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MESSAGE DE PÂQUES – 2010 LE CHRIST EST RESSUSCITÉ ! EN VÉRITÉ, IL EST RESSUSCITÉ ! Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie ! En vous saluant, chers frères et soeurs, par ces mots tout joyeux et triomphants du tropaire de la Résurrection du Christ, nous vous rappelons que la Résurrection est le fondement de l’Église et la source de la foi et de l’espérance dans notre vie sur terre. La Résurrection est le sceau et la couronne de l’amour divin envers ce monde et l’homme : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils, l’Unique-Engendré, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16). La Résurrection est le mystère biblique, caché durant des siècles au sein de l’Ancien Testament et finalement annoncé au monde dans le Nouveau Testament par la Résurrection des morts du Dieu-homme Jésus-Christ (Mt 28,6).Les livres de nombreux prophètes vétérotestamentaires laissent pressentir le mystère de la Résurrection, qui se rattache à la venue du Messie. Le grand prophète Isaïe confesse sa foi en la résurrection personnelle et générale par les mots : « Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront » (Is 26,19), et il invite tout Israël à participer à cette joie de la Résurrection promise : « Réveillez-vous et chantez, vous qui habitez la poussière, car ta rosée est une rosée lumineuse, et le pays va enfanter des ombres ». (Is 26,19). Le même témoignage est apporté par le prophète David dans ses psaumes, en reliant le mystère de la Résurrection à l’arrivée du Messie. Dans ses psaumes, il confirme que la foi en la Résurrection est la foi de tous les justes de l’Ancien Testament, dont Dieu n’abandonnera pas les âmes dans les enfers « car Tu ne peux laisser Ton fidèle voir la fosse » (Ps 16,10), mettant en évidence dans ce verset le Premier-né de la Résurrection, le Messie, le Christ. D’autres prophètes vétérotestamentaires confirment aussi le mystère de la Résurrection. Le prophète Élie ressuscite le fils de la veuve à Sarepta, au pays de Sidon (1 R 17), annonçant par ce miracle que la réalité de la Résurrection va s’étendre à tous les peuples de la terre (Lc 4,26). Le livre du prophète Ézéchiel contient une préfiguration poignante de la résurrection générale des morts. Inspiré par l’Esprit divin, le prophète Ézéchiel voit les ossements humains gisant dans la poussière terrestre renaître à la vie, ce qui se produira à la fin de l’histoire, avant le Jugement de Dieu : « Il me dit : "Prophétise sur ces ossements. Tu leur diras : Ossements desséchés, écoutez la parole de Dieu ! Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : voici que je vais faire entrer en vous l’esprit et vous vivrez" » (Ez 37,4-5).Dans le Nouveau Testament, on peut le dire librement, la Résurrection est le début et la fin, l’alpha et l’oméga (Ap 1,8), car elle s’identifie à la foi en Christ : « Moi, je suis la Résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25). Croire en Christ signifie croire en la Résurrection. Tous les miracles et tous les signes transcrits dans les livres du Nouveau Testament se produisent sur le chemin menant le Christ vers le Golgotha et la Résurrection. Le récit évangélique de la résurrection de la fille de Jaïre (Mt 9, 18-26) et du fils d’une veuve juive (Lc 7,12-15), et en particulier la Résurrection de Lazare de Béthanie, mort depuis quatre jours (Jn 11, 5-46), attestent en vérité que le Christ est la Résurrection et la Vie. Il est venu dans ce monde afin de nous faire le don de la Résurrection, comme nous le chantons ces jours-ci dans les services divins de la Résurrection : rien d’autre, ni rien de moins ! Le Seigneur ne nous a pas apporté une philosophie nouvelle ni une éthique nouvelle, mais une vie nouvelle qui nous est offerte en gage de la Résurrection dans le saint mystère du baptême (Ga 3,27). Notre Seigneur Jésus-Christ S’est offert sur le Golgotha en sacrifice très pur « pour tous et pour toutes », comme nous le confessons dans la partie centrale de la Divines Liturgie en communiant au Corps et au Sang « du Christ crucifié pour nous et ressuscité ». Le Christ est l’Agneau pascal du Nouveau Testament. Avec Sa Croix et Sa « Résurrection le troisième jour », Il a confirmé définitivement et parfaitement qu’Il est en vérité le Messie et le Sauveur du monde et qu’« il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4,12).Le saint apôtre Paul, parlant de la Résurrection du Christ, a dit : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi… mais si le Christ est ressuscité d’entre les morts, Il est les prémices de ceux qui se sont endormis » (1 Co 15,17-20). Le saint apôtre Paul a prêché devant les philosophes et les sages grecs au sujet du « Dieu inconnu » (Ac 17,23), en leur parlant précisément de la Résurrection du Christ d’entre les morts. La victoire du Christ sur la mort est la confirmation de l’authenticité de Sa divinité. C’est pourquoi les saints apôtres de l’Évangile portent le nom de « témoins de la Résurrection » du Christ (Ac 1,22). Avec la vérité sur le Christ et Sa Résurrection, les apôtres ont conquis « l’ancienne et fière Rome » et porté la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur « jusqu’aux extrémités du monde » (Rm 10,18). L’histoire bimillénaire de l’Église, née du Saint Esprit le jour de la Pentecôte et consolidée à l’aide des prédications des Apôtres et des Pères, constitue la meilleure preuve que le Seigneur ressuscité est avec nous et qu’Il sera avec nous « pour toujours jusqu’à la fin des siècles » (Mt 28,20).Nous remémorant ces témoignages authentiques sur notre Seigneur Jésus-Christ ressuscité, en qui « nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17,28), et conduits par notre préoccupation pastorale, nous vous invitons, chers enfants spirituels, à confesser et à garder votre foi en la Résurrection non par des mots mais par votre vie et vos actes. En outre, le saint Évangile nous exhorte à nous préserver des « para-synagogues », c’est-à-dire de rassemblements particuliers de type sectaire, tout comme des prophètes et maîtres mensongers « qui viennent à vous déguisés en brebis, mais sont au-dedans des loups rapaces » (Mt 7,15). Gardons notre Tradition orthodoxe héritée des Apôtres et des saints Pères, de saint Sava et de saint Syméon le Myrrhoblite. C’est sur les reliques sources-de-myrrhe de son père que saint Sava a réconcilié ses deux frères, nous invitant tous ainsi à vivre toujours dans un amour fraternel et un esprit de concorde.Nous saluons nos frères et soeurs, nos enfants spirituels du Kosovo et de la Métochie. Nous leur adressons nos salutations pascales en voyant comment le clergé et le peuple des fidèles de Dieu fréquentent leurs églises et sanctuaires, participent aux services divins et communient aux Mystères divins du Christ tout au long de ces jours saints et salvateurs où le Christ est venu à Jérusalem afin de vaincre la mort et de nous ouvrir à tous les portes de la Résurrection et de la vie éternelle. L’évêque Athanase qui, à la suite d’une décision de notre Patriarche et du Saint-Synode, remplace temporairement l’évêque Artemije, visite la population et se rend dans les sanctuaires de l’ensemble du Kosovo et de la Métochie ; dans la concorde et en union de pensée avec le clergé et les fidèles, il célèbre partout la Sainte Liturgie, depuis la cité impériale de Prizren au sud et dans toute la Métochie jusqu’à Pec, des contrebas de la montagne Šar en passant par la région du Pomoravlje, du Kosovo jusqu’à Novo Brdo et Mitrovica et les contreforts du Kopaonik au nord. Dieu merci, notre peuple est résolu à rester et à subsister en ces lieux saints, ayant foi dans la Croix et la Résurrection du Christ comme dans la nôtre, sans tomber dans les divisions ni se laisser troubler par des histoires ne permettant pas de garder la foi et de préserver notre identité spirituelle et nationale. Notre peuple sait ce que signifie le fait de se conformer aux saines paroles du Seigneur et à l’enseignement de la religion ; il sait aussi ce que signifient et où mènent les vaines querelles : « de là viennent l’envie, la discorde, les outrages, les soupçons malveillants, les disputes interminables de gens à l’esprit corrompu, privés de la vérité, aux yeux de qui la piété est une source de profits » (1 Tm 6, 3-5). Dans les sanctuaires restaurés, s’élève la prière commune du clergé et des fidèles : « ...confions-nous nous-mêmes, les uns les autres et toute notre vie au Christ, notre Dieu. » D’une seule bouche et d’un seul coeur s’élève la prière de l’unité dans la foi et en union avec le Saint-Esprit, à la gloire de la Sainte Trinité et à la sauvegarde de la conciliarité orthodoxe de l’Église et de son peuple. Nous prions Dieu afin que, par les prières de saint Sava et du saint prince Lazare, reviennent la paix et la liberté dans notre Kosovo martyr, notre berceau spirituel et notre Jérusalem, là où se trouvent nos plus grands sanctuaires, joyaux de la culture orthodoxe et du patrimoine chrétien dans son ensemble.Nous nous adressons aussi à l’ensemble de notre peuple de fidèles vivant dans sa patrie ou dans la diaspora, afin qu’il se réjouisse de la Résurrection du Christ. Sa Résurrection nous appelle à garder l’unité de Sa sainte Église et à ne jamais faire passer nos intérêts terrestres avant l’intérêt commun et le bien-être général. Le saint apôtre Paul nous met en garde contre le fait d’être « insoumis et rebelles » (1 Tm 1,9) en rouvrant de « vieilles blessures » cicatrisées sur le corps de notre Église établie par saint Sava. Vivons donc dans l’unité de notre Église-mère et dans l’amour et la concorde les uns avec les autres, afin de préserver, conformément aux paroles du saint Apôtre, « l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix » (Ep 4,3).En cette période pascale, l’Église met toujours en exergue la valeur et le caractère sacré de la vie humaine, depuis la conception jusqu’à la pleine maturation de chaque personne humaine faite à l’image de Dieu et non reproductible, et s’oppose à toute forme d’agression à son encontre. Nous y sommes conviés non seulement par le commandement de Dieu : « Tu ne tueras pas ! » (Ex 20,13) mais encore plus par la Résurrection du Christ qui nous révèle le sens le plus profond de la création et de l’existence du monde et de l’homme, qui est le salut de « tous et de tout » dans le Christ crucifié et ressuscité (1 Co 1,23).L’homme contemporain, écrasé de préoccupations quotidiennes et aveuglé par sa mentalité égoïste de consommateur, fuit la confrontation avec le mystère de la vie et de la mort. Les « questions maudites » auxquelles se sont intéressé de grands esprits de l’humanité, à l’instar de Dostoïevski et de beaucoup d’autres, ne préoccupent plus grand monde de nos jours. Nous sommes témoins, à l’inverse, de l’émergence croissante de la « civilisation de la mort ». Nombre de religions mondiales, ainsi que la philosophie et l’art contemporains, acceptent, selon l’expression du père Alexandre Schmemann, « la réconciliation avec la mort ». Pour eux, la mort est la réalité unique, le début et la fin de tout. L’Église du Christ affirme précisément le contraire et en témoigne. L’Église confesse et prêche la très profonde dignité et la sainteté de la vie humaine, ayant foi en la Résurrection du Christ, qui a permis de vaincre notre plus grand et ultime ennemi, c’est-à-dire la mort (1 Co 15,26). Le grand starets russe Séraphim de Sarov accueillait toujours tous ses visiteurs avec ces mots : « Tu es ma joie, Christ est ressuscité ! », montrant ainsi que l’Église du Christ et Ses saints vivent dans la réalité de la Résurrection. Que Dieu nous accorde d’être nous aussi les témoins de cette vérité, et que dans nos âmes et sur nos visages brille sans cesse la joie de la Résurrection, cette joie qui pouvait se voir sur le visage de l’Ancien athonite Joseph de Vatopaidi décédé récemment, qui, contrairement aux lois de la biologie, s’est endormi avec le sourire sur le visage. Frères et soeurs, en vous saluant de nouveau avec la salutation pascale toute joyeuse, nous vous invitons tous à vivre dans l’amour envers Dieu et ceux qui vous entourent et à cheminer ainsi sur la route menant à la vie éternelle. En vivant ainsi, nous deviendrons et nous serons les fils et les filles de la Résurrection. LE CHRIST EST RESSUSCITÉ ! EN VÉRITÉ, IL EST RESSUSCITÉ !
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| Message de Pâques 2010 |