Arrestation de Mgr Joannice de Budva-Nikšić au Monténégro

À l’occasion de la fête de Saint-Basile d’Ostrog, le 12 mai 2020, après une longue discussion, la police a remis une assignation au domicile de la paroisse de Nikšić, vers 22 heures, et a tenté d’amener de force l’évêque Joannice ainsi que sept autres prêtres comme annoncés sur le site officiel du diocèse de Budva-Nikšić.

 La police avait l’intention d’humilier l’éminent archevêque de l’Église de Dieu,  au grand dam des personnes rassemblées (plusieurs milliers), en le conduisant au centre de sécurité dans un véhicule pour criminels, ce que l’évêque a dignement refusé. Ils se sont rendus au centre de sécurité à pied, accompagnés d’un prêtre, que la police avait également l’intention de détenir.

En traitant les responsables religieux dans cette affaire, en l’occurrence l’archevêque de l’Église de Dieu et le clergé de la cathédrale de Nikšić, la police fait preuve de non-professionnalisme, essayant ainsi de provoquer les citoyens et les fidèles et de compromettre la paix et la stabilité au Monténégro”, indique le communiqué.

Selon une annonce du Métropolite Amphiloque, l’objectif de la police dans le petit pays adriatique était d’humilier l’évêque orthodoxe, les autorités tentant d’abord de traîner violemment le hiérarque vers un poste de police, au lieu de lui permettre de se présenter volontairement le lendemain. Des dizaines de personnes ont manifesté à l’extérieur de l’enceinte de la police, chantant des hymnes et exigeant la fin de la persécution de l’Orthodoxie par l’État au Monténégro.

“Le fait que la loi sur la liberté religieuse ait été adoptée à la fin de l’année dernière malgré les réactions populaires, que l’évêque et les prêtres soient arrêtés et détenus, n’est que la preuve que l’État monténégrin persécute l’Église orthodoxe serbe”, a déclaré le patriarche serbe.

“La loi sur la liberté religieuse au Monténégro n’est pas juste”, a déclaré le patriarche œcuménique Bartholomé.

L’Église serbe accuse maintenant le gouvernement monténégrin d’utiliser la pandémie pour intensifier sa persécution de l’Église orthodoxe.

Selon le dernier recensement de 2011, environ 71% de la population du Monténégro sont membres de l’Église orthodoxe. Les Serbes représentent environ 29% de la population.

Procession avec le Métropolite Amphiloque et Mgr Joannice

Dans le même temps, la persécution des chrétiens se poursuit au Kosovo.

Bien que la pandémie soit actuellement gelée, les autorités n’ont pas renoncé à leur projet de transformer l’église du Christ-Sauveur de Pristina en musée. Cette église a d’ailleurs été vandalisée à plusieurs reprises pendant la guerre de 1999. Dans les faits, les institutions respectives du Kosovo n’ont pas respecté le caractère sacré du site et l’ont transformé à plusieurs reprises en entrepôt ou en refuge pour sans-abri. En 2016, un incendie  qui s’est déclaré a causé d’énormes dégâts, à la suite de quoi l’église est restée fermée.

Le monastère historique de Decani est toujours sous occupation.

Mais un maire du Kosovo refuse également de remettre des terres litigieuses  du monastère serbe sous l’égide de l’UNESCO, malgré l’ordonnance d’un tribunal et les pressions de l’UE.

Le monastère de Decani, datant du XIVe siècle, est toujours gardé par les forces de l’OTAN et a été impliqué dans un conflit de plusieurs décennies avec les autorités locales sur une superficie de plus de 24 hectares.

En 2016, la Cour constitutionnelle du Kosovo a jugé que la terre appartenait au monastère, qui l’utilise pour la culture.

Cependant, le maire de la région a clairement indiqué qu’il ne respecterait pas la décision, malgré le récent appel de l’Union européenne à honorer celle-ci.

Avec sa dernière annonce, l’Alliance de l’Atlantique Nord par laquelle le monastère est toujours gardé par les forces de l’OTAN, il convient de noter que plus de 200 000 chrétiens serbes orthodoxes ont été expulsés du Kosovo lors du nettoyage ethnique. Plus de 1 000 sont morts. Alors qu’au moins 150 églises et monastères ont été détruits, beaucoup d’entre eux datant du XIIIe et XIVe siècle.