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DIMANCHE DU PARALYTIQUE quatrième Dimanche après Pâcques Christ est ressuscité !
Considérez maintenant l'homme qui vit avec le Seigneur. S'il jouit du bonheur et de la prospérité, il les accepte comme venant de la main de Dieu, cette conscience remplit son cœur d'une pieuse émotion, le rend encore plus reconnaissant envers Dieu, exalté encore davantage son amour filial pour Lui. Cet homme ne s'attache point aux choses temporelles, matérielles, car il n'oublie pas qu'il est mortel, comme tous les humains, et qu'il doit passer de cette vie à la vie éternelle. Et si le Seigneur juge à propos de lui retirer le bonheur temporel, cet homme ne versera point des larmes de découragement. S'il a de l’aisance il s'empressera de la partager avec celui qui en est privé, celui qui lui demande un secours pour l'amour de Dieu, il essuie les larmes de celui qui pleure, il console celui qui est dans l'affliction. Il sait que tout ce qu'il donne au prochain, il "le prêtre à l'Eternel" (Prov XIX,17) et que le Seigneur le récompensera comme un père pour chaque bon mouvement, pour chaque bel élan de son âme. Aucune privation, aucune épreuve, aucune maladie ou affliction ne peuvent priver l'homme du bonheur de vivre avec le Seigneur et de trouver en Lui une consolation au milieu des épreuves de la vie : la foi anime son amour pour Dieu et le fortifie dans ces souffrances. Si un tel homme se trouve privé de son patrimoine terrestre, fût-ce à la suite d'un incendie ou d'un vol, il dira avec le juste Job, qui a tant souffert : "Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j'y retournerai, L'Eternel a donné, l'Eternel a ôté : que le nom de l'Eternel soit béni" (Job 1,21). Si l'homme qui porte le Seigneur dans son cœur, est en butte aux moqueries et aux calomnies, il dira comme l'apôtre Paul : "Injuriés, nous bénissons, persécutés, nous supportons, calomniés, nous exhortons" (I Cor IV,13). En endurant les souffrances, nous, les croyants, savons que par là nous imitons le Seigneur, compatissons à lui, qui a enduré des souffrances vis-à-vis desquelles nos maux terrestres ne sont rien. Nous nous animons et nous nous fortifions par notre communion avec le Seigneur Ressuscité et Monté au ciel. Qui nous a ouvert les portes du Royaume céleste et promis de rester avec nous "tous le jours jusqu'à la fin du monde" (Mat XXVIII,20) Or, pour l'homme qui vit avec ses péchés non accusés et ne recherche pas la communion avec Dieu, les épreuves, les souffrances terrestres sont une source d'ennui, de désespoir, d'irritation, de murmure. Il n'a pas où puiser les forces pour supporter les vicissitudes de la vie : ni le monde ni les hommes ne sauraient lui donner un appui intérieur. Ces forces spirituelles pour surmonter les épreuves de la vie, il n'y a que le Christ qui peut nous les donner. Lui en qui nous croyons. Que nous suivons et que nous désirons tous, avec une si grande ardeur, avoir dans notre cœur au moment de la mort. Et elle viendra, cette heure redoutable de la mort ! Si le pécheur impénitent meurt non pas subitement, mais en pleine conscience, en se rendant parfaitement compte qu'il approche du seuil mystérieux du trépas, au delà duquel il entrevoit déjà la vie éternelle, qu'est-ce qu'il ressent alors, lui dont le cœur n'a jamais été habité par le Seigneur ? Qu'est-ce qu'il ressent en ces quelques heures, voire quelques minutes, qui lui restent à vivre ? En se tournant en arrière, vers son passé, il n'y voit que ses transgressions et il n'aperçoit que les complices de ses péchés.
En regardant tout autour de lui, il voit que tout ce à quoi son cœur était attaché, disparaît comme de la fumée devant ses yeux qui s'éteignent, tandis que son corps qu'il aimait et soignait et pour lequel il avait de si grands égards, est déjà sur le point de devenir un cadavre inanimé. Et si maintenant ce pécheur jette son regard sur l’avenir, tout en ne le distinguant pas encore nettement dans son cœur, il y verra, dans la vie éternelle, le Juge équitable Qui lui rendra selon ses oeuvres, comme d'ailleurs à chacun d'entre nous. Oh, qu'il est pénible de mourir en pécheur ! C'est pour cela que le prophète David a dit : "La mort des pécheurs est atroce" (PS XXIV,22)
Mais voilà que meurt aussi l'homme qui n'a pas rompu dans sa vie la communion avec Dieu, l'homme qui meurt dans la foi. Derrière lui, dans la vie qui s'en va, il y a les larmes qu'il versait pour laver son âme déchue et expier ses péchés et l'espoir que le Seigneur voudra bien agréer la pénitence, pleine de contrition, qu'il a faite plus d'une fois dans sa vie, l'espoir que cette pénitence, aux yeux du Seigneur, sera comme un holocauste agréable, émanant de son cœur croyant, cet espoir lui donne du courage. Dans son passé, il voit les tentations qu'il a su éviter. Il voit les bonnes oeuvres qu'il s'empressait de faire dans sa vie terrestre afin qu'elles le précèdent dans la vie éternelle. Il meurt, mais il se console par les promesses qu’il puise dans l'Evangile, et qui réchauffent son cœur, les promesses du Seigneur disant que celui qui Lui reste fidèle jusqu'à la mort, recevra la couronne de la vie éternelle. Il reçoit les sacrements de la Ste Eglise, et son âme se lave et se purifie des dernières taches du péché se disposant à passer à la vie du siècle à venir. De son cœur croyant, des yeux de sa foi, il regarde au-devant de lui et voit un séjour de félicité éternelle. Et c'est là que demeure sa Protectrice Très-Bénie, Celle à laquelle il adressait ses prières pendant les jours de sa vie sur la terre et qui, comme il le croit fermement, viendra auprès de lui à cette heure redoutable, afin de faciliter le passage de l'âme vers la vie éternelle. En cette heure suprême, la foi et l'amour de cet homme pour son Seigneur diminuent sa crainte, en lui laissant entrevoir le bonheur éternel qui sera révélé à chaque fidèle serviteur de Dieu au moment ou son Père céleste lui dira, en l'accueillant aux portes du Royaume éternel : "Bon et fidèle serviteur, viens prendre part à la joie de ton Seigneur" (Mat XXV,21)
Vivre et mourir de cette manière, MBCF, n'est pas seulement accessible à chacun d'entre nous, mais c'est en cela que consiste le but de notre vie sur la terre. Il faut vivre avec le Christ dans le cœur ; il faut le suivre avec foi et amour ; il faut obéir à sa voix paternelle il faut chercher tout au long de notre vie sur terre, la plus intime communion avec lui, l'union la plus étroite. Cette union avec Dieu, on l'obtient par la prière, par la pénitence, par les bonnes oeuvres, par la lecture de la Parole de Dieu, par la digne communion aux Saints Mystères du Christ, par une digne préparation aux fêtes religieuses et surtout a la trés sainte fête de Pâques, dont la joie est l'avant-goût de la joie éternelle.
Le Jeudi Saint, après la lecture des "Douze Evangiles de la Passion", les orthodoxes quittent l'église en emportant avec eux les cierges allumés et veillant à ce que la flamme ne s’éteigne pas sous le vent, ils les apportent à la maison pour rallumer la veilleuse que l'on Laisse toujours brûler devant les icônes. Avec quel soin devons-nous donc garder la flamme de la joie pascale qui été allumée dans le cœur de chacun de nous, dans la nuit de Pâques que nous avons passée ! Les émotions pascales vécues par l'âme croyante en ces saintes journées ces sensations vivantes de la présence toute proche de notre Sauveur Ressuscite, elles nous incitent à croire encore plus fermement au Christ, à aimer encore plus ardemment Notre Seigneur Très Doux.
Puisse chacun d'entre nous garder intacte la flamme de la joie de la Résurrection du Christ jusqu'à Pâques de l'année prochaine, si le Seigneur daigne nous accorder la joie de vivre encore une année ; et puisse chacun d'entre nous, en renouvelant cette joie, tous les ans à la fête de Pâques, la garder jusqu'à la fin de ses jours, lorsque nous passerons avec notre âme immortelle, dans le séjour où tous les anges de Dieu et toutes les âmes des justes, avec la très Sainte Vierge en tête, célèbrent la Pâque éternelle du Christ î Vivre avec le Seigneur, c'est en cela que consiste notre vie, notre salut éternel et notre bonheur, aussi bien dans notre courte vie terrestre que dans les siècles infinis, dans la Maison du Seigneur Très-Doux ressuscité d'entre les morts !
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| Prédication 4e Dimanche |