons aux enfants de notre Église et nous pensons qu’ils doivent s’en préoccuper en tant que personnes responsables, chrétiens et parents. Et autres choses semblables… Cela signifie que nous sommes l’Église du Christ, nous qui prions aujourd’hui, tavaillons, aimons, éduquons, sauvons, ensemble avec nos ancêtres, depuis saint Sava le Némanide, et même avant lui. Et nous sommes toujours une partie de l’Église, non pas seulement dans l’édifice cultuel, mais au travail, dans la rue, l’école, même au café, il faut que nous agissions toujours comme des chrétiens, de fidèles enfants de saint Sava. En ce nom, je souhaite à tous une bonne fête, en souhaitant qu’en cette année jubilaire, nous soyons tous instruits par l’œuvre du premier archevêque serbe.

Source (dont photographie) : Politika

Source: Orthodoxie.com

Le père Michel reçoit la flamme de Bethléem à Pau

Le père Michel, recteur de la paroisse de Tarbes a reçu la lumière de Bethléem pour la paroisse de Tarbes et la Basilique Saint Gény de Lectoure où celle-ci était présente lors de la Liturgie de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ.

C’est dans l’église Sainte-Thérèse comble que les jeunes des mouvements scouts du Béarn se sont réunis le dimanche 16 décembre  2018 pour accueillir la Lumière de Bethléem.
Quatre jeunes étaient partis à Paris dès le samedi pour chercher cette lumière, allumée dans la grotte de la Nativité à Bethléem, puis ramenée de mains scoutes en mains scoutes jusqu’à Vienne puis Paris et diffusée partout en Europe en signe de paix et de fraternité.

Près de 180 jeunes des trois mouvements scouts ont vécu, dans les locaux prêtés par le collège Sainte-Ursule, une belle journée de jeux et de rencontres : dix témoins – prêtres, religieux, mais aussi visiteurs d’hôpital ou de prisons, bénévoles impliqués auprès des migrants ou des personnes porteuses d’un handicap – ont évoqué pour eux leur expérience de “la Parole, lumière sur notre chemin”.

 

Extrait du discours du Père Michel de l’Église Orthodoxe Serbe de Tarbes:

… Cérémonie où nous allons faire la Lumière de la Nativité, Lumière qui est née il y a plus de 2000 ans et qui ne cesse d’éclairer le monde, Lumière qui illumine les âmes sans distinction, comme le disait l’apôtre Matthieu…
Je vais continuer en apportant une vision orthodoxe sur la Parole divine, dans ce texte je prononce plusieurs fois le mot orthodoxe, cela n’a pas pour but de diviser mais de distinguer. Je ne doute pas que nous partageons la même vision, mais je suis là comme représentant de mon Église.

La Parole de Dieu est la source de la tradition et la tradition est la source de notre mission. Les Orthodoxes transmettent de génération en génération, sans altération, ajout ou soustraction, la Parole divine. La liturgie est le point central de la vie du chrétien orthodoxe et la Parole divine est le point central de la liturgie. Lors de la naissance du Saint Esprit sur les saints monts, l’Évangile n’a pas quitté l’autel, il est là, devant les monts sanctifiés, tout proches, témoin actif de la bénédiction. La Parole divine est indissociable de la Nourriture céleste et de la Communion, la Sainte Trinité ; la Parole divine représentant Dieu le Père, la Nourriture céleste le Saint Esprit et la Communion le Christ, qui à travers nous s’affirme en Dieu-homme.
Dieu a dit : « Voici venir des jours où je répandrais la famine dans le pays, on aura faim et soif », non pas de pain et d’eau mais faim et soif d’entendre les Paroles de l’Éternel. Nous qui sommes loués de nous nourrir de la Parole divine, invitons notre prochain au festin, soyons dans nos actes le reflet du Christ qui irradie à travers nous, car la famine a commencé.

 

In Memoriam, Nicolas le Jardinier

NICOLAS le JARDINIER nous a quitté…

Tel était le pseudonyme bien connu de notre ami Raymond MONDET. Né en 1928, celui-ci qui se disait avant tout jardinier fut aussi un journaliste, animateur de télévision et de radio, chroniqueur. Rédacteur en chef pendant 25 ans du magazine « Rustica » devint à partir des années 1980 le célèbre jardinier du paysage audiovisuel français. Il collabora ainsi avec les chaînes de télévision TF1 et La Cinq, ainsi qu’avec la radio Europe 1. Séduit par la démarche culturelle du Cercle Renaissance dans la ligne d’un Gustave Thibon ou d’un Henri Vincenot, Nicolas le Jardinier lui apporta son adhésion, comme le Père Antoine, et participa à ses activités. En 2000, le Prix Renaissance des Arts lui fut remis par Amaury d’Esneval en reconnaissance de sa contribution à la beauté des jardins français. Dans sa résidence familiale de Romainville, au milieu de ses jardins potagers, lui fut remise la cravate de commandeur de l’ordre national du Mérite.

Nicolas était un vrai paysan, au sens noble du terme, celui qui aime et cultive son pays.

Ami de notre Père Antoine, il visita la Basilique St Gény de Lectoure et participa à des cérémonies, liturgie et procession dans le parc du Monastère.

Le 2 octobre 2004, l’artiste de renommée internationale, l’orthodoxe bulgare Mad-Jarova, grande amie de notre Fraternité, reçut le « Prix des Arts du Cercle Renaissance » au château de la Chapelle d’Angillon. Notre père Abbé était donc présent à cette manifestation accompagné du père Guilhèm et de Danielle Vitu, présidente de la Paroisse Sts Martial et Eutrope de Bordeaux, également de Nicolas le Jardinier. Les 150 invités étaient accueillis par le Comte Jean d’Ogny et son épouse d’origine orthodoxe d’Albanie, propriétaires de cette grande demeure historique. Le Fondateur du Cercle, Michel de Rostolan, ancien député et conseiller régional d’Ile-deFrance présidait cette journée. Monsieur Jean-Jacques Boucher présenta la nouvelle Lauréate tandis que S.A.R. le Prince Charles-Emmanuel de Bourbon de Parme remettait la distinction et le diplôme. Mad-Jarova remercia avec un discours de haute élévation spirituelle.

À Lectoure

Basilique Saint Gény

Monastère Saints Clair et Maurin

 

De gauche à droite: Michel de Rostolan, Mad Jarova, l’archimandrite Antoine, Nicolas le jardinier, le Prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme et Jean-Jacques Boucher

Nicolas le jardinier et Danielle Vitu présidente de la paroisse de Bordeaux

 

Nos jardiniers de la Garonne

Lino

Ismène