Concert à saint Gény

      Ce samedi 26 mai 2018 a été chanté un concert exceptionnel, en l’église du monastère, par la « Maîtrise Saint-Joseph », chœur d’une vingtaine d’enfants du collège Saint-Joseph de Lectoure & par les « Chantres de Saint-Joseph », chœur d’hommes, sous la direction de François Bonnet.

Le concert était précédé d’un discours du Rvd Père abbé Antoine retraçant la vie de la communauté & du monastère.

« Chers Amis et Frères en Christ !

    Nous sommes heureux de vous accueillir en ce Saint Lieu, un des plus anciens de Lectoure, qui était entouré d’un immense cimetière qui recouvrait notre propriété et tout le stade, avec des légions de sarcophages que nous découvrons lors de nos travaux  de restauration.

    Pourquoi ici ? Car au IIIème de notre ère chrétienne, sous l’empereur Dioclétien, se place la vie de Saint Gény, de Celse, prêtre de Lectoure, qui le baptisa, et la bienheureuse Clara, sa sainte Mère.

     Adulte, il s’établit en ce lieu solitaire, entre le faubourg de la cité et le coteau qui porta plus tard le nom de Sainte Croix. Il y construisit une chapelle et résida dans l’ermitage attenant. Il demeura volontaire dans l’état laïc par humilité, enveloppé d’ombre et de silence.

   En 303-313 Dioclétien étant sur le trône des César, déclencha une persécution contre les Chrétiens. Les Proconsuls d’Auch décrétèrent  l’arrestation de saint Gény et envoyèrent 30 soldats avec mission de le saisir et de l’emmener à leur tribunal. Arrivés pour l’arrêter, ils trouvent des évènements qui les troublent. Plein de joie et enflammés par le souffle de l’Esprit Saint ils rejoignirent le Bx Gény et demandent la baptême. En route vers Auch ils furent arrêtés et décapités. En souvenir de cet événement nous avons érigé la Croix des Innocents dans le parc du Monastère  et peint une Icône des 30 soldats martyrs autour de St Gény et Ste Clara. Le jour même, 3 mai 303, saint Gény s’endormait dans le Seigneur, et c’est pour cela que cette église, qui conserve ses reliques, a le titre de basilique, car, dans l’Eglise Orthodoxe où reposent les restes d’un Bienheureux qui y a vécu, ce titre est donné, comme dans la Rome antique où existent des dizaines de basiliques qui abritent les restes des Saints. C’est en l’honneur de St Gény que le premier dimanche de mai ce déroule la fête en centre ville… en en oubliant l’origine !

   D’après le Gallia, l’Abbaye de St Gény a été fondée en 980 par Guilhèm Sanche, duc de Gascogne. Elle fut rattachée à Moissac et à Cluny. Les moines y étaient peu nombreux, une dizaine, jusqu’à la révolution française, après que Louis XVI, le 14 juillet 1779, fit une donation au Monastère, mais les 3 derniers moines partirent en 1789.

   L’Evêque Gotescalc du Puy, premier pèlerin en route vers Compostelle, séjourne ici avec toute sa suite, prie devant la chasse du Saint et est reçu par l’Evêque de Lectoure qui résidait ici, comme il est encore de tradition dans les Eglises orthodoxes où les Evêques diocésains sont entourés de moines, et même son successeur Bernard, en 990, y installe  ici sa cathédrale et son siège épiscopal.

     Le Prêtre Deluc a maintenu, depuis la révolution, l’entretien des lieux puis sa nièce la confia à l’Abbé Félix Charles de Cortade qui acheta en 1854 église et dépendance.  Le lieu avait regroupé de grandes fêtes le 25 juillet 1852 où l’Archevêque d’Auch, l’Evêque d’Agen, de nombreux Prélats et plus de 100 Prêtres partirent en procession de la Cathédrale à St Gény, la Basilique fut remise au culte et le célèbre poète Jasmin y déclama une œuvre sublime en occitan . L’Abbé de Cortade  y construisit le bâtiment à gauche du parvis. Une famille en devint propriétaire en 1930 et le revendra à l’association « Le Patriarche » en 1996 qui  le cédera à l’Eglise orthodoxe en 2000, après la visite de Mgr Luka, évêque serbe de Paris.  La Basilique restaurée par les Pères en 2001 a été à nouveau consacrée par le Métropolite Nicolas de Sarajevo, l’Evêque Athanase d’Herzégovine et Luka de Paris, le Métropolite Amphiloque du Monténégro et l’Evêque Grégoire de Bosnie sont venus y prier. Il y avait plus de 30 prêtres et diacres, plus de 600 fidèles étaient amassés sur le parvis.

     Le bâtiment actuel de la Basilique ne comprend plus que le chœur et les transepts mais la nef devait s’étendre sur tout le parvis jusqu’à la route,. Nous vous remettrons un descriptif sur le plan architectural.

   Actuellement elle est animée par une communauté sacerdotale qui comprend 7 Prêtres et 1 Diacre, qui desservent également nos églises paroissiales d’Albi, Bordeaux, Nérac, Tarbes et Toulouse. Nous restaurons présentement à droite, face à la basilique, l’ancien monastère primitif, que l’on voit sur la route qui mène à Fleurance, pour faire vivre le Centre Béthanie pour retraites spirituelles. Nous y avons découvert de nombreux vestiges antiques de la vie monastique.

     Les Eglises orthodoxes vénèrent de nombreuses icônes, comme celles des Saints de notre Région. Certaines de ces icônes sont très anciennes comme Notre Dame Source de Vie ou celle des 12 Apôtres. Elle abrite également beaucoup de reliquaires qui abritent des ossements de saints Orientaux et Occidentaux.

     L’église est partagée en 3 parties : le Saint des Saints où les prêtres célèbrent avec l’iconostase, comme le jubé dans les antiques églises comme la cathédrale d’Auch, puis le chœur des moines pour les offices et chants, puis le nef écourtée avec les chapelles du transept . Beaucoup des fidèles restent debout pendant les offices. Nous avons conservé dans l’église 2 statues en bois du XVème S. St Antoine le Grand, patron des moines, et du XVIème S. St Jacques de Compostelle en pèlerin. Le sarcophage de saint Gény est au fond de la basilique mais les reliques sont dans le chœur des moines et dans le baptistère à droite où se déroulent les baptêmes par immersion et où sont regroupées les icônes des Saints Orthodoxes d’Occitanie. Vous pourrez les voir elles entourent l’icône de Notre Dame des Moissons où l’on bénit les épis de blé dans le cloître tout proche.

    Enfin les offices sont tous chantés en français et pour certaines fêtes des parties en slave, grec, roumain ou occitan. »

 

 

Afin de découvrir ou revivre cet agréable moment musicologique, vous trouverez, ci-dessous, les pièces chantées de ce concert suivi de l’album photographique.

La première est l’hymne: « Dum Pater Familias » (Codex Calixtinus, 1140)

2/ Tebe Poïem (BORTNIANSKY, 1751-1825)

3/ Razboïnika (Liturgie orthodoxe russe, XIX°S.)

4/ Tantum Ergo (Chant corse, XVI°S.)

5/ Popule meus (Tomas Luis de VICTORIA, 1548-1611)

6/ Alle Psallite (Codex de Montpellier XII°S.)

7/ Magne Joseph (Anonyme, 1741)