Crèche santons

CHRIST EST NÉ !

Ces Santons qui vont en foule à Bethléem, d’où viennent-ils ?

La coutume de « faire la crèche » se maintient, en Provence et en Languedoc, avec tant de constance et de ferveur qu’il semble que ce soit là une tradition venue des âges.

Dès le IIIème et IVème siècles, la scène de la Nativité est représentée sur des sarcophages paléo-chrétiens, comme en la basilique St Maximin dans le Var ou au Musée Lapidaire d’Arles ou au Palais du Latran à Rome. On peut y voir figurés la Vierge et l’Enfant, l’âne et plus tard le boeuf, l’Ange, l’Etoile, les Bergers, les Mages et leurs chameaux.

On trouve, au XIIème siècle, cette scène sculptée sur les édifices romans et, tout au long du Moyen-Age, Nativité, Passion et Vie des Saints seront le thème des Mystères donnés sur les parvis des églises.

Au XIIIème siècle on conçoit les premières « crèches vivantes. » On s’accorde à en attribuer la paternité à st François d’Assise, en 1223, à Greccio, et cette tradition est d’autant plus acceptée que Dona Picca, la mère du Poverello était de Tarascon, au bord du Rhône, où est enterrée sainte Marthe, soeur de Lazare, et qu’elle aurait dit à son Fils les détails des Pastrages qui sont une représentation de l’Adoration des Bergers au cours de la Messe de Minuit célébrée à Noël.

Cultuelle et culturelle la Crèche est le reflet de toute l’âme de la Provence et du Languedoc, âme profonde, touchante, généreuse, qui nous est révélée dans cette tradition, heureusement préservée : tout le peuple de Dieu, avec les signes des activités de chacun, s’avance comme une Marche vers la Crèche, à la suite des Bergers et des Rois-Mages, le travail de chacun est sanctifié et apporte ce qu’il a de mieux au Divin Enfant.

L’Histoire des Peuples se nourrit de récits que la tradition enjolive. Les Santons de Provence et Languedoc témoignent des traditions des gens d’ici, comme le disait Frédéric Mistral. Les petits personnages de terre habillés ou seulement peints, appartiennent à l’histoire des hommes de ces Provinces méridionales, à celle de leurs familles.

Les Santons ont une « âme », une âme de santons, une âme de « petits saints ». Ils sont nés de l’argile et des ocres de notre terre, douce et docile de chez nous. Et grâce à eux, par eux, cette argile est devenue parole. Parole, et parabole, d’amour, de tendresse, de confiance, d’espérance et de libération.

Lectoure ; le 07 décembre 2011

Père Abbé Antoine, synchelos.

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Une première salle présente 150 santons créés par une grande amie de notre Père Abbé Antoine, Simone JOUGLAS. Lors de ses passages à Marseille il ne manquait pas de la visiter, en grimpant les escaliers qui menaient à son atelier, 2 place Labadie, proche de la gare « St Charles ». Heureuse de le recevoir et de parler longuement elle lui offrait de ses oeuvres pour notre Monastère et créa même le Santon du Patriarche Diodore de Jérusalem et de l’Archimandrite Antoine.

Née à Agde le 05 avril 1907, elle hérita, de son père colonel, la rigueur, la droiture et une force de caractère à toute épreuve. Elève du sculpteur Louis Botinelly elle crée des santons qu’elle expose dès 1943 ! Dans les années 1970, offrir un santon signé d’elle est une preuve de bon goût. De Charles de Gaulle à la reine Astrid du Danemark en passant par Brigitte Bardot et le duc d’Orléans tous en possèdent, et en 1961 elle reçoit le titre de Meilleur Ouvrier de France. Après une carrière exceptionnelle elle décède le 31 juillet 2001.

Dans la même salle une série de Santons qui représentent les diverses Provinces de France réalisés par divers santonniers, à gauche la vitrine des « Gens de Langues d’Oil » et dans celle de droite ceux « des Langues d’Oc ». Egalement une crèche traditionnelle avec de grands personnages au pied des murs et chapiteaux de la Basilique saint Gény primitive avec les antiques ornements.

Une seconde salle, actuellement en restauration, abritera des vitrines avec les Santons qui GEDSC DIGITAL CAMERAreprésentent la vie quotidienne des Gens d’ici et une autre regroupera les métiers anciens et les activités des habitants de nos Provinces de Provence et de Languedoc. On pourra aussi admirer des mini-crèches installées dans des cruches ou amphores autrefois fréquentes dans les familles de nos régions.

Enfin on pourra admirer des Icônes de la Nativité de Notre Seigneur, anciennes et plus récentes, de Grèce, Russie ou Coptes et même une très antique Mozarabe.

Divers chants ou cantiques de Noël accompagnent cette visite guidée.

En ce jour à Bethléem le Christ naît d’une Vierge. En ce jour l’Eternel entre dans le temps, la Parole de Dieu se fait chair. Les Puissances des cieux se réjouissent, et la terre des hommes tressaille d’allégresse. Les Mages portent leurs présents, les Bergers proclament la merveille ; et nous, sans cesse nous chantons : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre, aux hommes bienveillance.

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Le site internet egliserusse.eu propose une découverte  de la crèche en pays orthodoxe russe :

La crèche russe : un art né de la foi

crèche russe

Un article de Ioulia Lindé, photos Vladimir Echtokine
Traduit par Laurence Guillon

Revue « FOMA »

La crèche russe, ou vertep, lorsque je la vis pour la première fois, fut pour moi un enchantement. Contrairement aux crèches occidentales, c’est un petit théâtre où des figurines nous jouent l’histoire de la Nativité. Ceux qui les animent alternent dialogues et parties chantées traditionnelles. Ce jour-là, c’était un père et sa fille, laquelle s’accompagnait à la vielle à roue. Le petit théâtre, dans une pièce obscure, était illuminé par des bougies, comme celui qui nous est montré ici. Le récit psalmodié, les chants si purs, la poésie des figurines dans la douce et magique lumière, je n’en ai rien oublié, et j’ai longtemps regretté de ne pouvoir confectionner et mettre en scène un vertep à l’école.

En Europe, jusqu’à ce jour, existe la tradition séculaire des crèches de Noël.
Certains les achètent dans les magasins ou sur les marchés, d’autres préfèrent les faire eux-mêmes. En Russie, les crèches étaient populaires jusqu’à la révolution. A partir de 1917, les traditions liées à la Nativité furent visées les premières par la propagande antireligieuse commençante. La renaissance de la crèche se place dans les années 80. La pression idéologique se relâchant, les folkloristes eurent la possibilité d’étudier activement et ouvertement les traditions religieuses populaires.

 Ces deux dernières décennies, le spectacle dramatique de la crèche retrouvée jouit d’un succès particulier. Le mettent en scène aussi bien des professionnels que des particuliers, sur la scène ou à la maison, pour les enfants. Cependant la crèche est à la crèche un sujet de discorde…

Qu’est-ce que la crèche ?

La crèche, est dénommée vertep, ce qui, en vieux slave, signifie « grotte ». Et bien que ce mot ait beaucoup d’autres sens, on en désigne, comme il se doit, cette grotte unique dans laquelle le Christ est né. La grotte de la Nativité, ou Sainte Grotte, qui se trouve sous l’ambon de l’église de la Nativité du Christ, à Bethléem. Le lieu de la naissance du Seigneur est indiqué sur le sol par une étoile d’argent et une inscription en latin :« ici naquit Jésus Christ de la Vierge Marie ». Dans une niche arrondie, au dessus de l’étoile, brûlent seize lampes à huiles. Et un peu plus loin se dresse l’Autel de la crèche, l’endroit où la Vierge Marie déposa le Christ après sa naissance. La crèche elle-même, la mangeoire des animaux domestiques dont elle se servit de berceau, fut emportée à Rome au VII° siècle, en qualité de relique très vénérable. Et la niche, où se trouvait la mangeoire, fut recouverte de marbre.

Cette Grotte devint le modèle de toutes les crèches créées depuis par l’art des hommes.

Avec le temps, de la main des artisans sortirent des crèches de bois sculpté, de carton et de papier mâché, d’argile, de porcelaine, de plâtre… Recherchées ou toutes simples, avec de grands ou de petits panoramas, reproduisant la naissance au monde du Seigneur, elles étaient une sorte de Bible pour les illettrés. Leur apparition remonterait, d’après certains savants, à François d’Assise qui, en 1223, fêta la Sainte Nuit dans le village de Greccio. En souvenir de la fête, il créa une représentation vivante de la scène de la Grotte (en Italien prezele, « crèche »). Depuis, existe en Italie la tradition de représenter des prezele dans les églises et chez les particuliers. En 2005, à l’Eglise du Christ Sauveur, eut lieu une exposition de crèches italiennes.

On en apporta de toutes les régions d’Italie. Les figurines de l’enfant Jésus, et de sa Mère, de Joseph, des anges, des bergers, dans ces représentations statiques, transportent souvent le spectateur, depuis la Judée antique dans l’Italie contemporaine, avec ses ruelles pittoresques et ses personnages hauts en couleurs. A ce propos, encore aujourd’hui, existe à Naples une rue où se trouvent de nombreux ateliers de fabrication de crèches.

En Russie, naturellement, il y avait aussi des prezele. Dans les églises, jusqu’à aujourd’hui, on fait au dessus de l’icône de la Nativité une sorte de tente avec des branches de sapin, en y accrochant des ornements brillants. Cependant, au XVIII et au XIX° siècles, les crèches théâtrales étaient beaucoup plus populaires, car elles offraient de petites représentations avec des figurines sur les sujet de la Nativité. On appelait également crèche (vertep), le castelet amovible à deux étages où avait lieu le spectacle, à proprement parler.
Mais quel que soit la crèche, statique, mécanique ou vivante, pour le spectateur, elle reste le signe miraculeux qui désigne précisément la grotte de Bethléem.

Histoire du vertep

crèche russe

Comme l’écrit dans son « esquisse d’une histoire de la crèche en Russie », Boris Goldovski, le vertep est l’un des plus mystérieux phénomènes esthetico-théâtral., reflétant l’image qu’on se faisait du monde à chaque époque. Les Hellènes de l’antiquité connaissaient déjà quelque chose de comparable. On posait une planche sur une colonne où l’on montrait des scènes qui disparaissaient quand on tirait les rideaux.
Un castelet à deux étages, pareil à celui du vertep, fût décrit au I° siècle de notre ère par Géron d’Alexandrie. Les poupées en étaient mécaniques et étaient actionnées au moyen d’une manivelle spéciale. A l’étage supérieur se trouvaient les dieux, à l’étage inférieur les Argonautes.

Pour parler des mises en scène de la Nativité, d’après Boris Goldovski, elles apparurent bien plus tôt que le XII° siècle, sans doute au V° siècle, sous le pape Clément III. Celui-ci pensait avec sagesse que pour toucher le cœur des gens simples qui ne connaissaient ni le grec, ni le latin, la voie la plus directe c’était une belle illustration d’un sujet biblique. C’est sans doute à ce moment-là que se manifestèrent dans les églises des panoramas en volume de la Grotte de Bethléem, avec l’enfant dans la crèche et les animaux penchés sur lui.

Histoire du vertep Suite

De l’avis de quelques savants, la crèche serait arrivée en Russie en même temps que le christianisme, et c’était le plus certainement un panorama. Cependant, les premiers témoignages dignes de foi remontent à la fin du XVI° siècle. On a trouvé sur le territoire de l’empire russe un castelet de vertep portant la date de 1591.
Au XVII° siècle, les crèches mécaniques devinrent populaires dans toute l’Europe, et bien sûr, en Russie. De plus, le drame de la Nativité était représenté non seulement dans les maisons particulières, mais dans celles des prêtres. A la fin du XVIII° siècle, à Pétersbourg, s’était constituée une dynastie de fabricants de crèches théâtrales, la famille Kolosov, qui conserva pendant presque un siècle les traditions d’interprétation de ces spectacles.
L’apogée des verteps eut lieu au XIX° siècle, quand ils devinrent populaires non seulement en Russie centrale, mais aussi en Sibérie. Il est vrai que certains archiprêtres, parfois, les interdisaient, craignant la contagion du catholicisme. Mais comme la crèche était devenue en grande partie une représentation populaire, et, en conséquence, une réjouissance de Noël non censurée et traditionnelle, de telles mesures ne pouvaient pas lutter.

 Jusqu’à la fin du XIX° siècle, le vertep voyagea par les villes et les villages, et se « mondanisa », de pièce de théâtre de poupées à sujet tiré des Saintes Ecritures, il se transforma en représentation populaire profane. La crèche consistait en un mystère de Noël en première partie, et une comédie musicale couleur locale en deuxième partie. Mais déjà à la fin du siècle, les saynètes de foire qui se jouaient à l’étage inférieur avaient pris plus d’importance que les évènements de la « galerie supérieure ». Les montreurs de vertep portaient leur boîte merveilleuse à travers les marchés non seulement entre Noël et l’Epiphanie, mais jusqu’au Carnaval. On sait que quelques artistes allèrent avec des crèches jusqu’au marché de Nijni-Novgorod. Or «le centre de tout le commerce russe » ouvrait le 15 juillet !

La révolution d’octobre en 1917 et la campagne antireligieuse qui s’ensuivit réglèrent le sort des crèches.
Elles se trouvèrent, comme le sapin de Noël, strictement interdites.
Bientôt les textes des représentations furent perdus et les secrets de la manipulation des poupées oubliés. C’est seulement en 1980 que l’ensemble folklorique de Dmitri Pokrovski consacra son activité à la résurrection de la crèche traditionnelle. Pokrovski se tourna vers le fameux chercheur et metteur en scène de théâtre de poupées Viktor Novatski. Le folkloriste étudia les crèches biélorusses, ukrainiennes et russes, se pencha minutieusement sur les castels du théâtre de marionnettes Sergueï Obraztsov et du musée Bakhrouchinski. Un fragment après l’autre, mettant en évidence leurs spécificités caractéristiques, Novatski restaura le texte des représentations et « réanima » les poupées de Noël. Sa version de l’action devint la référence classique. Novatski élucida quelques trucs assez simples du vertep : par exemple, comment les mages font-ils pour s’agenouiller devant l’Enfant ? (Comme il s’en aperçut, le petit billot qui servait à fabriquer les mages était plus court que la draperie qui le recouvrait). Comment s’envole la tête d’Hérode, quand la Mort la fauche ? (la poupée d’Hérode n’était pas faite d’un seul morceau de bois. La tête était posée sur un pivot, avec lequel on manipulait le personnage. Dès qu’on inclinait le pivot, la tête tombait des épaules).

De quoi se compose le vertep ?

Crèche russe

Le vertep est une petite maison à deux étages avec des ouvertures pour manipuler les poupées, dont l’intérieur, selon la tradition, est joliment décoré. Les poupées ne pouvaient changer d’étage. A la galerie supérieure, se déroulaient les scènes concernant la sainte famille et à l’étage inférieur, était représenté le palais du roi Hérode. Dans cette partie-là, aux périodes les plus récentes, on montrait aussi des scènes satiriques et des comédies. Cependant le vertep, ce n’est pas seulement une boîte enchantée, c’est la représentation miniature d’une vision du monde : la partie supérieure était en haut, la partie inférieure en bas, et encore en dessous, l’enfer, représenté par le trou où Hérode est précipité.

En hiver, on portait le vertep sur un traîneau, il allait d’isba en isba, donnait des représentations dans les relais de poste. Autour de lui, on plaçait des bancs, on allumait des bougies, le spectacle commençait.
La « troupe » classique du vertep, c’est la Mère de Dieu, Joseph, l’Ange, le Berger, les trois rois-mages, Hérode, Rachel, le Soldat, le Diable, la Mort et le Sacristain, qui avait pour fonction d’allumer les bougies du vertep avant la représentation. L’Enfant, dans la vertep, comme il se doit, est un tortillon serré de tissu blanc ; les moutons, avec lesquels le Berger vient adorer le Christ, de petits amas bouclés de laine floche. Les héros du vertep sont faits de bois ou de chiffons, de matériaux simples et bons marché, faciles à confectionner et à transporter.

Cependant, parmi les montreurs de vertep, existait une loi tacite : la poupée qui représentait la Mère de Dieu devait être faite autrement, comme si l’avait fabriquée un autre artiste. Pour cette raison, la Mère et l’Enfant étaient réalisés avec un soin particulier, en s’orientant strictement sur le modèle iconographique. Parfois, à la place des poupées, on mettait même une icône.

Comment se déroule la pièce ? Suite et 2

A la base de la représentation repose le sujet, nous contant la venue du Sauveur sur la terre. L’Ange annonce la naissance de Dieu. Devant le Nouveau-né viennent s’incliner le Berger, les Rois-Mages, qui racontent leur entrevue avec Hérode, à qui ils ont parlé de la naissance d’un futur grand Roi. L’Ange prévient les Mages de ne pas « revenir auprès d’Hérode » (celui-ci craint que le roi nouveau-né ne lui prenne son pouvoir). Hérode, courroucé, ordonne au Guerrier de « tuer tous les nouveau-nés » à Bethléem. Rachel vient trouver Hérode en le suppliant de ne pas tuer son enfant :.On a entendu des cris à Rama. Des pleurs et de grandes lamentations. Rachel pleure ses enfants, et n’a pas voulu être consolée, car ils ne sont plus (Jer31 :15,Mat 2 :18). L’Ange console Rachel. La Mort surgit devant Hérode, il lui demande un délai, mais celle-ci appelle le Diable qui l’emporte dans la géhenne.

 Dans la deuxième partie de la représentation, on montre des scènes de la vie quotidienne, et ensuite les héros « prennent congé » des spectateurs.

Comme l’écrit Goldovski, la musique qui accompagnait les deux actes du spectacle n’était pas moins importante que le texte. Elle caractérisait toujours les héros avec exactitude et donnait au spectacle lui-même un air de fête. Les compositions où se mêlaient les chansons populaires avec les mélodies à danser mondaines étaient particulièrement prisées.

Où le voir ?
En plein centre de Moscou, sur la Varvarka, se trouve le musée « la maison de poupées ». C’est en réalité une maison où les poupées se sentent à l’aise. Elles sont assises, elles volent, elles dansent ou elles prennent le thé, elles jouent sur des instruments de musique, en un mot, elles résident où elles veulent et comme cela leur convient, sans être limitées par le verre d’une vitrine.
Le musée des poupées fut ouvert en 1992 par Olga Okoudjava, qui a rassemblé dans sa « Maison » une « population » très mélangée : des poupées antiques aux poupées d’antiquaires, des poupées de magasins aux poupées d’artistes, ou aux poupées-artistes, qui jouent de temps en temps pour les visiteurs du musée de petits spectacles. C’est précisément à cette dernière catégorie, les poupées de théâtre, qu’appartiennent les héros du vertep.

La tradition de célébrer les réveillons du Nouvel An et de Noël dans la « maison de poupée » remonte à déjà plus de 15 ans. On y trouve l’un des verteps de Victor Novatski, c’est plus qu’une pièce de musée. Chaque année, le spectacle de Noël est interprété par des élèves du folkloriste, la couple familial Vladimir Ploskih et Natalia Markova. Ils psalmodient à la façon d’une prière d’église l’histoire biblique pour les enfants de l’assistance. Comme le dit une collaboratrice du musée, Natalia Javoronkova, la manipulation des poupées ne peut être effectuée par plus de deux acteurs, car le théâtre est tout petit. Pourtant dans le passé, il arrivait que toute la famille participât : le père bougeait les poupées, la mère chantait, les enfants produisaient des effets sonores.
Et bien que le musée ne soit pas très ancien, beaucoup de ses visiteurs, comme le dit Natalia Javoronkova, ont grandi avec ces spectacles. Ils sont venus la première fois tout enfants et ont été si impressionnés qu’ils ont continué d’année en année. Et même en grandissant, ils ne s’en sont pas lassés.

Bien sûr, on pourra objecter : est-il possible que des adultes croient une poupée ?
Mais Natalia en est sûre : le secret du vertep, c’est que ce n’est pas un théâtre de marionnettes ordinaire. « On ne peut pas dire à qui il est destiné, aux enfants ou aux adultes, explique la guide. Il est universel. Les uns et les autres le regardent, captivés. Et bien que la pièce ne dure pas plus de 15 ou 20 minutes, il semble à ceux qui sont dans la salle qu’ils ont vu un véritable spectacle, et non une courte petite scène de Noël. Et il n’attire pas seulement les enfants qui vont à l’église. Et même au contraire, la plupart de nos spectateurs en sont bien loin. Nous invitons souvent les enfants des orphelinats, nous dit Natalia. Une fois, nous avons eu une maman et son enfant qui n’avaient jamais entendu parler ni du vertep, ni même de la Nativité du Christ, et ce fut pour eux une véritable découverte. Ils sont revenus exactement un an plus tard.
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В журнале « ВОДА ЖИВАЯ » текст:  » « Renaissance de la tradition des crèches de la Nativité à Saint-Pétersbourg » : tel est le titre d’un article paru récemment sur le site du diocèse orthodoxe de Saint-Pétersbourg (Russie) ICI