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Homélie du Père Denis pour le deuxième dimanche de Pâques, 4 mai 2008 Frères et soeurs, sans doute avez-vous remarqué que l'évangile de ce dimanche ne commence pas par «En ce temps là», comme tant d'autres péricopes évangéliques, mais qu'il précise le jour et même le moment de la journée: «Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, toutes portes étant closes par crainte des Juifs». Et c'est l'apparition du Christ ressuscité aux dix apôtres, en l'absence de Thomas. Le paragraphe suivant commence ainsi: «Huit jours après, les Disciples étaient à nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux» Huit jours après, c'est donc le dimanche suivant, et nous faisons bien de célébrer aujourd'hui le dimanche de Thomas. Au cours de la Semaine Sainte et entre Pâques et la Pentecôte, nous avons quelques débuts d'évangile qui précisent le jour commémoré. Par exemple, le dimanche des Rameaux, nous disons: «Six jours avant la Pâque», car la Pâque juive, cette année-là, tombait un vendredi. Le Samedi Saint, nous disons: «Le lendemain, c'est-à-dire après la Parascève». Le soir du Grand Samedi, pour la vigile de Pâques, nous lisons: «Après le sabbat, dès l'aube du premier jour de la semaine». Le dimanche de Pâques, à vêpres: «Le soir de ce même jour», et c'est l'apparition du Christ ressuscité aux Disciples, en l'absence de Thomas. Le Mercredi de la Mi-Pentecôte, nous dirons: «Au milieu de la fête», c'est-à-dire au milieu de la fête des cinquante jours. Et le dimanche de Pentecôte: «Le dernier jour, le grand jour de la fête», car cette fête était plus importante pour les Juifs que la Pâque elle-même. Dès les premiers temps, les chrétiens ont voulu prolonger la fête de Pâques, et chaque dimanche commémore, toute l'année, la Résurrection du Christ Les dimanches après Pâque ont un régime spécial, celui qui est habituel aux grandes fêtes, après lesquelles on commémore les témoins ou les acteurs de l'événement célébré. Après Noël, c'est la Mère de Dieu, après l'Epiphanie, Jean le Baptiste, après l'Hypapante, Syméon le Théodoque, après l'Annonciation, l'archange Gabriel. Après Pâques, nous commémorons les principaux témoins de la Résurrection. Le premier d'entre eux est l'apôtre Thomas qui, par son doute et son attouchement a renforcé notre foi en la résurrection véritable du Christ. Le dimanche suivant est dédié aux Myrophores, hommes et femmes: Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui ont descendu le Christ de la croix et ont embaumé son corps; les saintes femmes qui, le matin du dimanche ont voulu terminer l'embaumement et ont vu le Christ ressuscité. Les autres dimanches du temps pascal seront consacrés au Paralytique, à la Samaritaine et à l'Aveugle-né. En effet, la fête de Pâques est l'occasion de donner le baptême aux catéchumènes. Par une tripie immersion ils sont plongés dans la mort du Christ et participent au mystère de sa Résurrection le troisième jour. Ainsi, la Piscine Probatique, où le Paralytique se relève parce qu'il croit en Christ,le puits de Jacob, où la Samaritaine proclame sa foi en Jésus comme Messie, et la fontaine de Siloé où l'Aveugle-né, croyant en lui, se trouve guéri, illuminé, sont toutes trois l'image des fonts baptismaux. «Toutes portes étant closes par crainte des Juifs. Les Disciples se sont barricadés dans la chambre haute, parce que les adversaires du Christ voudraient bien supprimer ces témoins gênants de sa résurrection. «Sein vierge et sépulture Les portes closes de la chambre haute permettent de clore le cycle qui commence avec le sein clos de la Vierge, en passant par la tombe close. Ce sont des images chères à l'iconographie orthodoxe et aux hymnographes byzantins. Les fresques et les mosaïques des églises nous montrent le parallélisme entre la crèche et le tombeau, entre les langes du nouveau-né et les bandelettes abandonnées par le Christ dans le tombeau vide. Cette analogie inspire les Femmes Myrophores, qui chantent dans l'ikos pascal: «Allons, hâtons-nous et, comme les Mages nous prosternant, * offrons la ,myrrhe en hommage à celui * qui n'est plus de langes mais d'un suaire enveloppé * et dans les larmes crions-lui: * Lève-toi, Seigneur, * toi qui nous sauves en nous accordant la résurrection.» Pour sortir du tombeau, le Christ n'a pas brisé les scellés et n'a pas fait basculer la pierre qui fermait le sépulcre. Dans le récit évangélique du Samedi Saint, c'est l'Ange du Seigneur qui vient rouler la pierre du sépulcre et montrer aux saintes Femmes le tombeau vide. Le Christ, lui, est sorti de la tombe close, sans briser les scellés. Répétons-le: en quittant notre monde terrestre, le corps glorieux du Ressuscité est désormais affranchi des lois naturelles de la condition humaine, comme l'a été aussi, en franchissant la mystérieuse frontière qui nous sépare du monde céleste, le corps naissant du Verbe, au jour de l'Incarnation, et de l'Emmanuel, au moment de la Nativité: il est entré dans le sein maternel sans briser les scellés de la chasteté, et il en est sorti de même, sans rompre la serrure de sa virginité. Même s'il passe à travers les murs, le Christ n'est pas un fantôme, comme il le dit lui-même aux Apôtres, se laissant palper la chair et les os. Au disciple incrédule il permet d'introduire sa main dans la plaie du côté, son doigt dans la marque des clous. Alors Thomas, d'incrédule et d'infidèle qu'il avait été à sa mission d'apôtre, qui consistait à témoigner de la Résurrection du Christ, devient «fidèle» et proclame sa foi en la chair incorruptible et en la divinité du Ressuscité: «Mon Seigneur et mon Dieu !» L'attitude de Thomas, devenue proverbiale, n'est pas à blâmer. Au contraire, son manque de foi passager nous est très utile pour affermir notre propre foi. S'il avait été présent dès le soir de Pâques, il aurait cru, comme les autres disciples, pour avoir vu, et il n'aurait pas osé pousser plus loin l'investigation. De cette manière, on aurait pu accuser les Apôtres d'avoir été l'objet d'une illusion collective. Mais voyez l'habileté du Christ, notre Seigneur et notre Dieu: en prenant soin d'un seul, en répondant à l'appel d'une brebis égarée, il élargit à tous son plan de salut et nous procure à tous une foi plus parfaite, afin que nous puissions crier avec joie, nous aussi: «Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !"
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